Juin 2021 : panne des numéros d'urgence, soignants en colère mais enfin l'embellie face à l'épidémie

Juin 2021 : panne des numéros d'urgence, soignants en colère mais enfin l'embellie face à l'épidémie

Panne géante des numéros d'urgence en début de mois @pixabay

Ce mois de juin a été marqué par la panne géante des numéros d’urgence, la mobilisation des soignants en attente de revalorisation à l'hôpital public, alors que se confirme une accalmie sur le front de la Covid-19.

« Panne des numéros d'urgence: «Des dysfonctionnements graves et inacceptables» pour Gérald Darmanin », titre Le Figaro le 2 juin. Les numéros 15, 18, 17 et 112 ont en effet été concernés par une panne majeure le 2 juin qui, comme l’explique le quotidien, a eu des conséquences graves. « Une personne ayant une «maladie cardiovasculaire» «serait décédée» dans le Morbihan, faute d'avoir «pu joindre les services de secours à temps», a indiqué Gérald Darmanin. «Deux autres accidents cardiovasculaires»ont eu lieu à La Réunion, a-t-il ajouté «mais je ne peux pas dire si le temps (avant l'arrivée des secours, NDLR) a été particulièrement long et s'il est imputable à ce numéro d'urgence». Et d'insister : «Ce qui est sûr, c'est que les personnes ont témoigné qu'elles ont essayé d'appeler plusieurs fois et qu'elles n'ont pas réussi tout de suite à avoir des opérateurs».

Covid-19, bons chiffres et vigilance

Les nouvelles sont en revanche plutôt bonnes sur le front de l’épidémie. La France compte moins de 10 000 malades du Covid-19 à l'hôpital, une première depuis mi-octobre, indique France Info, le 23 juin. De fait, "les hôpitaux français accueillent moins de 10 000 malades atteints du Covid-19, mercredi 23 juin, selon les données publiées par Santé publique France. Un niveau qui n'avait plus été atteint depuis mi-octobre, durant la deuxième vague de l'épidémie. On comptait 9 771 malades hospitalisés le 23 juin, contre 10 046 la veille. Le nombre d'admissions sur 24 heures a poursuivi sa baisse, à 167 contre 181 la veille, précise l'agence sanitaire. (…) La maladie a emporté 33 personnes dans les hôpitaux français en 24 heures, portant le total des décès à 110 891 depuis le début de l'épidémie, en mars 2020."

Malgré cette évolution favorable, la question du report des soins n’en reste pas moins problématique. « Constatant que les hôpitaux publics ont accueilli la très grande majorité des malades du Covid, et donc subi davantage de déprogrammations d'opérations prévues, l'UFC-Que Choisir demande aux agences régionales de santé (ARS) de "favoriser la mise à contribution du secteur privé (...) sans surcoût pour les usagers », indique BFM, 24 juin
Selon l’association, quatre opérations chirurgicales sur dix n'avaient "toujours pas eu lieu" en avril dernier.

Par ailleurs, la situation reste tendue à l’intérieur des hôpitaux. « Alors que la fin des restrictions liées au Covid-19 se dessine en France, dans les hôpitaux, le climat social reste tendu », indique La Tribune le 22 juin. "Il n'y a pas eu de changement de paradigme comme promis par Emmanuel Macron à Mulhouse", a affirmé le secrétaire général de FO-Santé Didier Birig, lors d'une conférence de presse lundi. Le syndicat Force Ouvrière a fustigé la fermeture ou la suppression de plus de 1.800 lits d'hospitalisation au premier trimestre, réclamant que le gouvernement "rompe avec une approche essentiellement financière pour regarder les besoins de la population".
"Du 1er janvier au 31 mars 2021, en pleine pandémie, nous sommes parvenus à objectiver 1.800 suppressions ou fermetures de lit", a-t-il détaillé. FO réclame l'arrêt immédiat des fermetures de lits, la réouverture de ceux nécessaires à une prise en charge de qualité, la création de 15.000 postes et "un changement radical d'orientation hospitalière".
Interrogé par l'AFP, le ministère de la Santé a indiqué que le Ségur avait prévu la possibilité d'ouvrir ou de rouvrir "4.000 lits en fonction des besoins". Une enveloppe de "50 millions d'euros" est mise à disposition des agences régionales de santé (ARS) "chaque année" pour "financer des lits lors des épisodes de pics d'activité saisonniers", a-t-on assuré. "Pour le seul hiver 2020-2021, 2.856 lits ont été ouverts, dans 249 établissements", a précisé le ministère. »

Une semaine plus tôt, le 15 juin, les soignants étaient d’ailleurs dans la rue pour défendre l’hôpital public. Comme le rapporte Le Monde, « plusieurs syndicats et organisations appellent les professionnels de santé à descendre dans la rue, pour réclamer une revalorisation des rémunérations, des recrutements massifs et l’arrêt des fermetures de lits à l’hôpital ». "Les organisations qui appellent à la mobilisation et à la grève (CGT, SUD-Santé, Action praticiens hôpital, SNPI-CFE-CGC, Collectifs inter-hôpitaux et inter-urgences…) réclament une hausse des rémunérations pour atteindre les 300 euros déjà demandés en novembre 2019, mais aussi un recrutement massif et l’arrêt des fermetures de lits".

Réflexions participatives

Vous pouvez soumettre vos propositions pour l'avenir de l'hôpital de Valence”, relaie France bleu le 23 juin. "Que manque-t-il au centre hospitalier de Valence ? Comment l'améliorer ? Si vous avez des idées c'est le moment de les soumettre sur la plateforme ouverte mardi 22 juin par le centre hospitalier valentinois. Les patients, les professionnels et les partenaires de l'hôpital, où les simples citoyens peuvent contribuer. "Bien sûr que nous on peut avoir des idées pour bien remplir notre mission, mais c'est encore plus intéressant si les citoyens eux-mêmes nous disent ce qu'ils attendent de l'hôpital pour aujourd'hui et pour les prochaines années", explique Freddy Serveaux, directeur du centre hospitalier. Les propositions retenues seront intégrées au "projet d'établissement" qui définira les axes de développement de l'hôpital jusqu'en 2026". 

A lire également dans Le Monde, la très belle tribune de Dominique Méda, Professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine titrée « A l’hôpital, réintroduire de la démocratie à tous les étages » dans laquelle elle invite à abandonner la « gouvernance par les nombres » qui a présidé, selon elle, au long déclin de l’hôpital en France.

 

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