Juillet 2021, la crainte d'une quatrième vague

Juillet 2021, la crainte d'une quatrième vague

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Depuis la mi-juillet, les admissions hospitalières liées à la Covid-19 repartent à la hausse avec des patients plus jeunes que lors des précédentes vagues.

La tension monte à nouveau dans les services d’urgences et de réanimation des hôpitaux, alors que le nombre de nouvelles contaminations au coronavirus continue d’augmenter”. En cette fin du mois de juillet, la crainte d’une quatrième vague se précise, comme le relate Ouest France le 27 juillet. “La reprise de l’épidémie commence à être perceptible dans les hôpitaux. 952 personnes contaminées par le coronavirus sont hospitalisées en soins critiques, pour un total de 7 079 hospitalisations de malades du Covid-19. Des chiffres en hausse tout comme le taux d’incidence et le nombre de nouveaux cas quotidiens.”
La veille, c’est RTL qui notait les bons chiffres de la vaccination tout en relayant les mêmes inquiétudes de contaminations repartant à la hausse. “La France a passé un cap dans la vaccination ce lundi 26 juillet en enregistrant près de 40 millions de primo-vaccinés. Impossible encore de savoir si cette campagne permettra aux hôpitaux d'éviter un nouvel afflux. Le gouvernement veut y croire mais pour Pascal Auquier, Professeur de santé publique à l'AP-HM (Assistance publique - Hôpitaux de Marseille) "l'hôpital sera plombé d'ici la fin du mois d'août." Sans compter que l'hôpital prend aussi en charge les cas de Covid long comme le retrace Le Parisien : "À Eaubonne (Val-d’Oise), des patients aux symptômes persistants sont désormais accueillis en hôpital de jour. Dans l’Oise, l’hôpital de Beauvais développe aussi son propre accompagnement. L’agence régionale de santé soutient ces nouvelles prises en charge".

Le Pass Sanitaire en débat

C’est dans ce contexte sanitaire à nouveau tendu qu’a été adopté le projet de loi sur le Pass sanitaire anti-Covid. Comme l’indique Midi Libre le 26 juillet, “A compter du début du mois d'août, le pass sanitaire sera demandé dans les hôpitaux. Dès lors, les patients venant recevoir des soins devront présenter un justificatif de schéma vaccinal complet, un test négatif (PCR ou antigénique) de moins de 48 heures ou un certificat de rétablissement du Covid-19”.
En revanche, le licenciement en cas de non-détention du Pass n'a pas été retenu. “D'après Philippe Bas, rapporteur du texte de loi, « la possibilité d’une suspension des fonctions ou du contrat de travail semble déjà suffisamment dissuasive, sans qu’il soit nécessaire de créer un motif spécifique de licenciement ou de radiation des cadres de la fonction publique », indique Réseau hôpital et GHT le 26 juillet qui détaille par ailleurs les modalités de la vaccination obligatoire pour les personnels des établissements de santé. “Le projet de loi rend obligatoire la vaccination des personnels des hôpitaux, cliniques, Ehpad et maisons de retraite, sapeurs pompiers, de certains militaires, ainsi que pour les professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées, y compris à domicile. Les soignants ont jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner, sinon une suspension de salaire pourra être instaurée dès le mois d'octobre. Le texte de loi doit encore passer le filtre du Conseil constitutionnel, avant d'être promulgué début août”.

Nouveaux coûts pour l'hôpital

Le 22 juillet, France Info indique que “le contrôle du pass sanitaire à l'hôpital va coûter 60 millions d'euros par mois, selon une estimation de la Fédération hospitalière de France. Pour appliquer cette mesure voulue par le gouvernement, les hôpitaux et les établissements médico-sociaux devront faire appel à du personnel de sécurité supplémentaire” (...). "Il va falloir étudier au cas par cas, établissement par établissement, ceux qui pourront déployer du personnel en interne et ceux qui devront embaucher ou encore ceux qui feront un mix des deux", explique la fédération. "Que ce soit du personnel interne ou externe, le coût de cette mesure est évalué à 60 millions d'euros par mois", assure la FHF. Le ministère de la Santé, prendra-t-il en charge ce surcoût ? Contactée par france info, la Direction gnérale de la santé rappelle que pour continuer à sécuriser les établissements face aux impacts de l'épidémie, "la garantie de financement des établissements de santé a été reconduite jusqu'au 31 décembre 2021".

L’opposition au Pass sanitaire - et donc à la vaccination obligatoire - s’est aussi exprimée avec virulence. Une soixantaine d'opposants au pass sanitaire ont par exemple manifesté dans l'hôpital de Saint-Etienne. “L’opération a démarré par un rassemblement devant l’hôpital vers 15 heures. Les manifestants ont ensuite pénétré bruyamment dans l’enceinte de l’établissement hospitalier, y compris dans le hall principal, selon une source policière. Toujours selon cette source, l'arrivée rapide des forces de l'ordre a empêché les manifestants, non masqués pour la plupart, d’approcher du centre de vaccination implanté au sein du Centre Hospitalier Nord. Le rassemblement a pris fin sans incident vers 16h30. Aucun participant n'a été interpellé”, rapporte LCI le 26 juillet. Tandis que Le Progrès fait état le même jour du dépôt d’un préavis de grève "illimitée" à l'hôpital Edouard-Herriot contre la vaccination obligatoire pour les soignants. “Le syndicat SUD Santé Sociaux de l'hôpital Édouard-Herriot à Lyon a déposé un préavis de grève auprès de sa direction. Elle commencera ce jeudi 29 juillet et prendra fin "à l'issue de négociations favorables", nota le quotidien.

Lectures de l’été

Retenons enfin la publication du livre « La vie fragile » écrit par une médecin à la retraite. Comme le résume Ouest-France le 25 juillet : “Son expérience de médecin en service de rééducation lui donne une vision précise de la santé et de l’hôpital. Dans son livre La vie fragile, Elen d’Acremont (son nom d’auteure) plonge le lecteur au cœur de ses souvenirs, de la vie de patients et de l’hôpital. Avec ses forces et ses faiblesses. Pourquoi cette envie d’écrire ce livre ? Ma tête était emplie d’un bouillonnement de souvenirs agréables et désagréables. J’avais envie de les déposer quelque part et de raconter ce que j’avais vécu parfois de manière surréaliste, et cela avec un peu d’humour », indique cette médecin retraitée, habitant désormais Nantes et ayant longtemps exercé dans un hôpital de l’ouest de la France.

Une autre lecture à conseiller est l’enquête publiée le 9 juillet par Décision Santé sur les motivations des jeunes générations.Les futurs directeurs qui s’engagent dans le métier conservent leur enthousiasme. Cette génération Covid-19 a effectué son premier stage en pleine crise sanitaire”. Un beau retour d’expérience pour ces futurs directeurs post-Ségur.

 

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