Février 2021 : Les hôpitaux en première ligne contre le virus et les cyberattaques !

C'est dans un contexte particulièrement difficile que se développent les attaques informatiques contre les hôpitaux @pixabay

Les contaminations à la Covid-19 repartent à la hausse contraignant certains territoires à mettre en place des confinements partiels.

« La situation sanitaire s'est dégradée. Le virus progresse en France comme ailleurs en Europe. L'explication provient des souches variantes », a introduit le Premier ministre Jean Castex lors de la conférence de presse du 25 février. "Illustration avec le nombre de cas (plus de 30 000/jour), de personnes hospitalisées (25 659) et de personnes en réanimation (3 446). Quant aux variants, l'anglais représente déjà presque la moitié des cas et 5% sont des variants brésiliens ou sud-africains. Certains hôpitaux déjà à saturation doivent  transférer leurs patients en réanimation dans d'autres structures hospitalières d'une même région", indique Décision Santé. "Outre les deux départements qui seront confinés dès ce week-end, 20 départements sont placés en alerte rouge dont le Rhône, les Bouches-du-Rhône, l'Oise, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle ou encore l'Eure-et-Loire et tous les départements de l'Ile-de-France. Une concertation s'engage avec les acteurs locaux dont les élus pour renforcer (ou pas) les mesures de restriction le week-end du 6 mars en cas de persistance de l'aggravation", écrit Arnaud Janin.

Jean Castex avait visité le 23 février les services d'urgence de l'hôpital d’Argenteuil, où 70 lits sont occupés par des patients atteints du coronavirus. Comme le relate Le Figaro le 24 février "À l'hôpital d'Argenteuil - la troisième ville la plus peuplée d'Île-de-France -, quelque 70 lits sont consacrés à l'hospitalisation des malades du Covid-19, contre 240 en mars et avril 2020, au plus fort de la première vague. «Ça augmente doucement, mais sûrement», a répondu Catherine Le Gall, la cheffe des urgences, au premier ministre qui l'interrogeait sur les flux Covid des derniers jours. «C'est une guerre d'usure», a-t-elle ajouté, en pointant la fatigue des équipes au front depuis un an. «On a plus d'absentéisme. Ça nous inquiète un peu cette marée montante, avec ce taux élevé d'hospitalisation. C'est intense dans la durée», a-t-elle insisté."

Et en ce mois de février, Nice et Dunkerque ont été les premiers territoires à tirer la sonnette d’alarme. Comme le titre France Info, le 23 février «Hôpitaux submergés à Nice, des patients de plus en plus jeunes». "À Nice (Alpes-Maritimes) où le préfet a décidé, lundi 22 février, de la mise en place d’un reconfinement partiel pour les deux week-ends à venir, les hôpitaux sont saturés. En outre, les patients sont de plus en plus jeunes".

Même tension à Dunkerque où, rappelle La Voix du Nord le 22 février, « entre le 1er et le 21 février, 57 patients Covid et non Covid nécessitant une prise en charge réanimatoire ont été transférés vers d’autres établissements de santé du territoire, soit 6 patients de plus depuis le jeudi 18 février.» Là aussi, un reconfinement partiel a été décidé.

C’est dans ce contexte à nouveau tendu que Le Parisien pose le 19 février la question suivante: «Comment l’hôpital fait face à l’incertitude? Certes, ils ont connu des jours bien plus sombres. Les chiffres sont même à leur avantage. Et pourtant, les hôpitaux craignent une remontée de l’épidémie dans les prochaines semaines, qui briserait leur fragile équilibre

Tandis que le quotidien 20 minutes aborde le 23 février une autre problématique complexe : «L’isolement des soignants asymptomatiques, un vrai défi pour les hôpitaux». Et le journal d’indiquer «Franck Chauvin, président de l’HCSP, n’ignore pas ces difficultés. "En l’absence de tensions sur le personnel, le risque de maintenir des personnes asymptomatiques en place excède le bénéfice. Mais il peut y avoir des exceptions", concède-t-il à 20 Minutes. Mais au vu des nombreux services qui réclament des embauches un peu partout en France, il y a un vrai risque pour que ces « exceptions » se multiplient dans les prochains mois».

Cybercriminalité 

« Victime d’une cyberattaque, le centre hospitalier de Dax fonctionne au ralenti. Des soins ont été reportés mais les opérations urgentes sont maintenues. L’hôpital a refusé de verser la rançon demandée par les cybercriminels » nous apprend LCI 22 février. « Depuis le début de l’année, les autorités recensent une tentative d’attaque informatique sur un établissement de santé chaque semaine. L’enquête a été confiée à l’ANSSI, la cyber-police. Elle œuvre pour retrouver les pirates et tenter de secourir l’hôpital. Dans ces locaux, 250 cyber-enquêteurs traquent les hackers. Toutes leurs données sont confidentielles. L’an dernier, ils sont intervenus sur 760 incidents. Les agents sont joignables par téléphone 24h/24 et 7j/7 en cas d’attaque pour donner les premières recommandations comme couper Internet immédiatement et isoler les machines. L’agence a reçu de nombreux appels ces derniers jours, à la suite de récentes attaques».

Le même jour, 22 février, Olivier Véran, ministre de la Santé et Cédric O, secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique, étaient en visite à l'hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône, également victime d’une cyber-attaque. Selon BFM Lyon, «un retour à la normale dans le système informatique du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône (Rhône), visé il y a une semaine par une cyberattaque, est attendu dans "minimum 15 jours voire plusieurs semaines", a indiqué lundi le secrétaire d'Etat à la transition numérique Cédric O. "Il y a eu 27 cyberattaques d'hôpitaux en 2020 et depuis le début de l'année 2021, c'est une attaque par semaine", a ajouté Cédric O, assurant que le gouvernement "allait faire en sorte que les 135 groupements hospitaliers les plus importants en France (...) puissent augmenter leurs systèmes de défense". Une décision actée le même jour par une annonce du ministère de la Santé rapporte Réseau Hôpital & GHT qui titre sur: «l'urgence de renforcer la sécurité informatique des 135 GHT».

Demain

« Des établissements de santé plus modulables et connectés, des concepts hybrides pour mieux isoler les patients contagieux, des circuits courts et des flux rationalisés… le Covid-19 remodèle les besoins. Les ingénieurs sont aux premières lignes, aux côtés d'architectes, pour imaginer ces bâtiments intelligents ». C’est une perspective passionnante et plus optimiste que nous livre Les Echos, le 24 février dans un article intitulé « Covid: comment la pandémie accélère la mutation des hôpitaux ». Le quotidien économique souligne par exemple qu’en France, "270 collaborateurs travaillent sur 85 projets dans l'Hexagone, pour des CHU dont le futur hôpital Grand Paris Nord de l'AP-HP ou des cliniques de groupes privés comme Saint-Gatien, Hexagone, Ramsay-Santé et Resamut. Ses experts en fluides, structures, ingénierie biomédicale, data-science, sûreté, robotique, développement durable, techniques de modélisation, intelligence artificielle, imaginent des bâtiments toujours plus flexibles, capables de créer rapidement des cloisonnements provisoires ou des zones sas, de s'étendre sur des terrasses, d'éviter les transmissions aéroportées, grâce à des systèmes de traitement d'air générant eux-mêmes des barrières par un jeu de pressions." Vivement demain !

 

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