A Rambouillet, aux avant-postes contre le COVID-19: ils témoignent...

Ils s’appellent Chloé, Stéphane, Vanessa, Angélique, Franck, Lydia, Sity, Martine …. Ils sont aide-soignants, cadres de santé, agents logisitiques, techniciens de laboratoire, ingénieurs ou employés administratifs et face au COVID-19, ils font front ensemble en première ligne contre le COVID au centre hospitalier de Rambouillet. Réseau Hôpital et GHT a recueilli leurs témoignages et leurs états d’âme face à cette crise sanitaire inégalée.

«Notre moral et l’attachement à notre métier endiguent la fatigue! » 

Chloé Guinebault, cadre de santé de réanimation

interview dr pacem et mme guinebault ok

Chloé Guinebault (à droite) avec le Dr Ahmed Pacem, chef du service de réanimation

«Avec ce virus, les services de réanimation sont devenus le poumon des hôpitaux. Le COVID19 les a mis en première ligne. C’est une course pour la vie qui s’est imposée à nous. Nous avons essayé au mieux d’anticiper la préparation de notre service. Lorsque cette déferlante a commencé à envahir les départements d’Ile de France, notre objectif a été de maintenir une longueur d’avance sur le flux de patients supplémentaires.
En moins de 48h, nous avons dû augmenter de 60% notre effectif paramédical et médical. Nous avons fait passer notre service de 8 lits de réanimation à 16 lits de réanimation COVID + Pour faire face à l’arrivée massive de patients COVID+, nous avons dû transformer la salle de réveil au bloc opératoire en réanimation avec 4 lits de réanimations COVID-.
Nous avons «poussé les murs», avec comme ligne directrice la prise en charge optimale de nos patients. Toute cette réorganisation au sein du service de la réanimation, et même bien au-delà, n’aurait pu se faire sans la mobilisation et l’implication de tous. Jamais le mot entraide n’aura connu meilleure résonnance.
La cellule de crise, mise en place tous les jours, pour faire remonter les difficultés et ainsi ajuster des actions en est le parfait exemple. Chacun de nous est force de proposition. Nous déployons tous une belle énergie et un dynamisme sans faille pour mener à bien cette mission, celle de gagner contre le COVID19 cette course pour la vie.
Aujourd’hui, toujours en plein combat contre le COVID, mieux organisés et solidaires, nous affrontons ce marathon avec détermination. Nous ne savons pas jusqu’où ira cette pandémie. Nous savons seulement que l’ascension va être ardue, et nous nous y préparons physiquement, et moralement.
Notre moral et l’attachement à notre métier endiguent la fatigue. Les encouragements de tous sont la vitamine qui forge notre immunité. Car derrière un nuage il y a toujours un arc en ciel!»

« Cette crise révèle une belle solidarité entre les différents acteurs de l’hôpital.»

 Stéphane Fargetas, ingénieur biomédical

stephane ok

«La crise à laquelle nous faisons face a mis en avant notre capacité d’adaptation: nous avons doublé notre capacité réanimatoire en un temps record. L’esprit d’équipe s’est révélé. Mais nous ne pouvons plus assurer le travail de fond: nous ne sommes que dans la réponse urgente, comme l’exige la situation actuelle. Nous faisons face à la crise sanitaire. Nous travaillons dans une telle cohésion que nous sommes capables de trouver des solutions et d’être particulièrement réactifs. L’entraide est primordiale et cette crise révèle une belle solidarité entre les différents acteurs de l’hôpital.»

«Il y a de nombreux arrêts de travail, le planning est régulièrement chamboulé, mais malgré la fatigue et le stress les équipes sur le terrain restent soudées. »

Vanessa Berlu, aide-soignante à l'EHPAD de Rambouillet

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«Nous avons dû revoir notre organisation mais cela reste compliqué dans l'unité protégée dans laquelle je travaille. Demander à des personnes qui passent leur journée à déambuler de rester dans leurs chambres est quasi impossible. Leur surveillance est d'autant plus difficile. Mais nous faisons au mieux. Nous nous adaptons aux personnes comme nous avions l'habitude de le faire avant cette pandémie. Il y a de nombreux arrêts de travail, le planning est régulièrement chamboulé, mais malgré la fatigue et le stress les équipes sur le terrain restent soudées.
Le quotidien est plutôt morose je dois l'avouer. La famille et les amis manquent énormément. Je m'inquiète pour eux, tous les jours. Un appel vidéo ne remplacera jamais une étreinte. Les projets et les vacances restent en suspens. Les moyens de décompresser (ballades, cinéma...) sont interdits. C’est dur, il n'y a plus que le travail.
Restez chez vous ! Cette phrase peut paraître banale mais il n'y a que cela à faire pour que cette situation se termine au plus vite et sans trop de dégâts.

« Des gens qui ne se connaissent pas s’entraident mutuellement. De grandes familles sont en train de se créer.»

Angélique Laffont, responsable des assistants médico-administratifs

angélique ok

Cette situation inédite et complexe appelle la solidarité et l’entraide dans les équipes. Chacun n’hésite pas à dépasser son champ d’action pour satisfaire la demande liée à la crise. Nous gérons le quotidien au fil de l’eau et nous nous adaptons à de nouvelles organisations jamais mises en place auparavant. Tout est fait au pied levé. La gestion de projet est pour le moment suspendue pour laisser place à l’urgence, à un travail minute par minute. Nous gérons une médecine de catastrophe. De grandes familles sont en train de se créer. Des gens qui ne se connaissent pas s’entraident mutuellement. Les équipes s’appellent entre elles pour prendre des nouvelles.»

«Je suis moralement solidaire des autres professionnels qui sont plus en difficulté que moi.»

Franck Lelig, agent logistique, secteur lingerie

franck ok

«Je sens que l’atmosphère a changé, les collègues sont anxieux et stressés. Certains disent même venir au travail «avec une boule au ventre». A la lingerie, nous avons d’ordinaire 2 circuits de fonctionnement, l’un en interne, l’autre par une lingerie intra-hospitalière. A l’heure actuelle, notre organisation a été modifiée afin d’assurer une plus grande rotation du linge en particulier pour les services des urgences et du bloc opératoire. Je viens donc plus tôt au travail pour assurer les livraisons du linge et la manutention des machines. Ma femme ne travaille plus et mes enfants sont à la maison. Tout le monde est confiné. Chez moi, je n’écoute plus les informations sur le sujet de l’épidémie car j’en entends parler toute la journée au travail. Je sens que ma fatigue augmente mais je reste zen. Je suis moralement solidaire des autres professionnels qui sont plus en difficulté que moi.»

«Espérons que la mobilisation de l’hôpital public dans ce moment de crise extrême ne sera pas oublié trop vite après...»

Lydia, Sity et Martine, techniciennes du service de biologie médicale

«Il est si difficile de se projeter dans les semaines et les mois à venir. Arrivera-t-on à endiguer cette pandémie? Nous avons vu augmenter notre charge de travail avec le doublement du personnel sur certaines plages horaires. Le service de biologie médicale fonctionne actuellement de 7h du matin, jusqu’à plus de 20h30. Un «bilan COVID» est plus complet et plus long à réaliser qu’un bilan d’urgence classique. Sans parler de la nécessité de prendre plus de précautions vis-à-vis des prélèvements (réorganisation effectuée). Nous avons forcément dû nous rendre beaucoup plus disponibles pour le laboratoire et certains ont annulé leurs vacances. Espérons que la mobilisation de l’hôpital public dans ce moment de crise extrême ne sera pas oublié trop vite après. En attendant, nous sommes vraiment émus par tous les élans de solidarité.»

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