Enquête : les Français bons élèves en prévention...mais sans toujours le savoir

En matière de prévention santé, les Français sont des «Monsieur Jourdain» : ils en font grand cas… mais sans le savoir. Telles sont parmi les conclusions du Baromètre santé 360° réalisé par Odoxa pour NEHs sur les Français et la prévention santé*. 54% des Français disent ne pas connaître la prévention-santé. Pourtant, 80% d’entre eux se disent «attentifs» à leur prévention. Ils se sentent globalement assez bien informés (68%) sur les bons comportements à adopter même si beaucoup estiment qu’ils peuvent «mieux faire». 

Médecins et patients sont d’accord: mieux vaut prévenir que guérir

Les Français (57%) et les médecins (88%) sont persuadés qu’il est plus efficace d’améliorer la prévention que de chercher à parvenir à mieux soigner. Et ils estiment qu’«une meilleure sensibilisation faite aux patients par les médecins et les pharmaciens » qui serait le moyen le plus efficace.

7 sur 10 sensibilisés à la prévention santé… le plus souvent par leurs médecins

En revanche, les campagnes d’informations ont, selon eux, nettement moins joué dans leur sensibilisation (seulement 1 sur 10 a été sensibilisé de cette façon).

L’arrêt du tabac d’abord !

L’arrêt ou la limitation du tabac représente, de loin, le « bon comportement » de prévention le plus souvent adopté par les Français et celui perçu comme ayant le plus fort impact sur la santé par les médecins. En revanche deux comportements méritent encore d’être plus efficacement promus : la pratique sportive et l’arrêt ou la limitation de la consommation d’alcool.

Une majorité de Français a recours à des consultations préventives

Plus des trois-quarts (76%) des Français ont effectué au moins une consultation préventive. Le bilan des cancers spécifiques est particulièrement élevé avec 43% des Français ayant consulté préventivement ; le chiffre atteint même une majorité de 55% des 50-64 ans pour culminer à 63% auprès des plus de 65 ans.

Des différences générationnelles et sociologiques dans les comportements

Plus on est âgé et plus on est informé et sensibilisé au sujet et plus on met en pratique ces connaissances pour avoir les bons comportements de prévention. Le fait d’être attentif à son «bon comportement en termes de prévention» passe de 65% auprès des 18-24 ans ans à 90% auprès des plus de 65 ans, soit une progression de 25 points!

barometre odoxa prevention disparite

De même, plus on est aisé et éduqué et plus on est sensibilisé au sujet… plus on est «pauvre» et peu éduqué et moins on connait et met en pratique une bonne prévention santé. Ainsi sur la connaissance de la prévention santé l’écart est de 13 points entre les catégories populaires et les catégories sociales dites supérieures. Idem sur le niveau de diplôme: 54% des Français ayant un diplôme supérieur au bac se disent informés, alors que seulement 42% de ceux qui ont un diplôme inférieur au bac le sont.
Résultat, ces différences sociologiques sur l’information et «l’attention» à la prévention ont des conséquences sur l’application des bons comportements.

La politique de santé en bonne place dans l’opinion des Français

90% des Français pensent que la prévention-santé occupe une place importante ou prioritaire dans les politiques de santé publique.
Parmi les grands acteurs institutionnels, c’est le Ministère de la Santé qui est perçu comme étant l’acteur «le plus légitime et efficace pour apporter des informations santé pratiques susceptibles de guider les gens au quotidien». Il est cité en tête avec 43% des citations, devant les organismes parapublics (2èmes avec 26%) tels que la HAS ou Santé Publique France et devant les universités françaises en santé (20%). Attaché à l’idée de service public, tous ces organismes sont 9 fois plus cités que le privé.

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Le plan santé et le service sanitaire largement méconnus

En revanche, le plan national de prévention santé présenté par Agnès Buzyn est encore largement méconnu : seul 1 Français sur 2 en a entendu parler et 1 médecin sur 2 ne sait pas très bien en quoi il consiste. Mais dans l’ensemble, les personnes informées croient majoritairement à son efficacité.
Le «service sanitaire» encore très largement méconnu, non seulement des Français mais aussi des médecins.
Il s’agit d’une démarche qui consiste à former à la prévention-santé 47 000 étudiants en santé (médecine, pharmacie, odontologie, soins infirmiers, etc.) afin qu’ils puissent eux-mêmes former le grand public à ces questions. 54% des Français et 37% des médecins n’en ont jamais entendu parler.

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Le rôle jugé essentiel de l’éducation et de la formation

En matière de prévention-santé, les Français comme les médecins sont convaincus que l’éducation et la formation jouent un rôle très important. Mais alors que les Français pensent que ce rôle est «important» (53%) sans être pour autant «déterminant» (43%), les médecins eux sont convaincus de l’inverse: 56% le qualifient de «déterminant» contre 41% «d’important».

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Une large majorité de Français estime aussi que la santé connectée est non seulement «une opportunité d’améliorer la prévention» (73%) mais aussi «une opportunité d’améliorer plus globalement la qualité des soins» (61%).

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Une priorité : revoir le modèle économique et la politique tarifaire

Plus encore que l’action publique et le développement des «applis», il existe un levier perçu comme pouvant être vraiment efficace pour améliorer la prévention-santé en France: la tarification. Dans ce domaine, il existe un consensus total entre les Français/patients et les médecins: tous ou presque (82% et 84%) sont favorables à ce que l’on rémunère spécifiquement les soignants afin qu’ils puissent consacrer du temps à la prévention… inversement demander une participation financière accrue des patients leur semble exclu (75% des Français et 59% des médecins y sont hostiles).

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*Echantillon de 2 002 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, de 976 professionnels de santé hospitaliers et 256 médecins, interrogés par Internet du 7 au 27 juin

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