Psychiatrie : le droit de réponse du GH du Havre à l'émission «Pièces à conviction»

Groupe Hospitalier du Havre

Suite au reportage de l'émission "Pièces à Conviction" diffusée mercredi 10 avril sur France 3 qui dénonce le retard français en santé mentale, le Groupe Hospitalier du Havre regrette le traitement médiatique qui pointe les dysfonctionnements sans évoquer les efforts de remise à niveau en cours. L'établissement déplore le non-respect de la parole donnée du journaliste et dénonce «les propos infondés, exagérés voire même faux de certains agents.

Le Groupe Hospitalier du Havre tient à rétablir certains faits:
- Sur les «cachetons», l’établissement relève que le propos émane d’un infirmier qui n’a aucune compétence à prescrire des médicaments ;
- sur le fait d’être «seul pour 15 patients en crise», l’aide-soignante qui s’exprime est effectivement la seule aide-soignante de quart mais elle est accompagnée par ses collègues infirmières.
- sur l’absence de formation aux contentions alors le GHH rappelle qu’il en prescrit peu (23 sur toute l’année 2018). Par ailleurs, cette critique est portée par un infirmier affecté à une équipe extra hospitalière qui par nature, ne réalise pas de contention
- sur la salle de bain insalubre que l’on montre avant même son nettoyage. On ne voit rien de plus qu’un seul sac poubelle à terre.
- sur les fameux postes «temporaires», l’établissement rectifie que ces postes sont restés permanents

Enfin, le directeur général, Martin Trelcat, a accordé une interview sans langue de bois qui a duré plus d’une heure. Or, sur ce temps d'explication, seules deux petites phrases ont été retenues… Le reportage aurait pu souligner les moyens engagés depuis plusieurs années pour recruter des effectifs (+34 postes de soignants et 5 postes de médecins) et rénover des bâtiments (300 000 euros de travaux de réaménagement en 2019, suivi d’un projet de réhabilitation totale de 15 millions d’euros pour 2020-2024 inscrits au PGFP de l’établissement).

Aucun de ces points n’a été retenu.

Au lieu de cela, un enchaînement de prises de vues mêle des images datant d’avant l’été 2018, de décembre 2018 (date de la présence des journalistes au Havre) et des plans plus récents. De ce fait, les commentaires sont inadaptés puisqu’entre temps la situation a évolué.
Ces pratiques introduisent doutes et confusions chez le téléspectateur et ne reflètent pas la réalité, ce qui est pourtant le but de toute émission d'information.

Le Groupe Hospitalier du Havre veut croire qu’en France, une autre information est possible, plus respectueuse des faits et des personnes, qui intègre dans son propos la complexité des situations. C’est en maîtrisant cet exercice que la presse réussira à se différencier du manichéisme des réseaux sociaux.

Lien vers l’émission: "Pièces à conviction"- France 3

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