JANVIER 2022 : entre accalmie et espoir, l'hôpital toujours sous pression

JANVIER 2022 : entre accalmie et espoir, l'hôpital toujours sous pression

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En ce début d'année, l'hôpital continue de faire face à la pandémie de Covid-19. 

Le 25 janvier 2022, Le Figaro propose un point complet des faits marquants liés à la Covid-19 avec un record du nombre de décès à l’hôpital. « Le Covid a emporté 393 personnes en 24 heures, pour un total de 129.022 décès depuis le début de la pandémie au printemps 2020. C'est le nombre le plus élevé de décès quotidiens enregistré dans la dernière vague de contaminations, qui touche l'Hexagone depuis le mois de novembre. (…) 108.481 personnes ont été testées positives en 24 heures, selon les données publiées par Santé publique France. En moyenne sur sept jours, cet indicateur s'élève à 340 861 cas, en hausse de 22% en une semaine. La France est actuellement le pays d'Europe, hors micro-états, avec l'incidence la plus élevée, 3.733 cas pour 100.000 habitants. Le nombre de patients hospitalisés, 29.748, a un peu augmenté par rapport à la veille (28.838). Le chiffre des admissions sur sept jours est aussi en hausse avec 15.932 entrées à l'hôpital en une semaine, contre 15.376 dimanche."
Le même jour, Jean Castex était allé prendre le pouls de l’hôpital à Narbonne. « Tension en réa, transfert de patients, il est tout de suite dans le vif du sujet. Un domaine qu’il connaît bien pour visiter très régulièrement les hôpitaux au fil de ses déplacements. "On espère que ça va se détendre, mais à Narbonne on est encore sur la crête", confirment les docteurs Pascal Pradier et Serge Brelit des Urgences. Le Premier ministre s’enquiert de la proportion vaccinés et non-vaccinés des patients. Sans surprise, "en réa (9 personnes), c’est 90 % de non-vaccinés". Sur les 23 patients malades du Covid, 15 sont non vaccinés, 10 % ont 3 doses et les autres n’ont que deux doses. L’obésité compte parmi les facteurs à risque le plus représenté », note La Dépêche avant de relater l’interpellation du Premier Ministre par un soignant des Urgences sur le Ségur de la santé. « Ce dernier regrette "que la notion de pénibilité du travail de nuit soit passée à l’as". Castex reconnaît que "le timing est mal tombé" et qu’il va falloir "analyser ce que cette crise nous a appris" en rappelant "la mise en place de la prime de 183 € dès fin 2021". Et d’appuyer "le Ségur est une étape à prolonger".
Le Monde relate aussi le 24 janvier la pression constante qui pèse sur l'hôpital... « Le nombre de patients en réanimation se stabilise autour de 3 800, mais les admissions en médecine augmentent, tout comme l’absentéisme provoqué par les soignants contaminés. Ce sont des numéros d’équilibrisme rejoués chaque jour. Mercredi 19 janvier, le chirurgien en orthopédie pédiatrique Jean-Luc Jouve a enfin pu programmer pour le lendemain « une colonne vertébrale », à savoir l’opération de l’un de ses jeunes patients. Une urgence non vitale, mais avec un risque de paralysie sévère si l’on tarde trop… Tout ne tient néanmoins qu’à un fil. »
Le 24 janvier, Le Figaro nous a également alertés sur les remous provoqués par le versement d’une prime aux CDD infirmiers en Ile-de-France. « Une «logique d'ubérisation» au profit de «mercenaires»: plusieurs syndicats et collectifs de soignants dénoncent le pont d'or proposé aux infirmiers intérimaires par l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France pour «combler les postes vacants dans les établissements de santé».

Débats

A l’approche des élections présidentielles, les prises de position se multiplient. "Et si le problème, c'était l'Etat ?", interroge Alain Madelin dans L’Express le 25 janvier. « Tous les candidats, n'en doutons pas, vont s'engager à dépenser davantage pour l'hôpital et l'ensemble de ses personnels soignants. Ces derniers le méritent car ils sont assurément moins valorisés que dans beaucoup de pays européens. Mais il ne faut pas s'arrêter là. Au début du quinquennat d'Emmanuel Macron nous étions, en Europe, deuxièmes pour la dépense hospitalière (derrière le Danemark) et premier pour l'emploi hospitalier. C'est dire que nous avons un sacré problème de gestion pour un pays qui dépense autant que l'Allemagne pour sa santé. Ce ne sont pourtant pas les réformes qui ont manqué. Depuis le plan d'Alain Juppé en 1995 - qui a consacré la mainmise de l'Etat sur la santé - nous vivons au rythme moyen d'un nouveau plan tous les deux ans. Toujours dans le même sens : toujours plus d'Etat ! », regrette-t-il notamment.
Le 23 janvier, Pierre Vermeren explique dans Le Figaro que « La crise de l’hôpital a révélé un aspect insoupçonné du déclassement français ». L’historien a en effet publié une « nouvelle édition, actualisée et étoffée, d’un ouvrage crucial, La France qui déclasse. De la désindustrialisation à la crise sanitaire, enrichi, en particulier, d’un chapitre sur le délitement de l’hôpital public et la fatigue de notre système de santé ».
A lire également la chronique de Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde » le 18 janvier « Hôpital, justice, police, éducation : Tout le monde a intérêt à ce que les choses bougent, mais personne ne propose une méthode convaincante pour y parvenir. Plus l’échéance présidentielle approche, plus la nécessité de réformes systémiques dans les services publics saute aux yeux. Personne n’est cependant capable d’expliquer comment il s’y prendra pour les mener à bien ».

Au cœur de l’hôpital

Deux très beaux reportages ont également été proposés ce mois-ci. Le premier diffusé sur France Culture le 23 janvier a mis à l’honneur le CHU d’Angers : "Alors que le CHU d'Angers subit la vague Omicron, sa directrice générale Cécile Jaglin-Grimonprez se dit très "fière" du personnel de son hôpital. Elle évoque la fatigue des professionnels et les difficultés de recrutement, mais affirme aussi que l'hôpital public n'est pas en train de s'effondrer ».
Le lendemain, 24 janvier, direction Arras avec RFI : « Après plus de deux ans de pandémie, les équipes soignantes sont fatiguées parfois inquiètes d'une situation sanitaire qui n'en finit pas. Les soignants rencontrés ne reviennent pas cette fois-ci sur les tensions et le manque de moyens de l’Hôpital public, ils prennent le temps de la réflexion après deux ans de crise sanitaire. »

 

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