Nouvelle avancée dans l'identification de biomarqueurs de la schizophrénie par une équipe de l'INSERM et du GHU Paris

Une étude menée dans le cadre du projet de recherche hospitalo-universitaire PsyCARE par l’équipe du Pr Marie-Odile Krebs au sein de l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris (INSERM U1266) et du GHU Paris psychiatrie & neurosciences a montré que l’expression de plusieurs gènes jouant un rôle important dans le développement neuronal et synaptique était dérégulée pendant la transition psychotique (Scientific Reports, 2020)*.

Les troubles psychotiques, dont la schizophrénie, sont un enjeu majeur de santé publique. Ils sont fréquents (2 à 3% de la population) et touchent chaque année en France environ 15 000 adolescents et jeunes adultes supplémentaires. Ils se caractérisent par un ensemble de symptômes traduisant un dysfonctionnement du cerveau chez les personnes qui en sont atteintes : interprétation altérée du monde réel, délires, hallucinations, modification de leurs émotions, difficultés pour réfléchir ou pour s’exprimer, tendance à s’isoler ou à ne plus prendre soin d’elles. Le retentissement de ces maladies mentales tant sur la vie personnelle que professionnelle est à la fois majeur et durable ; les troubles psychotiques représentent ainsi la troisième cause de handicap chez l’adulte.

Les troubles psychotiques démarrent généralement à l’adolescence après une période dite «à risque» pendant laquelle ces jeunes présentent des symptômes atténués. Parmi ces jeunes à risque environ un tiers développeront une psychose alors que d’autres évolueront favorablement. Comment expliquer ces différences d’évolution? Peut-on développer des examens biologiques pour prédire l’apparition de la maladie chez ces jeunes? Est-il possible d’intervenir de manière précoce pour traiter dès les premiers symptômes voire empêcher l’évolution vers la schizophrénie? C’est le défi du programme PsyCARE et une nouvelle étude réalisée au sein de l’équipe par la doctorante Fanny Demars et le Dr Boris Chaumette apporte des réponses prometteuses à ces questions.

Les gènes de la famille YWHA en ligne de mire

L’apparition de la psychose résulte souvent d’une combinaison de facteurs biologiques, en particulier génétiques, et d’une exposition à des facteurs environnementaux (consommation de substances comme le cannabis, stress psychosocial…) qui modifient l’expression des gènes. L’équipe du Pr Krebs a étudié spécifiquement les gènes de la famille YWHA, qui jouent un rôle dans le développement du cerveau, le fonctionnement des synapses et la fabrication de certains neurotransmetteurs (sérotonine et do-pamine). Des différences dans l’expression de ces gènes étaient déjà détectables dans le sang des individus à risque, avant même qu’ils ne développent une psychose. Ces gènes codent des protéines appelées 14-3-3, qui sont déjà dosées en neurologie dans différentes pathologies neurodégénératives. Le dosage sanguin de ces protéines pourrait servir de biomarqueurs pour prédire l’apparition de la maladie et permettre une prise en charge précoce et donc plus efficace des individus à risque.

Une piste thérapeutique

Dans l’étude, plusieurs de ces gènes YWHA s’exprimaient différemment au cours du suivi médical de ces jeunes développant une psychose. Ces résultats incitent à développer des molécules thérapeutiques ciblant ces gènes.
Cependant, le rôle exact de ces gènes au cours de l’apparition de la maladie reste à préciser et nécessite d’être confirmé. Pour y parvenir, l’équipe du Pr Krebs s’appuiera sur le recrutement de 500 patients présentant des premiers signes de psychose dans le cadre de l’étude PsyCARE menée sur 5 ans.

A propos du projet RHU PsyCARE
Le projet PsyCARE («Intervention précoce dans la psychose : vers une psy-chiatrie préventive et personnalisée») est piloté par le Pr Marie-Odile Krebs, Chef de pôle au GHU Paris/Sainte-Anne et coordonné par l’INSERM. Il s’agit du premier RHU dédié à un projet relevant de la psychiatrie et il a débuté en janvier 2020 pour une durée de 5 ans. Il se propose de développer et de tester un en-semble d'outils innovants afin de faciliter l'accès aux soins, d’améliorer la détection précoce et d’offrir des programmes thérapeutiques personnalisés aux jeunes patients concernés par la psychose, à l’échelle nationale. PsyCARE regroupe un consortium national issu de l’Institut de Psychiatrie https://idpsy.org/, incluant experts académiques en neurosciences et en bioinformatique, et centres cliniques d’excellence dans le domaine de la psychose, avec le partenariat d’entreprises innovantes. Le projet est porté par le GHU Paris Psychiatrie & neurosciences et par l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris.

* https://www.nature.com/articles/s41598-020-66901-1

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