Cécile Courrèges : "il faut rendre visible la réalité des GHT"

Cécile Courrèges, Directrice générale de l'offre de soins

Pour Cécile Courrèges, "les GHT produisent des effets très concrets qui à court terme faciliteront les parcours des patients et amélioreront l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble des territoires".

La Directrice générale de l'offre de soins nous détaille également les actions du plan national d'accompagnement des établissements et ses prochaines échéances. 

Quelle est la valeur ajoutée des GHT en matière d’offre de soins et d’organisation du parcours patient ?
L’amélioration de l’offre de soins et la fluidification des parcours des patients sont au cœur du projet des Groupements hospitaliers de territoire (GHT). Avec les GHT, les hôpitaux publics doivent désormais se poser la question de la cohérence et de la complémentarité de leur offre de soins pour répondre aux besoins de la population du territoire.
Ce principe de coopération territoriale se décline dans les projets médico-soignants partagés qui définissent notamment des filières de soins communes aux établissements. A titre d’illustration, cela veut dire que les services de médecine gériatrique, ceux de soins de suite spécialisés en gériatrie et les urgences, en lien avec des Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du territoire, vont devoir mieux travailler ensemble et se coordonner autour d’un projet commun. Ce même objectif se retrouve pour d’autres publics et d’autres spécialités.

Par ailleurs, les GHT doivent contribuer à rendre plus accessibles des soins hospitaliers de qualité. A la lecture des projets médico-soignants on peut déjà constater que :
- 9 GHT sur 10 ont prévu de déployer des projets de télémédecine, ce qui aura notamment pour effet de faciliter l’accès à des avis de spécialistes.
- plus de 8 GHT sur 10 ont prévu d’organiser conjointement tout ou partie de leur permanence des soins, ce qui permet de renforcer les liens entre les équipes mais surtout de garantir une meilleure qualité et sécurité des soins.

Les GHT produisent et produiront donc des effets très concrets qui à court terme faciliteront les parcours des patients et amélioreront l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble des territoires.

Quel bilan faites-vous du plan d'accompagnement à la mise en oeuvre des GHT ?
Un plan national d’accompagnement, déployé dès l’année 2016, a été conçu pour appuyer, à titre principal, les établissements : appuis opérationnels d’environ un GHT sur deux, mise à disposition d’outils (une quinzaine de guides, des foires aux questions, des modèles de documents), publication de retours d’expérience (13 monographies thématiques publiées par l’ANAP).
Cet accompagnement a été doté de 17,8 millions d’euros en 2016.
Ces modalités d’accompagnement ont été conçues en réponse aux exigences et attendus posés aux établissements de santé. En effet, ceux-ci ont dû franchir un certain nombre d'étapes (de la rédaction de la convention constitutive à l’élaboration du projet médico-soignant partagé, en passant également par la mise en place de la fonction achat ou la préparation du schéma directeur des systèmes d’information) dans un calendrier serré. Nous avons donc voulu avoir un accompagnement assez technique, de nature à outiller au maximum les établissements pour qu’ils puissent atteindre ces objectifs.

La réforme prend à présent une autre tournure : il s’agit maintenant de mettre en œuvre les projets médico-soignants partagés et de conduire les réorganisations afférentes. C’est la raison pour laquelle nous avons fait évoluer le plan d’accompagnement, avec le lancement d’un appel à projets doté de 25 millions d’euros, portant sur 16 thématiques de mise en œuvre du projet médico-soignant. Il s’agit d’un intéressement forfaitaire financier pour les GHT qui mettront en place des réorganisations sur des thématiques prioritaires comme la gestion prévisionnelle des emplois et compétences, la mise en place d’équipes de territoire, la réorganisation des plateaux techniques, etc.

Un autre enjeu à venir concerne l’accompagnement ciblé des individus afin d’accompagner la transformation des fonctions et des métiers, dans le cadre de la mise en œuvre des GHT. Cela concerne potentiellement l’ensemble des métiers et emplois hospitaliers. Nous avons commencé à travailler à une feuille de route avec les partenaires. Des mesures pourront aussi provenir de la mission que la Ministre a confié à Aurélien Rousseau sur l'accompagnement « ressources humaines » des transformations hospitalières.

La convergence des systèmes d’informations au sein des GHT est au cœur de vos préoccupations. Pouvez-vous nous détailler l’action de la DGOS en la matière ?
La DGOS, en lien avec l’Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) et l’Agence française de la santé numérique (ASIP Santé), accompagne les établissements de différentes façons :
- Elle les outille : des guides, fiches pratiques et thématiques, outils prêts à l’emploi ont été élaborés pour accompagner la convergence des systèmes d’information.
- Elle anime et suit l’avancement : pour la deuxième année, l’ASIP Santé organise des rencontres régionales des équipes en responsabilité, afin de suivre et accompagner l’avancement des schémas directeurs des systèmes d’information.
- Elle finance et incite : outre l’appel à projet, nous finançons largement la transformation numérique des établissements de santé. Hier avec le programme Hôpital Numérique. Demain avec le programme Hop’En qui sera présenté prochainement.

Quel regard portez-vous sur la mise en place d’un site présentant l’actualité des GHT ?
Plus il y a d’information sur la dynamique, mieux c’est. C’est une bonne chose que les établissements adoptent eux aussi cette démarche, en complément de la stratégie de communication que peuvent avoir les pouvoirs publics. Il faut rendre visible cette réalité des GHT.

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