Novembre 2021 : contenir la cinquième vague...

Novembre 2021 : contenir la cinquième vague...

De nombreuses actions ont été menées à l'hôpital et en Ehpad pendant la semaine nationale de la dénutrition @pixabay

Tout au long du mois de novembre, le nombre de cas Covid-19 est reparti à la hausse laissant entrevoir une cinquième vague et révélant, un peu plus encore, les difficultés de l’hôpital public.

« Selon Martin Hirsch, patron de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, les conséquences d’une cinquième vague pourraient se faire ressentir à la fin décembre - début janvier », indique Sud-Ouest, le 22 novembre. Car « le nombre de patients Covid hospitalisés en soins critiques est « relativement stable » et les conséquences sur l’hôpital de la 5e vague, « si elle doit se produire », ne sont pas attendues avant « fin décembre ou en janvier », indiquait le 22 novembre sur France Inter Martin Hirsch.
Une crainte également exprimée par l’une des Directions du ministère des Solidarités et de la santé, reprise par Europe 1, le 22 novembre sous le titre « les hôpitaux incapables de gérer un afflux de patients à Noël selon la DGS ». « Selon une note de la Direction générale de la santé (DGS), les fêtes de fin d'années pourraient être compliquées à l'hôpital en raison de la reprise épidémique. La DGS suggère donc de réquisitionner des soignants. Cette décision a fait bondir les syndicats de soignants, déjà essorés par la crise sanitaire ».
Pour tenter de contenir ce nouveau rebond de l’épidémie, Olivier Véran a donc annoncé le 25 novembre « l’ouverture, dès le 27 novembre, à une dose de rappel « dès cinq mois après la dernière injection », qui sera nécessaire pour conserver le passe sanitaire. Les tests PCR et antigéniques ne seront valables que vingt-quatre heures pour le passe sanitaire ». Comme le rapporte Le Monde : "Toutes les personnes âgées de plus de 18 ans devront justifier sur leur passe sanitaire « à compter du 15 janvier » 2022 avoir reçu une dose de rappel de vaccin contre le Covid-19 au maximum sept mois après la précédente, a aussi annoncé le ministre." "A compter du 15 décembre, le passe sanitaire pour les plus de 65 ans ne sera plus actif si le rappel n’a pas été fait dans un délai de sept mois après l’infection ou après la dernière injection. Et à compter du 15 janvier ce passe sanitaire de tous les autres publics, c’est-à-dire les Français âgés de 18 à 64 ans, ne sera plus actif si le rappel n’a pas été fait dans ce délai, qui reste inchangé de sept mois après la dernière injection », a déclaré M. Véran devant la presse."
Mais en cette fin de mois, c’est un nouveau variant détecté en Afrique du Sud, Omicron, qui suscite l'inquiétude. « Selon les premières analyses des autorités sanitaires d'Afrique du Sud, ce nouveau variant, initialement répertorié « B.1.1.529 », se propage très rapidement et a connu un nombre important de mutations. Il a été immédiatement classé « préoccupant » par l'OMS. En Europe, il a été détecté en Allemagne et en Belgique », rapporte Les Echos le 26 novembre. 

Tensions en Guadeloupe

En Guadeloupe, « l’hôpital de Pointe-à-Pitre est bloqué par des barrages filtrants de soignants antivax » rapporte L’Obs, le 19 novembre. De fait, « la mobilisation lancée par un collectif d’organisations syndicales et citoyennes contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19 ne faiblit pas. Elle se double désormais de violences commises par des émeutiers, notamment la nuit. Quatre immeubles à Pointe-à-Pitre, qui compte de nombreuses habitations en bois, sont partis en fumée dans la nuit de jeudi à vendredi, ont indiqué les pompiers. Devant le CHU, les seuls véhicules autorisés à entrer restent les ambulances. »
Une situation explosive également rapportée par France Info, le 21 novembre : « Une cinquantaine d’agents du Raid et du GIGN, 200 policiers en renfort et un couvre-feu sur l’île : le gouvernement veut rétablir l’ordre en Guadeloupe après des violences, des pillages et des blocages sur fond de contestation du pass sanitaire. Une situation qui continue de perturber fortement le CHU de Pointe-à-Pitre. »

Santé publique

Et tandis que les cas de Covid-19 repartent à la hausse, les autres épidémies mettent aussi à mal certains services hospitaliers. C’est de que rapporte Libération le 21 novembre après un reportage à l’hôpital Robert-Debré, où « une épidémie de bronchiolite inédite » place « des services pédiatriques sur le fil. L’hôpital parisien s’inquiète de la hausse des formes lourdes de bronchiolite chez les nouveau-nés et tente d’y faire face malgré le manque de lits et de personnel. »

L’actualité de novembre a également été marquée par différentes actions organisées à l'hôpital ou en Ehpad pendant la semaine de lutte contre la dénutrition. Comme le souligne Le Figaro, le 19 novembre, «Des solutions existent» pour lutter contre la dénutrition, une maladie sous-diagnostiquée qui touche une part alarmante des patients hospitalisés et des seniors, affirment dans une tribune des spécialistes, qui demandent davantage de nutritionnistes et de diététiciens et la fin de la «malbouffe» dans les hôpitaux et maisons de retraite. «Nous avons besoin de plus de professionnels de la nutrition (médecins nutritionnistes, diététiciens...) à l'hôpital, dans les Ehpad, en ville», affirment les signataires, parmi lesquels les professeurs Eric Fontaine, président du Collectif de lutte contre la dénutrition, et Agathe Raynaud-Simon, présidente de la Fédération française de nutrition. Il faut également «en finir avec la malbouffe à l'hôpital ou en établissement», en augmentant les budgets pour l'achat de denrées, en offrant «le choix du menu et de l'endroit où l'on prend son repas (pas uniquement en chambre)», et en évitant qu'il s'écoule 12 heures entre le dîner et le petit-déjeuner, affirment les auteurs de ce texte publié sur le site du Journal du dimanche.

Quelques mois avant la Présidentielle...

« L’hôpital, grand absent de la campagne présidentielle après dix-huit mois de crise sanitaire », constate Le Monde, le 14 novembre. « Réduction du nombre de lits, pénurie d’infirmiers, fermetures de services d’urgences faute d’effectifs médicaux… Le secteur hospitalier se trouve sous forte tension depuis la rentrée, sans s’imposer pour autant dans l’agenda politique. Après dix-huit mois de crise sanitaire et alors que l’hôpital craque de toutes parts, on pouvait s’attendre à ce que la santé s’impose comme un thème majeur de campagne. Il n’en est rien, et les soignants sont les premiers à le regretter. « Dans le discours des candidats à la présidence de la République, il n’y a actuellement aucun mot pour la santé », s’énervait Karine Lacombe, infectiologue et chef de service à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, « effarée », le 9 novembre, au micro de France Inter." L’Express a donc choisi de s’emparer du sujet « Hidalgo, Jadot, Mélenchon : ce qu'ils proposent pour sauver l'hôpital. Recrutement massif de soignants, fin de la tarification à l'acte, revalorisation salariale... les candidats de la gauche pour 2022 dévoilent leurs propositions. » Le 18 novembre, c’est au tour de Barnier, Bertrand, Pécresse : ce qu'ils proposent pour sauver l'hôpital. Salaires, normes, attractivité, responsabilités... Les favoris de la primaire des Républicains exposent à l'Express leurs propositions pour l'hôpital public.

Valenciennes à l'honneur

Dans ce climat toujours morose, il demeure des lectures réconfortantes comme cet article publié dans L’express le 19 novembre : Crise à l'hôpital : à Valenciennes, la solution des médecins "entrepreneurs". « L'un des plus gros établissements de France a mis en place depuis plus de dix ans une gestion décentralisée. Une solution à la crise de l'hôpital ? Depuis 2009 et la mise en place de sa gestion décentralisée en 14 pôles, Valenciennes affiche une santé financière suffisamment rare dans le paysage français pour être soulignée : l'hôpital, chaque année, soit est à l'équilibre, soit dégage 1 % à 2 % d'excédent. "Nous avons eu une diminution des coûts de structure : notre pôle administratif compte seulement 5 % de personnel non médical, contre plus de 33 % en moyenne dans les hôpitaux", glisse Rodolphe Bourret, le directeur de l'établissement. Le personnel encadrant de Valenciennes vante son amour des bilans comptables, tout en expliquant rester lucide sur leur intérêt. "C'est au bénéfice du soin. On essaie de ne pas gaspiller et d'aller au plus pertinent pour le patient, assure le Dr Elbeki. C'est ce que j'appelle de la gestion en bon père de famille." Vivifiant.

 

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