Octobre 2021 : vers une nouvelle hausse du nombre de cas Covid ?

Octobre 2021 : vers une nouvelle hausse du nombre de cas Covid ?

Octobre rose @LigueContreLeCancer

Mesures dérogatoires pour la vaccination en Martinique, départs de personnels hospitaliers, baisse des dépistages, haro sur l'interim médical, couacs de la réforme des études de santé ... ont marqué l'actualité de ce mois d'octobre. 

« Après huit semaines d’accalmie, les cas de Covid-19 repartent à la hausse dans l’Hexagone, faisant craindre une cinquième vague. L’accélération de la campagne de rappel vaccinal et l’arrivée probable de traitements efficaces avant la fin de l’année pourraient néanmoins en limiter l’impact», indique La Croix le 25 octobre. Même écho dans L’Obs le 24 octobre : «Pour Arnaud Fontanet, la France devrait "échapper" à une saturation des hôpitaux grâce au vaccin. Le membre du Conseil scientifique s’attend à une poursuite de la hausse des contaminations en France dans les mois à venir. Mais la couverture vaccinale et la poursuite de sa dynamique devraient la préserver d’une saturation du milieu hospitalier.»

La vaccination peine toutefois à convaincre en Martinique où des mesures dérogatoires ont dû être instaurées : «trop peu de soignants étant vaccinés, l'hôpital renonce à leur demander le pass sanitaire» indique LCI le 20 octobre. «À partir d’aujourd’hui et suite à la demande d’agents hospitaliers, tous les personnels hospitaliers pourront entrer dans leur service quelle que soit leur situation au regard du pass sanitaire, fait savoir dans une note Benjamin Garel, le directeur du CHU Pierre Zobda-Quitman. Les agents non vaccinés sont toutefois invités à réaliser un test de dépistage. Les salariés qui ne pourraient pas justifier de leur situation sanitaire lors de contrôles organisés par la direction seront reçus par la direction des ressources humaines»Contacté par Le Parisien, le ministère des Outre-mer confirme que «dans un souci d’apaisement, la décision a été prise de ne pas faire de contrôle exhaustif à l’entrée du CHUM en y présentant des vigiles qui seront confrontés en permanence à des cas de non-respect du passe sanitaire».

Autre situation inédite à Marseille où le syndicat Sud Santé de l'hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse de Marseille dénonce un scandale sanitaire. «Des rats et des punaises de lits pullulent à l'hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, dans les quartiers nord de Marseille. Kader Benayed tire la sonnette d'alarme. Le secrétaire du syndicat Sud Santé ne veut pas stigmatiser l'établissement où il travaille car la situation est délétère dans l'ensemble des hôpitaux, selon lui. Mais ce qu'il vit au quotidien ne passe plus : "Quand vous voyez les poubelles autour de l'hôpital, on se croirait dans le tiers-monde. Les rats n'ont pas de frontières, ils sont dans tous les services. Nous, on les prend comme des usagers. C'est quasiment des patients. On vit avec. Aussi bien le personnel que les malades. Et c'est révoltant". D'autant plus révoltant que l'hôpital accueille des malades en grande insécurité psychique, des populations "qui viennent des quartiers les plus pauvres de France", rapporte France Bleu le 20 octobre

L’hôpital d’après…

« Construire l’hôpital d’après exige de sortir du rafistolage », titre Ouest-France le 22 octobre citant Florian Bercault, maire de Laval, président de Laval agglomération et du conseil de surveillance du centre hospitalier de Laval, qui a adressé un courrier au ministre de la Santé, Olivier Véran. «Il demande la mobilisation de médecins urgentistes de la réserve sanitaire pour les urgences ainsi qu’un "engagement fort de l’État" sur la restructuration lourde dont l’hôpital a besoin ».

Des inquiétudes reprises au plan national par le quotidien Le Monde qui note dans les hôpitaux «un "cercle vicieux de la désaffection" après la sortie de crise sanitaire. Face au manque d’infirmiers, de nombreux établissements peinent à reprendre une activité normale. Aux départs de personnels, s’ajoutent un taux d’absentéisme en hausse et des difficultés de recrutement. «On vit une rentrée difficile avec une forte tension sur les ressources humaines », alerte le professeur François-René Pruvot, à la tête de la conférence des présidents de commission médicale d’établissement de CHU. En cause : la «pénurie d’infirmiers» à laquelle sont confrontés de nombreux établissements, pointe-t-il. « De grands hôpitaux attractifs ont des problèmes de personnels jamais connus auparavant, abonde le docteur Thierry Godeau, son homologue dans les centres hospitaliers. Tout le monde sort rincé de la crise mais sans avoir le sentiment que le quotidien s’améliore, au contraire.»

L'interim médical en ligne de mire

Avec parmi les conséquences, la difficulté de lutter contre l’intérim, comme l’explique Les Echos le 19 octobre. «Le plafonnement systématique de la rémunération de l'intérim médical doit entrer en vigueur le 27 octobre. Mais les hôpitaux publics ont besoin de cette main-d'oeuvre et ont demandé un délai au gouvernement. Ils préfèrent attendre l'entrée en vigueur du nouveau statut de la fonction publique hospitalière (…) "Enormément de centres hospitaliers fonctionnent avec de l'intérim. Ils sont en panique, parce qu'il y a parfois un seul titulaire pour quatre intérimaires. Sur un hôpital quasiment à l'os, c'est meurtrier", accuse Emmanuelle Durand, praticienne hospitalière au CHU de Reims et vice-présidente du SNPhare, un syndicat d'anesthésistes-réanimateurs. Ce dernier demande la suspension sine die de la mesure».

Les étudiants de PASS 2021, recalés par un oral injuste, en appellent au Conseil d'Etat

Notons également dans ce contexte tendu la remise en cause devant le Conseil d'Etat du mode de calcul des oraux de l'Université de Paris pour les étudiants en médecine. Principale nouveauté de la réforme: au moins 50% des étudiants acceptés en deuxième année médecine doivent pour être admis passer, en sus des épreuves écrites, deux oraux de dix minutes dont l’un, une "mise en situation", peut porter sur n’importe quel sujet, relatif ou non à la santé, explique Le Monde le 4 octobre dans un article très détaillé : «Durant une semaine, fin septembre, ils se sont relayés pour faire le siège du ministère de l’Enseignement supérieur et, pour certains, ont entamé une grève de la faim pour obtenir un rendez-vous. Ces étudiants, au nombre de 43, estiment faire les frais d’une mauvaise application par l’Université de Paris de la réforme d’entrée dans les études de santé mise en place à la rentrée 2020. Ex-étudiants en parcours d’accès spécifique santé (PASS), ils attaquent devant le Conseil d’Etat le classement final de l’examen de passage en deuxième année de médecine publié le 8 juillet, à l’issue de deux épreuves orales qui ont totalement rebattu les cartes et fait perdre jusqu’à 400 places dans le classement à des étudiants très bien notés aux épreuves écrites.»

«En recourant à de complexes calculs aboutissant à attribuer une "note de rang" aux étudiants, l’université a amplifié volontairement l’impact des notes orales qui ont compté pour 70% voire 90% de la note au classement final», souligne le quotidien.

Tandis que Le Figaro pointe la difficulté pour les agents des hôpitaux de se retrouver dans toutes les annonces du "Ségur de la santé": «Pour les y aider, la Fédération hospitalière de France (FHF) met en place sur internet un simulateur ouvert à tous. Au-delà du complément de traitement indiciaire (CTI) de 183 euros net mensuels supplémentaires perçu par tous les agents hospitaliers, le "Ségur" prévoit aussi une revalorisation des grilles indiciaires dès cet automne. Le simulateur permet ainsi à quelque 50 métiers de voir quel sera l’impact de ce «big bang indiciaire» sur la fiche de paie en fonction de son grade, de son échelon et de son temps de travail. L’outil permet aussi aux agents de visualiser leur progression à un, trois, cinq ou dix ans et de mesurer l’écart avec l’effet "Ségur" et sans, le salaire augmentant à l’ancienneté

La prévention en panne ?

En ce mois d’Octobre rose, Ouest-France note que l’hôpital d’Argentan signale une baisse des dépistages du cancer du sein et une diminution du nombre de consultations. « Environ 54 % des invitations envoyées par les centres régionaux de coordination de dépistage (CRCDC) chez les femmes âgées entre 50 et 74 ans ne se convertissent pas en examens cliniques, en dépit des relances. Une baisse en partie liée par le report des rendez-vous pris pendant la crise Covid-19 mais pas que. « On observe une baisse des prises de rendez-vous de l’ordre de 25 à 30 % cette année », s’inquiète le Dr Buttin ». D’où l’interpellation lancée par Réseau hôpital & GHT : Prêts pour un mois sans tabac ? « Depuis le 4 octobre, les inscriptions au défi du Mois sans tabac sont ouvertes. Les fumeurs candidats tenteront de s'arrêter de fumer pendant un mois à partir du 1er novembre. Un projet initié en 2016 par Santé publique France et le ministère des Solidarités et de la Santé, en partenariat avec l’Assurance Maladie. »

Mobilité

Retenons enfin que le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse va changer de directeur. Comme l’indique La Dépêche 21 octobre, « Marc Penaud, à la tête des Hôpitaux de Toulouse depuis juillet 2018 va quitter ce poste d'ici la fin de l'année 2021. En comptant les trois directeurs par intérim, le CHU de Toulouse aura vu 7 directeurs à sa tête depuis 2012. »

 

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