A Troyes, une nouvelle activité d'autogreffe au service Hématologie 

L'une des chambres à flux

L’autogreffe permet de régénérer les cellules de la moelle détruites lors des traitements de chimiothérapie intensive. Elle est réalisée pour limiter les risques de la chimiothérapie intensive qui entraine une aplasie, c'est-à-dire l’arrêt du fonctionnement normal de la moelle osseuse. Cette nouvelle activité représente donc une amélioration de la qualité des soins et un élargissement de l’offre de soins, permettant de répondre aux attentes des patients en matière de spécialisation, dans la proximité et en partenariat avec des grands centres universitaires.

Le traitement par autogreffe, désormais disponible au centre hospitalier de Troyes, s’adresse essentiellement aux patients atteints de maladie tumorale des ganglions ou de la moelle osseuse (myélome, lymphome). La décision de réaliser une autogreffe est médicale, après discussion au cours d’une réunion multidisciplinaire basée sur des recommandations des sociétés savantes d’hématologie.

schémaaplasie

 

Il existe quelques à la réalisation de ce traitement :
- une réponse, c’est-à-dire une diminution significative de la maladie, à la chimiothérapie d’induction (traitement initial);
- l’autogreffe se pratique dans un deuxième temps, comme traitement de consolidation, soit directement après la première ligne de chimiothérapie, soit après la deuxième réponse suite à une rechute;
- un fonctionnement cardiaque, pulmonaire, hépatique et rénal correct;
- un accès veineux central, c’est-à-dire un cathéter central, permettant de perfuser de nombreux produits sans risque pour les veines des bras.
L’hospitalisation dure en moyenne trois semaines, dans le secteur protégé comportant deux chambres à flux. Pendant toute l’autogreffe, le patient est isolé, seul le conjoint est autorisé pour les visites pendant la période où les défenses immunitaires sont les plus basses, pour ne pas augmenter les risques d’infection. Pendant cette période de défense immunitaire très basse, le personnel et les visiteurs porteront un masque et une surblouse. Les contacts directs seront limités au maximum. La durée de la chimiothérapie varie de un jour à six jours, selon la pathologie traitée. Elle est administrée par perfusion et adaptée au poids et à la taille du patient.

La réinjection des cellules souches périphériques

24 à 48 heures après la fin de la chimiothérapie, alors que celle-ci est éliminée du corps, on réinjecte par voie intraveineuse (perfusion) le greffon de cellules souches qui est décongelé le jour de la réinjection dans un délai de 3 heures maximum. Cette perfusion dure moins d’une demi-heure et n’entraîne, en général, pas d’effets secondaires. Les cellules souches vont circuler dans le sang, puis retourner dans la moelle osseuse pour y fabriquer de nouveaux globules blancs, rouges et de nouvelles plaquettes dans un délai variable selon le type de chimiothérapie reçue, entre 10 et 12 jours environ.
Pendant toute la durée de l’aplasie, le patient reçoit un traitement antibiotique, antifongique, antiviral de prophylaxie. Il bénéficie d’une surveillance clinique et biologique étroite. En cas de complication infectieuse, le traitement sera adapté. Dans les cas de complications plus graves, le service d’hématologie peut avoir une collaboration avec le service de soins continus et/ou de réanimation du centre hospitalier de Troyes qui est équipé d’une chambre à flux pour ne pas rompre l’isolement protecteur.

Un équipe de travail pluridisciplinaire 

L'équipe du CH de Troyes a acquis des connaissances et des compétences à l’aide de formations dispensées par les médecins du service et l’équipe du centre hospitalier universitaire de Saint-Antoine (Paris).
Les compétences et les connaissances sont essentiellement basées :
- sur la prévention des complications (infectieuses et hématologiques) ;
- Sur la mise en place de soins relationnels compte tenu de la particularité des prises en charge (isolement protecteur, durée et variations dans l’état de santé du patients, angoisse de la maladie) ;
- sur l’acquisition des gestes techniques : connaissance et organisation du travail (chimiothérapies, transfusions massives, sepsis).

Les procédures et les protocoles ont été rédigés selon les règles de bonnes pratiques communiquées par la société savante d’hématologie.La réalisation de l’autogreffe au centre hospitalier de Troyes est le fruit d’un travail collectif. Offrir un tel traitement au patient dès le début de sa maladie, assure la continuité des soins dans le même centre du début jusqu’à la fin de sa prise en charge. 

Le service d’hématologie est doté de 10 lits dont 2 chambres d’isolement à flux. Il est situé au sein d’un service commun d’oncologie/hématologie de 27 lits en tout composé de 12 infirmières, 12 aides-soignantes, 1 cadre de santé, du temps de psychologue et de diététicienne.
5 médecins hématologues travaillent au CH de Troyes.
 
Contact
GHT de l'Aube et du Sézannais
Centre hospitalier de Troyes
101 AVENUE ANATOLE FRANCE, 10003 Troyes

 

 

 

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