COVID-19 : la HAS favorable à la vaccination des enfants de 5 à 11 ans

COVID-19 : la HAS favorable à la vaccination des enfants de 5 à 11 ans

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Dans un contexte épidémique marqué par la cinquième vague, la Haute Autorité de santé (HAS) s'est prononcée en faveur de l’élargissement de la vaccination aux enfants de 5 à 11 ans sans obligation et sans que cela conditionne l’obtention d’un passe sanitaire. Cette vaccination, qui doit prioriser les enfants de moins de 12 ans scolarisés au collège, peut être réalisée dès la mise à disposition de la formulation pédiatrique du vaccin Comirnaty® de Pfizer.

Pour rendre cet avis en faveur de l’élargissement de la vaccination aux enfants de 5 à 11 ans, la Haute Autorité de santé a notamment pris en compte l’analyse des études cliniques fournies par le laboratoire Pfizer, les données de pharmacovigilance internationales disponibles à date, les modélisations mathématiques sur l’impact de la vaccination des enfants sur l’épidémie, les positions des différentes parties prenantes auditionnées (associations d’usagers et de parents d’élèves, professionnels de santé, Education nationale…) ainsi que l’avis du Comité consultatif national d’éthique.

Motivations

La HAS relève ainsi que si les formes sévères de Covid-19 affectent rarement les enfants, «lorsque c’est le cas, près de 80 % d’entre elles sont retrouvées chez des enfants sans comorbidités. Par ailleurs, dans le contexte de l’arrivée du variant Omicron, plus contagieux que le variant Delta, on peut donc s’attendre à une augmentation des cas de formes sévères chez les plus jeunes».

En outre, «dans sa formulation pédiatrique adaptée, le vaccin présente une très bonne efficacité contre les variants majoritaires circulant actuellement et sa capacité à prévenir les formes sévères est excellente. Ainsi, bien que moins important que chez les adultes, le rapport bénéfices/risques de la vaccination des enfants en bonne santé sur le plan individuel (établi par l’EMA et la FDA et confirmé par les données en vie réelle, portant sur plus de 10 millions d’enfants vaccinés) est-il favorable, en particulier dans le contexte actuel d’augmentation de l’incidence de la maladie en France».

L’impact de la vaccination des enfants pourrait par ailleurs «potentiellement réduire l’impact de vagues ultérieures en réduisant la circulation du virus dans la population générale». Même si la HAS note que cette possibilité reste «dépendante des hypothèses sur le maintien de l’efficacité vaccinale (probablement diminuée vis-à-vis du variant Omicron) et de la couverture vaccinale chez les enfants, donc de l’adhésion des parents (aujourd’hui limitée) et des professionnels à la vaccination»

Précisions

La HAS propose «de prioriser la vaccination des collégiens de moins de 12 ans», afin de compléter rapidement la campagne de vaccination des enfants âgés de 12 ans et plus. Elle préconise également que la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans puisse se faire dans le cadre d’une décision médicale partagée, sans la rendre exigible ni obligatoire, après avoir apporté, aux familles ainsi qu’aux enfants, une information claire et adaptée à leur âge, sur la connaissance des bénéfices et des risques liés à l’administration de ce vaccin.

La vaccination des enfants doit aussi être précédée par la réalisation d’un TROD sérologique (en l’absence d’antécédent connu et documenté de Covid-19) afin de limiter l’administration du vaccin à une seule dose en cas de test positif.

Enfin, au vu des premières données indiquant une perte d’efficacité vaccinale au cours du temps contre le variant Omicron et les données limitées en faveur d’un espacement de l’intervalle entre les deux doses, la HAS recommande que le délai entre les deux doses de vaccin soit espacé de 21 jours, conformément au schéma vaccinal de l’AMM.

Pédagogie

Pour favoriser cette démarche vaccinale, la HAS tient à souligner l’importance de la place des pédiatres et des médecins traitants. «En effet, au vu du faible niveau d’acceptabilité des parents pour cette tranche d’âge, il est particulièrement important que les informations nécessaires puissent leur être apportées et qu’ils aient la possibilité d’obtenir des réponses adaptées à leurs questions. En outre, des informations relatives à la vaccination devraient également être relayées dès début janvier 2022 par l’Education nationale, et notamment avec l’aide des professionels de santé scolaire, dont le rôle est majeur pour un public de cet âge, comme cela a été souligné par les parties prenantes auditionnées.»

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