Avril 2021 : Vers le début de la fin de la crise sanitaire ?

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En cette fin avril, le pic épidémique semble enfin s'infléchir. Le gouvernement annonce un certain allègement des mesures malgré l'appel à la vigilance d'experts hospitaliers. 

« Vaccins, hôpital, incidence… une amélioration réelle, mais lente et fragile », titre Le Figaro le 22 avril résumant le sentiment général en cette fin de mois, et à la veille d’un nouveau déconfinement. "La situation s’améliore, s’est félicité le premier ministre, Jean Castex, lors de son point presse du 22 avril. Le pic de la troisième vague semble derrière nous, et la baisse de la pression épidémique semble engagée » relaie LCI le 26 avril. Ecoles et crèches ont rouvert leurs portes dans l’attente d’autres mesures. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a confirmé que les restrictions de déplacement en France allaient prendre fin à la début mai, comme l'avait annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution du 31 mars dernier. Les Français ne seront donc plus soumis à la "règle des 10 kilomètres", et pourront se déplacer entre les régions."

Malgré cette embellie, la situation reste tendue dans les hôpitaux. Le 25 avril, Le Parisien indique « Covid-19 : l’hôpital toujours sous pression, presque 6000 patients en soins critiques ». "L’épidémie continue de battre des records dans le monde, notamment en Inde, alors, qu’en France, la rentrée scolaire se profile et qu’un quatrième vaccin, le Janssen, arrive sur le marché." La veille, sur Europe 1, Gilles Pialoux regrettait que "la vie sociale ait pris le dessus sur la défense de l'hôpital public". Invité de la matinale d'Europe 1, "le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon, Gilles Pialoux, a répondu aux affirmations de Jean Castex selon qui "le pic de la troisième vague de Covid-19 est derrière nous". A l'hôpital, "le ton n'est pas tout à fait le même", assure-t-il".

Prudence dans les hôpitaux

Une prudence également exprimée le 21 avril dans Le Monde : à l’hôpital, « on a l’impression que le pire est passé, mais cela doit encore être confirmé ». « Si le nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation semble se stabiliser à un niveau très élevé, les médecins attendent une confirmation de la décrue. Selon les modélisations de l’Institut Pasteur, mises à jour lundi 19 avril, qui s’appuient sur des données épidémiologiques, météorologiques et de mobilité, « une baisse des admissions à l’hôpital et des besoins en lits dans les jours qui viennent » se dessine bien « au niveau national ». Cela pourrait néanmoins prendre la forme, dans certaines régions métropolitaines, de « plateaux ». Dans les hôpitaux, on reste prudent face à cet horizon de la mi-mai, au vu de la diversité des situations entre les différentes régions. « De la même manière que certains départements ont été ciblés très tôt avec des mesures restrictives, l’allègement des mesures doit être examiné selon les situations de chaque territoire », défend Olivier Claris, président de la commission médicale d’établissement des Hospices civils de Lyon (HCL), inquiet de voir la courbe de la circulation virale osciller encore dans la métropole lyonnaise entre de fortes baisses et des remontées. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, le niveau maximal de déprogrammation des interventions chirurgicales des patients non atteints du Covid est enclenché depuis le 7 avril.

Le Covid long....

En visite dans un hôpital, le Président Macron s’est par ailleurs dit "préoccupé" par le "Covid long", rapporte L’Express le 22 avril : « Emmanuel Macron s'est dit jeudi très "préoccupé" par le "Covid long" avec lequel il va falloir "vivre durablement", 10 à 15% de ceux qui ont eu la maladie avec des symptômes en souffrant, selon les soignants qu'il a rencontrés à l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine). « Le Covid long nous préoccupe beaucoup avec le ministre » de la Santé, Olivier Véran, également présent lors de la visite, a lancé le chef de l'Etat. "Les recherches sont engagées et notre système de santé s'adapte. Il nous faut apprendre, reconnaître et prendre en charge les patients", a-t-il ajouté au même moment dans un message publié sur Twitter. Lors de la visite, Emmanuel Macron s'est fait longuement expliquer les symptômes et pistes de traitement du Covid long, et notamment le rôle-clé des kinésithérapeutes, dont les praticiens en ville pourraient être formés alors que l'hôpital ne peut absorber tous les patients. »

Une autre préoccupation majeure, relayée par France Inter le 21 avril concerne la prise en charge d’un nouveau public, plus jeune. « À l'hôpital Avicenne de Bobigny, des patients plus jeunes, des soignants en mal de reconnaissance. C’est une bulle. Un endroit où les soignants se serrent les coudes pour mieux affronter une troisième vague violente. Au service de réanimation de l’hôpital Avicenne, il a fallu pousser les murs, et s’adapter à des patients plus jeunes et des cas plus critiques. »

La souffrance des soignants

Le 24 avril, France Inter s’est également intéressé à l’état psychique des soignants, souvent à bout de force. « Surmenage, harcèlement, suicide... À l’hôpital, des internes à bout de forces » "Depuis quelques jours, la fatigue des internes confrontés à une surcharge de travail liée au Covid reçoit une attention particulière. Mais le phénomène d'épuisement, et parfois de harcèlement, dont ils sont victimes et qui pousse certains jusqu'au suicide, existe depuis bien longtemps."
Des inquiétudes également relayées par France Info, le 26 avril. "Hôpital : quand les soignants désertent la profession". "Epuisés par une année de lutte contre le Covid-19 ou désabusés par la dégradation de leurs conditions de travail, de nombreux soignants quittent la profession. Pour pallier à cet exode, le gouvernement a annoncé un budget de 740 millions d'euros ». Et de citer l’exemple d’Alissia Lohéac, ancienne aide-soignante. « Elle était en renfort à Paris lors de la première et deuxième vague de Covid-19. Après douze ans de métier, elle a décidé d'arrêter. "Quand j'ai commencé aide-soignante, j'ai vraiment choisi à être en réanimation. J'avais, en tant qu'aide-soignante, trois patients à charge. Quand j'étais en renfort sur cette deuxième vague, je me suis retrouvée à avoir six patients en réanimation, explique cette dernière. Les années passent, et Alissia Lohéac constate que ces conditions de travail se dégradent, elle doit subir une charge de travail plus importante avec moins de moyens. "Je me suis déjà vu rentrer chez moi et ne pas réussir à me regarder dans une glace parce que je n'ai pas été gentille avec des patients ou parce que je n'ai pas eu le temps de communiquer avec eux, parce que j'ai laissé trainer des sonnettes pendant des heures, parce que je n'avais pas le temps de répondre", explique la jeune femme.

Motif d'espoir ?

Retenons enfin dans l’actualité législative l’adoption par l’Assemblée nationale le 14 avril de la proposition de loi visant à "améliorer le système de santé par la confiance et la simplification", concrétisant les engagements du Ségur. « Accorder aux établissements plus de souplesse dans leur organisation, remédicaliser la gouvernance des hôpitaux, redonner au service hospitalier une plus grande place dans la décision et mettre un terme au mercenariat de l’intérim médical: les mesures votées doivent permettre d’améliorer durablement le quotidien des soignants et l’organisation des établissements de santé », indique Betty Mamane, dans Réseau, hôpital et GHT.

 

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