Juillet 2020 : Hommage aux héros et les annonces du Ségur de la Santé...

Les avions de la Patrouille de France ont survolé les hôpitaux de quatre régions particulièrement touchées par l'épidémie @Pixabay

L’hommage aux soignants à l’occasion du 14 juillet, les annonces du Ségur de la Santé et une reprise de l’épidémie ont marqué le mois de juillet 2020.

La période estivale n’a pas empêché les soignants de maintenir la pression sur le gouvernement : « L’hôpital va continuer à se casser la figure » : après les accords du Ségur, des soignants de nouveau dans la rue », titre Le Monde le 14 juillet. Et le quotidien d’expliquer : « De nouveaux slogans se sont ajoutés, mardi 14 juillet, à ceux désormais habituels dans les rangs des soignants mobilisés ces derniers mois pour réclamer plus de moyens pour l’hôpital public. Au lendemain des accords du Ségur de la santé, des milliers d’infirmières, d’aides-soignantes, de manipulateurs radio… ont défilé à Lyon, Toulouse, Bordeaux, Paris, à l’appel de plusieurs syndicats et collectifs, dont la CGT, SUD, Solidaires, le Collectif inter-hôpitaux, pour dire leur insatisfaction face à ces accords signés à Matignon avec plusieurs syndicats majoritaires (FO, CFDT, UNSA) ».
« Les « accords de Ségur », portent sur une enveloppe de 8,1 milliards d’euros, prévoient une hausse minimum de salaire de 183 euros net pour l’ensemble des personnels hospitaliers paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et non-médicaux (agents techniques et administratifs), rappelle le quotidien 20 Minutes. Ils intègrent en plus une révision des grilles de salaires pour certains métiers, de l’ordre de 35 euros net mensuels en moyenne, et de nouvelles majorations pour les heures supplémentaires, le travail de nuit, du dimanche et des jours fériés. » 
Le 19 juillet 2020, Anne Gervais-Hasenknopf, médecin et hépatologue à l'hôpital Louis-Mourier à Colombes (Hauts-de-Seine), André Grimaldi, professeur et diabétologue, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, et Olivier Milleron, médecin et cardiologue à Bichat-Claude-Bernard à Paris expliquent dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche pourquoi les revalorisations salariales, décidées au terme du "Ségur de la santé", ne suffiront pas à rétablir l'attractivité de l'hôpital public. Ils écrivent notamment : « On pourra bien augmenter les salaires ou réformer la gouvernance, si l'hôpital ne reçoit pas un budget de fonctionnement à la hauteur des besoins de soins de la population, les mêmes maux produiront les mêmes effets. Il est donc indispensable de changer le mode de calcul de l’Objectif national des dépenses d'Assurance maladie actuellement décidé sur des critères budgétaires et non de santé publique. Il est également indispensable de remettre en cause la tarification à l'activité, dont les effets pervers ne sont plus à prouver, et de revenir aux principes fondateurs de la Sécurité sociale : un bien commun qui ne peut être ni privatisé, ni étatisé, qui doit être cogéré avec les représentants des usagers et des professionnels, et dont les recettes sont sanctuarisées ».

Gouvernance

Le 21 juillet, lors de la présentation officielle des résultats de la concertation, Olivier Véran et Nicole Notat ont aussi évoqué la gouvernance hospitalière. Comme le souligne le quotidien La Croix, « L’un des axes principaux, et inédit, repose en effet dans une « remédicalisation » de la gestion hospitalière, autrement dit une réappropriation des décisions par le personnel soignant (…). Afin d’asseoir légalement la remédicalisation de la gouvernance, « les décisions relevant du domaine médical seront prises conjointement par le directeur de l’établissement et le président de la commission médicale d’établissement », précise le rapport Ségur. »
« Après le "Ségur", l’hôpital va devoir soigner son empreinte écologique », titre par ailleurs Sud-Ouest le 23 juillet : « (…) Plusieurs participants ont insisté sur le retard accumulé par les cliniques et hôpitaux en matière environnementale, dénonçant un décalage entre les actes et les discours. En cause, notamment : la consommation énergétique jugée excessive du secteur hospitalier. Selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), les établissements sanitaires et médico-sociaux concentrent aujourd’hui 11% de la demande d’énergie du secteur tertiaire (…). Une étude publiée en 2017 par le Comité développement durable santé (C2DS) a estimé le potentiel d’économies énergétique à 54 millions d’euros par an dans les hôpitaux privés, et le double dans le secteur public. »

Hommage 

France Info s’est largement fait l’écho des hommages aux soignants qui se sont multipliés le 14 juillet : « À ces héros en blouse blanche, la patrie est reconnaissante. Place de la Concorde, mardi 14 juillet, un drapeau est déployé en l’honneur des médecins, infirmiers, aides-soignants. Ceux qui ont été au front, en première ligne face au coronavirus. Certains ne retiennent pas leur émotion. C’est à eux que le chef de l’État a voulu dédier ce 14 juillet si particulier.
(…) À la tribune officielle, 1 300 invités d’honneur, dont Hakima Djemoui, qui a souhaité donner personnellement une lettre au président. "Mon mari est mort sur le front. J’ai expliqué qu’il y a avait un manque de matériel et de masques", relate-t-elle. » Et comme le note France Bleu, la Patrouille de France a entamé « une tournée "pour manifester le soutien de la nation au monde de la santé". Les avions survoleront les hôpitaux de quatre régions particulièrement touchées par l'épidémie de Coronavirus Covid-19 : l'Île-de-France, la Bourgogne-Franche Comté, le Grand-Est et la région PACA. Cette série de survols avec panache tricolore, "se veut aussi un hommage rendu à l'ensemble des Français", indique la patrouille acrobatique officielle de l'Armée de l'Air ».

Deuxième vague ? 

Lors de son interview le 14 juillet, le Chef de l’Etat a tenu à rassurer les Français en cas de deuxième vague épidémique. Il a notamment déclaré, comme le reprend Europe 1 : "Nous avons à la fois les stocks et les approvisionnements qui sont sécurisés et nous avons l'organisation au plus près du terrain, qui permettrait de faire face à une recrudescence, si elle était là". Deux mois après le déconfinement, plusieurs signaux montrent en effet une reprise du nombre de personnes infectées par le nouveau coronavirus. Comme l’explique Le Monde, « les autorités multiplient les avertissements, et renforcent la prévention. Le ministre de la santé, Olivier Véran, a fait savoir, samedi 18 juillet, que le masque serait obligatoire dans les lieux publics clos dès lundi (20 juillet). La veille, le premier ministre, Jean Castex, a appelé à « plus de vigilance », lors d’un entretien au « 20 heures » de France 2. « [Nous ne sommes pas] dans une situation grave, mais c’est une situation qui appelle plus de vigilance », a déclaré le chef du gouvernement, alors que le taux de reproduction du virus est en hausse dans plusieurs régions.
Jean-François Delfraissy se montre toutefois rassurant. Comme le note Le Figaro : « À partir de ce lundi 20 juillet, le port du masque devient obligatoire dans les espaces publics clos. Contrevenir à cette règle pourra être sanctionné par une amende de 135 euros. Selon le professeur Jean-François Delfraissy, invité de RTL ce matin, la mise en place de cette mesure n'est pas liée à l'arrivée d'une seconde vague de coronavirus en France. «La réponse est non», a-t-il directement répondu lorsque la question lui a été posée. Le président du Conseil scientifique rappelle toutefois que «si on ne respecte pas les mesures de distanciation, on peut laisser échapper ce virus», qui «continue à circuler cet été».
La dernière semaine de juillet, les journaux relaient toutefois des inquiétudes croissantes à l’image du Monde qui titre par exemple le 25 juillet « Coronavirus : les hôpitaux franciliens sur le qui-vive face à la reprise épidémique ».

Actualité parlementaire

Retenons enfin que le projet de loi de bioéthique a fait le 27 juillet son retour à l’Assemblée nationale pour la deuxième lecture du texte, avant un ultime passage par le Sénat. Avec parmi les enjeux, comme le rappelle le Quotidien du Médecin, le vote de l'AMP. 

 

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