Juin 2022 : retour de l’épidémie en pleine pénurie des soignants

Juin 2022 : retour de l’épidémie en pleine pénurie des soignants

Face à la reprise épidémique, les appels à la prévention se multiplient. @pixabay

L’été 2022 est une nouvelle fois placé sous la menace de la Covid-19.

« Santé publique France a fait état, mardi 28 juin, d’un très fort rebond des nouveaux cas de Covid-19. Les nouvelles contaminations ont atteint 147 248, soit 54 % de plus qu’il y a une semaine, indique Le Monde, le 28 juin. (…) Dans ce contexte de reprise épidémique, la première ministre, Elisabeth Borne, a demandé aux préfets et autorités sanitaires d’encourager le port du masque « dans les lieux de promiscuité » et « espaces clos », en particulier « les transports en commun », face au regain de cas de Covid-19, a annoncé Matignon ». Même constat dans La Dépêche le 29 juin : « Les hospitalisations liées au Covid-19, déjà très élevées, repartent à la hausse en France : 15 099 patients ont été admis dans des hôpitaux à cause d'une infection au virus. En parallèle, le nombre de patients en soins intensifs est au plus bas depuis deux ans. En ce début d'été, à l'heure où la pénurie de soignants frappe les services d'urgence hospitalières dans tout le pays, la reprise épidémique tombe au plus mauvais moment ».

Crise

De fait, à l’approche des vacances d’été, les hospitaliers sont de plus en plus nombreux à tirer la sonnette d’alarme. A l’image d’Anne Gervais-Hasenknopf dans Alternatives Economiques, le 25 juin. La praticienne hospitalière à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), membre du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) indique : « On n’est pas en train d’attendre la catastrophe, on y est. L’hôpital public ferme. Pendant très longtemps, on a réduit les capacités des hôpitaux. On fermait les lits. Cela permettait de réduire le nombre de personnels car, on le sait, le personnel coûte cher. Il représente entre 58 % et 65 % du budget de l’hôpital. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit : faute de personnel, on est contraint de fermer des lits ».
Un état de crise qui peut aussi conduire à des appels à la grève. A Bordeaux, comme le souligne TF1, le 28 juin, les soignants du CHU « l'un des plus gros de France, sont appelés, le mardi 28 juin, à une grève illimitée par leurs syndicats, réclamant des embauches et des augmentations de salaires. Une première, qui marque un "point de non-retour", pour Alain Es Sebbar, secrétaire de la CGT de l'hôpital Pellegrin, l'un des trois établissements du CHU, premier employeur de Nouvelle-Aquitaine avec plus de 14.000 salariés (…) Le manque de bras a déjà poussé la direction à filtrer l'accès aux urgences à partir de 17h, depuis la fin mai. Pour attirer de nouvelles recrues, les syndicats réclament ainsi une hausse des salaires "de 300 euros minimum" pour les personnels soignants, administratifs et techniciens ».

Dans ce contexte de crise, une proposition de loi appelle à réintégrer les soignants et pompiers non-vaccinés. Comme le mentionne Le Figaro le 22 juin « Malgré le rebond épidémique, la crise profonde que traverse l'hôpital, laissant présager un casse-tête pour l'été, va-t-elle forcer les autorités à réintégrer les soignants non-vaccinés, suspendus depuis de longs mois ? C'est, en tout cas, ce que défend Sylviane Noël. Sénatrice (LR) de la Haute-Savoie, qui a déposé une proposition de loi, mi-juin, visant à «abroger l'obligation vaccinale des personnels soignants et des pompiers». Le Président de la Fédération hospitalière de France Frédéric Valletoux se montre toutefois assez confiant dans la capacité du parlement à prendre les mesures qui s’imposent. Dans une interview au Monde le 22 juin, il déclare : « Nous avons, durant la campagne présidentielle, auditionné l’ensemble des candidats. Même si les réponses ne sont pas les mêmes selon les partis, il y a un consensus sur l’urgence de la réforme de la santé. L’acteur dont il faut conforter le rôle et la place, c’est l’hôpital. Au nom de l’intérêt général et de l’intérêt supérieur des Français. On peut bâtir des solutions qui, si elles ne seront jamais effectivement consensuelles à 100 %, pourraient néanmoins être suffisamment fédératrices pour trouver des majorités à l’Assemblée et au Sénat. »

Au pays des intérminaires et des consultants...

Le magazine Capital a pour sa part choisi de s’attarder dans son édition du 23 juin sur les dérives de l’intérim. « Comme le rapporte Le Parisien, alors que les gardes de 24 heures sont officiellement plafonnées à 1.170, 04 euros par mois, certains médecins reçoivent des propositions bien plus attrayantes. Ainsi, à Paimpol (Côtes-d’Armor), des médecins intérimaires se sont vu proposer 2.500 euros nets les 24 heures de garde aux urgences en juillet ou en août. 2.000 euros sont proposés du côté de Nancy (Meurthe-et-Moselle), 1.800 euros net à Langon (Gironde)... À cela s'ajoutent des avantages en nature tels des logements à disposition, des repas pris en charge... »

A lire également la tribune de Jérôme Barthélemy, professeur de stratégie et management, ESSEC dans le Monde du 26 juin. Selon lui , « plus un hôpital fait appel à des consultants, plus son efficience diminue » Selon une étude portant sur les hôpitaux anglais, « il existe une relation entre les dépenses de conseil et l’efficience des hôpitaux. Le problème est que cette relation est négative. Plus un hôpital fait appel à des consultants, plus son efficience diminue. Notons que cette relation ne provient pas du fait que les hôpitaux les moins performants sont plus susceptibles de faire appel à des consultants. »

Violence

Retenons enfin les ignobles menaces qui ont visé la directrice déléguée d'un hôpital de l’Isère. « Une enquête a été ouverte après la découverte d'un tag représentant une croix gammée et d'une fausse bombe menaçant la directrice déléguée d'un établissement hospitalier de Saint-Laurent-du-Pont », rapporte France Info, le 29 juin. « La justice enquête donc sur des "menaces de mort ou atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un chargé de mission de service public et dégradation d'un bien" et "tentative de destruction du bien d'autrui par moyen dangereux pour les personnes". La direction du CHU de Grenoble, dont dépend l'hôpital, a déposé plainte. »

 

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