Mai 2021, l'épidémie recule mais l'hôpital reste fortement mobilisé

Mai 2021, l'épidémie recule mais l'hôpital reste fortement mobilisé

Les terrasses accueillent de nouveau des clients depuis le 19 mai @pixabay

En ce mois de mai, le nombre d’hospitalisations liées à la Covid-19 a considérablement reculé laissant espérer un été plus serein.

« Covid-19 : le nombre de patients à l'hôpital continue de refluer », résume Europe 1 le 25 mai. « Le nombre de malades du Covid-19 dans les hôpitaux de France continue sa lente décrue avec 3.447 patients enregistrés dans les services de soins critiques, contre 3496 le 24 mai.» Et comme le rapporte LCI, « en cas de baisse continue des hospitalisations et d’une accélération de la vaccination, la reprise épidémique redoutée pour cet été pourrait ne pas avoir lieu, estime l’institut Pasteur samedi 22 mai. Selon ces modélisations, le risque d’une quatrième vague de l’épidémie dès l’été pourrait bien être évité, considère l’équipe de Pasteur : "Si l’on réussit à maintenir le rythme actuel de décrue des infections et hospitalisations jusqu’au 9 juin tout en maintenant ou augmentant le rythme de vaccination, on ne s’attend pas à observer cet été de reprise importante de l’épidémie liée au variant B.1.1.7". (…) Mais depuis l’apparition du covid-19 et surtout des variants du virus, le corps scientifique et médical peine à anticiper l’évolution des courbes et les risques de reprise épidémique. C’est ce qu’a pu expliquer le Pr Christian Rabaud, infectiologue au CHU de Nancy, ce dimanche 23 mai sur LCI : "La Covid nous a appris une chose, c’est que nos capacités de prévoir sont limitées. On peut toujours craindre l’apparition d’un nouveau variant qui serait très transmissible (…) et ne serait pas sensible au vaccin." Selon le médecin, l’espoir est toutefois possible vu le contexte : "Pour l’instant, on a des variants qui circulent, mais on a des vaccins qui marchent, et pour la première fois, on a l’impression qu’on dispose d’une capacité de prendre la main et que ce soit la vaccination qui prenne le dessus". Car la campagne de vaccination, qui a déjà concerné 22,9 millions de Français pour au moins une dose, est la clé pour sortir de cette épidémie sans fin. Aujourd’hui ouverte aux 50 ans et plus, la vaccination doit concerner l’ensemble de la population adulte dès le 31 mai, deux semaines avant la date fixée au départ.

Colères hospitalières

Invité de la matinale de Dimitri Pavlenko sur Radio Classique le 25 mai, Frédéric Valletoux, président la Fédération hospitalière de France a toutefois lancé une nouvelle alerte sur l’état du système de santé du pays. Comme il l’a rappelé, le prix à payer d’une mise sous tension aussi intense des hôpitaux était la déprogrammation des actes médicaux moins urgents ainsi que de certaines consultations, entraînant inévitablement des absences ou retards de diagnostics qui auront des conséquences sanitaires graves : « on estimera l’effet concret des déprogrammations dans quelques temps mais il y aura eu des pertes de chances réelles (…) surtout dans le cas de maladies que l’on détecte plus tard, le cancer notamment ». De ce fait, une relative détente de la situation épidémique du covid-19 ne signifiera pas pour autant une baisse de rythme pour le personnel soignant : « pour les hospitaliers l’été ne va pas signifier une baisse d’activité (…) il y aura le rattrapage autant que possible des autres maladies ».
Le Président de la Fédération hospitalière a aussi dénoncé un système de santé français en pleine déliquescence (…) : « La crise du système de santé est réellement là, pas tellement entre les quatre murs de l’hôpital (…) notre crise est la crise de la médecine de ville (…) des territoires entiers n’ont ni médecins ni spécialistes, et un hôpital n’est pas un centre de soin de proximité qui prend en charge l’ensemble des français, c’est le lieu des actes les plus lourds (…) cette désertification est la crise du modèle libéral basé sur le médecin de famille ». Selon Frédéric Valletoux, « l’hôpital tient dans un système de santé qui coule ». 
Ce même sentiment était exprimé dans Libération le 11 mai sous le titre : « Dans les hôpitaux, le sentiment de devenir «complices d’une carence de soins organisée ». "Le collectif Inter Hôpitaux alerte sur la réduction des capacités d’accueil des patients prévus par les projets de remodelage de plusieurs gros établissements. Neuf mois après le Ségur de la santé, peu de choses semblent avoir changé. Est-on en passe de «sortir du dogme de la réduction des lits dans les projets architecturaux des hôpitaux», comme l’avait assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran, en août, à l’issue du Grenelle de la santé, post-première vague Covid ? Dans les milieux hospitaliers, le doute grandit. Sur fond de tension sociale palpable, comme en atteste la grève lancée par les personnels des services de réanimation, les hospitaliers ont décidé de prendre à témoin une opinion très sensibilisée aux difficultés du système de santé.
«Avec le “quoi qu’il en coûte” et la promesse d’Emmanuel Macron d’un grand plan d’investissement pour l’hôpital public, on a cru qu’il y avait une prise de conscience de l’état déplorable de notre système de santé, indique le docteur Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital parisien Bichat et membre du collectif Inter Hôpitaux. Le gouvernement a fait passer dans la population le message que le sujet [de] l’hôpital public est réglé, mais ce n’est pas du tout notre sentiment sur le terrain.»

Fake news

L’époque étant par ailleurs toujours aussi propice aux fakes news, France Info retrace le 26 mai l’histoire d’une vidéo devenue virale dans laquelle un pompier affirme que l'hôpital Saint-Joseph Saint-Luc de Lyon constate une hausse du nombre d'AVC liés à la vaccination contre le Covid. "Une vidéo massivement partagée sur les réseaux sociaux pourrait bien inciter certains à ne pas aller se faire vacciner. Pourtant, son contenu est faux. On y voit un pompier en tenue professionnelle raconter, ému, qu'il vient de déposer une femme de 71 ans à l'hôpital Saint-Joseph Saint-Luc de Lyon pour une suspicion d'AVC (accident vasculaire cérébral). Il précise que la femme s'était fait vacciner contre le Covid et explique qu'à l'accueil des urgences, une infirmière lui aurait confirmé un lien entre la vaccination et ces AVC." Curieuse période...

Condamnation en justice

Au chapitre judiciaire, L’Orne nous informe le 20 mai de la condamnation de l'hôpital de Flers à indemniser la famille d’un patient suicidé. "Le tribunal administratif de Caen a condamné, lundi 17 mai, l‘hôpital de Flers à verser la somme totale d’environ 20 000 € à la femme et aux trois filles d’un homme, qui s’était suicidé dans sa chambre en 2014. Elles réclamaient initialement une indemnité de 116 000 €. Pour mémoire, cet homme de 78 ans, souffrant d’une forte dépression, avait été admis au sein de l’établissement le 13 juillet 2014. Après son passage aux urgences de Flers et son examen par des médecins, il avait été conduit à la mi-journée en psychiatrie, où on lui avait administré un anxiolytique. Après plusieurs passages d’infirmiers, l’homme avait ensuite été laissé seul pendant une heure et quinze minutes, période durant laquelle il s’était donné la mort, en se pendant dans sa chambre avec ses draps. Pour les juges, le personnel soignant, qui n’ignorait pas l’état de santé de l’homme, « n’a pas mis en place un cadre de soins particulier et de prise en charge spécifique pour ce patient ».

Visite ministérielle

Enfin, La Dépêche a rapporté le 22 mai la visite du secrétaire d’Etat Adrien Taquet, en charge de l'Enfance et des Familles, au CHU de Toulouse. « Il connaissait la réputation d’excellence des équipes de l’Hôpital des enfants de Toulouse. Mais c’est dans les couloirs exigus et derrière les portes des chambres remplies du service de néonatalité qu’Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles, a pu se rendre compte de l’urgence à mettre en œuvre le projet de Grand Hôpital Régional. Car pour accompagner les enfants dès la naissance, surtout les plus fragiles, pour conserver l’expertise des équipes médicales, il faut vite repenser l’hôpital des enfants de Toulouse. Ouvert en 1998, à la fois hôpital de proximité et de recours pour toute l’ancienne région Midi-Pyrénées, son activité n’a cessé d’augmenter avec celle de la population. Il assure aujourd’hui 100 000 consultations, 33 000 hospitalisations et 54000 passages aux urgences pédiatriques chaque année. »

 

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