La campagne digitale se poursuit pour inciter les adolescents à parler de leur santé mentale

La campagne digitale se poursuit pour inciter les adolescents à parler de leur santé mentale

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Face à la dégradation de la santé mentale adolescente, Santé publique France et le ministère des Solidarités et de la Santé ont lancé depuis le 14 juin le volet « Ados » #JenParleA de la campagne de sensibilisation à la santé mentale, initiée en avril 2021. Entièrement digitale, cette campagne a pour but de libérer la parole et de proposer aux adolescents en souffrance de s’adresser à Fil Santé Jeunes.

La pandémie COVID-19 et les différentes mesures qu’elle a engendrées ont impacté la santé mentale de toute la population dont les enfants et les adolescents. « Suite à la mise en place du 2e confinement et à l’installation dans le temps de la crise sanitaire, certains signaux de dégradation de la santé mentale des adolescents (démotivation, décrochage scolaire, repli, refus scolaire anxieux) ont été constatés par des professionnels de l’Éducation nationale, pédiatres et pédopsychiatres », indique Santé publique France qui souligne l'observation d'une aggravation début 2021.

Suite à l’augmentation des états anxieux et dépressifs observée avec la deuxième vague épidémique (octobre 2020), une campagne nationale de sensibilisation « En parler, c’est déjà se soigner  », à destination des plus de 18 ans, a été lancée au mois d’avril 2021. « Aujourd’hui, pour répondre à la dégradation de la santé mentale des adolescents observée ces derniers mois, il apparaît nécessaire de lancer une campagne spécifiquement dédiée à cette cible », explique Santé publique France.

Dégradation de la santé mentale depuis le premier confinement

Depuis le début de la crise sanitaire, comme sur l’ensemble de la population, une forte dégradation de la santé mentale des adolescents a été observée par les professionnels de l’éducation mais aussi par des pédiatres et pédopsychiatres. Plus particulièrement à partir du mois de novembre, sur les versants anxieux et dépressifs.
Les données de surveillance des passages aux urgences du réseau Oscour montrent depuis le début de l'année 2021:
- une augmentation des passages aux urgences pour troubles de l’humeur (incluant les troubles dépressifs) observée depuis la rentrée scolaire 2020-2021 et se poursuivant encore en mai 2021
- une augmentation marquée des passages aux urgences pour geste suicidaire et idées suicidaires 
- dans une moindre mesure, une hausse des passages pour troubles alimentaires
Pour ces 3 indicateurs, l’augmentation concerne les enfants et adolescents de 11 à 17 ans et en particulier les 11-14 ans.

Des inégalités de santé mentale

Parallèlement, Santé publique France pointe les résultats de l’étude CONFEADO, réalisée avec l'hôpital Avicenne de Bobigny, l'Université Sorbonne Paris Nord auprès des jeunes âgés de 9 à 18 ans, dont les enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance. Les premiers résultats mettent en évidence des disparités en santé mentale, classiquement retrouvées selon l’âge et le sexe avec une santé mentale plus impactée chez les adolescents (13-18 ans), que chez les enfants (9-12 ans) et également plus impactée chez les filles que chez les garçons.

Ces résultats font également ressortir une nette fracture sociale. Les enfants et adolescents issus de familles plus vulnérables (monoparentales, avec un niveau d’étude plus faible, davantage ouvriers ou employés, nés à l’étranger), ayant des conditions de vie plus difficiles (difficultés financières et alimentaires, logement sur occupé ou sans accès à l’extérieur) et en situation d’isolement social, ont ressenti davantage de détresse psychologique. D'autres facteurs sont également associés à ce sentiment, comme le manque d'activités, la crise sanitaire ou encore l'hospitalisation d'un proche suite au Covid-19.

Une campagne 100% digitale

Cette campagne a pour objectif d'inciter les jeunes à parler à un tiers et à recourir au dispositif d’aide à distance Fil Santé Jeunes. Ce service anonyme et gratuit à destination des jeunes de 12 à 25 ans propose une ligne d’écoute accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h, un site internet mettant à disposition de l’information, un forum, un chat, et une orientation vers des structures d’aide. Ces services sont dispensés par des médecins, psychologues, éducateurs et conseillers spécialisés.

Par ailleurs, une vingtaine d’influenceurs, influenceuses et de célébrités se sont associés à la campagne. L’objectif est d’encourager l’ouverture du dialogue et la libération de la parole autour des problématiques de santé mentale en lançant le mouvement #JenParleA

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