Avril 2022 : des attentes fortes au lendemain de l'élection présidentielle

Avril 2022 : des attentes fortes au lendemain de l'élection présidentielle

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Le mois d’avril a été marqué par la réélection du Président de la République Emmanuel Macron. A l’hôpital, la situation devient explosive et appelle des solutions urgentes.

« Sans surprise ni rupture avec les programmes déclinés durant la campagne, les deux candidats à l’élection présidentielle ont chacun défendu leur formule pour sauver l’hôpital public de « l’effondrement », rapporte Le Monde le 21 avril au lendemain du débat télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. « Pénurie d’infirmiers, services d’urgences obligés de s’arrêter la nuit, « lits » fermés… le reflux de la crise du Covid-19 ces dernières semaines est loin d’avoir mis fin aux maux dont souffrent les établissements de santéChez Emmanuel Macron, il s’agit de poursuivre un « investissement massif » dans la santé. Et ce, dans la droite ligne du plan enclenché par le Ségur de la santé à l’été 2020, avec des revalorisations salariales des personnels hospitaliers de 183 euros par mois, ou encore un investissement de 19 milliards d’euros dans les établissements de santé sur dix ans. « Ça n’est pas suffisant », a-t-il concédé. « Je sais qu’aujourd’hui, ce sont les conditions de travail qui sont les plus dures », a insisté le candidat La République en marche, qui promet de « réembaucher », et pour cela « [d’]attirer des gens à l’hôpital » et « [d’]améliorer les conditions de travail ».
De fait, les appels à « sauver l’hôpital public » se multiplient. « Les comédiennes Jeanne Arènes et Marina Foïs, le chanteur Mathias Malzieu, le cinéaste Laurent Tirard, la réalisatrice Catherine Corsini, le metteur en scène Alexis Michalik, sont tous unis autour d’une même cause : l’hôpital public », indique Paris Match le 22 avril. « Tous ces artistes ont signé la lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron par les soignants de l’hôpital Saint-Louis à Paris. « L'actrice Miou-Miou, les réalisateurs Christophe Honoré et Gilles Taurand, les ont rejoint. Leur service d’immuno-pathologie, « Coquelicot 4 » est menacé de fermeture faute de 11 infirmières de nuit. « Ce service ne peut rester ouvert parce qu’en 2022 en France, une infirmière de nuit gagne 1,07 euros de plus par heure qu’une infirmière de jour », écrivent-ils. Ils évoquent, plus généralement, les problèmes rencontrés par l’hôpital public et se font les porte-voix de leurs collègues partout en France :« Les problèmes chroniques de sous-effectifs contraignent nos hôpitaux à fermer des lits. De nombreux services d’Ile-de-France et de l’ensemble du territoire ont déjà cessé leur activité ».

"Des vacances terrifiantes"

Le 25 avril, c’est Medisite qui alerte sur « l’hôpital en danger » et publie la liste des villes où les services d’urgence ferment régulièrement. « Les députés s’évertuent à demander des comptes à notre ministre, les soignants et les syndicats lui écrivent, les élus et associations sont mobilisés, les hôpitaux s’inquiètent, les grèves se multiplient, les pétitions aussi… Et pourtant, aucune position ayant de la hauteur n’est prise sur le sujet. C’est inadmissible ! Les pouvoirs publics laissent l’hôpital mourir. C’est ainsi, la triste réalité !”, s’indigne dans un communiqué le Dr Arnaud Chiche, Président du collectif Santé en danger. L’association a publié le 21 avril dernier, une liste des hôpitaux ayant déclenché un plan blanc entre février et avril 2022. »
Et à l’approche de l’été, France Info relaie le 28 avril la mise en garde de syndicats et directions qui s'inquiètent du manque de personnel et prévoient "des vacances terrifiantes". "C'est la première fois qu'on voit au mois d'avril, au printemps, un absentéisme aussi fort", affirme Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France.
Les Parlementaires dressent un constat non moins sévère. Comme le rapporte Vie publique, le 12 avril « Un rapport sénatorial pointe des dysfonctionnements liés aux conditions de travail, à la gouvernance et à la gestion des urgences. Intitulé Hôpital : sortir des urgences, le rapport de la Commission d’enquête parlementaire a recueilli durant trois mois le témoignage de l'ensemble des acteurs concernés par le sujet. Le rapport constate que les mesures mises en place à la suite du Ségur de la santé (qui s’est déroulé en 2020) n’ont pas répondu à toutes les attentes des professionnels de santé ».

Nouvelle cyberattaque

En ce mois d’avril, le milieu hospitalier déplore par ailleurs une nouvelle cyberattaque…. « Le centre hospitalier de Vitry-le-François (Marne) a été victime d'une cyberattaque «de l'étranger» touchant des données administratives et courriers à des patients, assortie d'une demande de rançon d'1,3 millions de dollars (soit 1,2 million d'euros) pour ne pas les mettre en circulation », indique Le Figaro le 22 avril. « Découverte mardi, cette cyberattaque contre le système d'information du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) Coeur Grand Est, qui comprend neuf établissements dont celui de Vitry-le-François, «a consisté à copier des données informatiques essentiellement administratives», a indiqué le GHT dans un communiqué. «À ce jour, les applications et logiciels utilisés en interne (...) demeurent opérationnels» et «les prises en charge des patients se poursuivent», souligne le GHT, qui a isolé à partir de mercredi soir le système informatique de chaque établissement. »

Deux démarches artistiques

Dans un registre plus positif, les médias relaient également de belles démarches artistiques comme celle de la psychologue Nayla Fondatrice des ateliers d’écriture à l’hôpital Sainte-Anne, qui publie « Les bienfaits de l’écriture, les bienfaits des mots » chez Odile Jacob. « Nayla Chidiac invite le participant à ne pas trop se soucier de la qualité de ses écrits, et ce pour lever les inhibitions, souligne Ouest France le 22 avril. Indissociable de la thérapie par l’écriture, la contrainte (ou la consigne à suivre) a pour vertu de faire surgir des « pensées refoulées et/ou oubliées » ; et l’auteure explique comment. Cela peut prendre la forme de jeux oulipiens par exemple. Outre le journal intime, les haïkus suffisent, en trois vers, « à résumer une vie détruite et à en faire éclore une nouvelle ». Quelques portraits de ses patients rendent compte du processus de guérison. Ainsi Philipp R., abusé sexuellement à 11 ans, a trouvé dans l’écriture de textes de rap un remède à ses crises d’angoisse. »
Le 16 avril, Le Monde a quant à lui choisi de nous présenter « Arnaud Théval, un artiste face aux impensés de l’hôpital. En résidence depuis 2017 à l’Institut Bergonié, celui qui est à la croisée de la philosophie, de la sociologie et de l’art a contribué au réaménagement du centre bordelais de cancérologie, entre connivence et distance critique.
Ce jour frais de la mi-mars est celui de l’inauguration du « chemin de sa Personne » à l’Institut Bergonié à Bordeaux, spécialisé en oncologie : un nouvel espace reliant le bâtiment flambant neuf consacré à la chirurgie à celui plus ancien dévolu aux hospitalisations. Il comprend le réaménagement d’un porche au centre duquel a été pensée une salle consacrée aux usagers de l’hôpital ainsi que la création d’un espace public nommé « place de l’Arc-en-ciel », où l’on peut s’asseoir sur des bancs en bois adossés à une étrange structure évoquant un toit où se reflète le ciel. Grand et mince, vêtu d’un jean, d’un blouson à doublure écossaise et chaussé de Doc Martens, l’artiste Arnaud Théval, à l’origine du projet, se tient, bras dans le dos, derrière François-Xavier Mahon, le directeur général de l’Institut Bergonié, qui prononce son discours inaugural, en costume sombre. Il adresse aux personnes attroupées un sourire complice qui semble flotter sur son visage. Une manière d’incarner ce subtil alliage entre connivence et distance critique qui fonde sa démarche artistique.» Passionnant.

 

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