« La douleur, c’est pas dans la tête »

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Près de cinquante associations - AFA Crohn RCH, AFM Téléthon, Alliance maladies rares, APF France handicap, France Parkinson, La Ligue contre le cancer, Les Petits frères des pauvres, Renaloo, UFC que Choisir… - dénoncent les insuffisances notoires dans la prise en charge de la douleur, et leurs conséquences dramatiques pour les personnes concernées.

Le 21 octobre, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la douleur, instaurée par l’International Association for the Study of Pain (IASP), près de cinquante associations ont rappelé que la douleur est le premier motif de consultation aux urgences et en médecine générale. Plus de 12 millions de Français-es souffrent de douleurs chroniques. « Pourtant, malgré trois « Plans douleur » mis en place entre 1998 et 2011, 70% des personnes concernées ne bénéficient toujours pas d’un traitement approprié. Moins de 3% d’entre elles sont prises en charge dans un des centres spécialisés, lesquels manquent cruellement de moyens. La douleur présente lors de la fin de vie ne bénéficie pas non plus de l’attention nécessaire et de l’accompagnement adéquat. Pour nous, associations de personnes concernées, la prise en charge de la douleur en France n’est pas à la hauteur des besoins. La douleur provoquée par les soins est par ailleurs trop souvent négligée au profit des seuls objectifs de guérison. Elle reste difficile à repérer et parfois considérée avec une certaine désinvolture. Sa reconnaissance reste très récente, surtout pour les adultes. »

Un impact sur les soignés et... sur les soignants

La douleur a pourtant un double impact : sur les soignés-ées, leur qualité de vie et la préservation de leurs chances thérapeutiques (anxiété, dépression, refus de soin…) ; et sur les soignants-es (sensation d’échec, démotivation, épuisement). La relation de confiance soignant-soigné, socle d’une prise en charge de qualité, s’en trouve significativement affectée. L’absence de prise en charge de la douleur a également un coût financier notable pour la société : désinsertion professionnelle, dépenses majorées de santé…
Les associations signataires demandent donc en urgence une reconnaissance et une prise en charge efficiente de la douleur, comme de la souffrance psychique qui y est associée : « Nous appelons les pouvoirs publics à faire de la douleur une véritable priorité des politiques publiques de santé, et à garantir le droit pour chaque malade de recevoir « le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées », tel que prévu par la loi (Article L1110-5 du code de la santé publique). Pour ce faire, nous demandons que les propositions de France Assos Santé pour la prévention et la prise en charge de la douleur soient enfin mises en œuvre. Notamment : développer les actions prévenant la douleur, notamment la douleur chronique ; reconnaître, évaluer la douleur et la prendre en charge ; développer l’information et la formation ; reconnaître la médecine de la douleur comme une vraie spécialité médicale et investir dans la recherche et les études ».

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