Violences conjugales : quel rôle pour les professionnels de santé ?

La HAS recommande au médecin d’aborder systématiquement la question des violences avec chaque patiente @pixabay

En France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint ou ex conjoint et 219 000 femmes subissent chaque année des violences au sein de leur couple. Pour aider les professionnels de santé à repérer au plus tôt ces situations, la Haute autorité de santé (HAS) recommande d’aborder systématiquement la question en consultation. 

La Haute autorité de santé rappelle tout d'abord que les violences "revêtent différentes formes - physique, psychologique, financière… - et ont des conséquences graves non seulement sur la santé des femmes mais aussi sur celle de leurs enfants : traumatismes physiques, développement de comportements à risque, impacts sur la santé mentale… voire décès de la victime". Raison pour laquelle, en plus du site dédié à ces questions, le ministère des Solidarités et de la Santé a saisi la Haute autorité de santé (HAS) pour élaborer des recommandations sur le repérage des femmes victimes de violences au sein du couple. "Ces recommandations, les premières publiées en France sur le sujet, sont destinées à sensibiliser les professionnels de santé et à leur proposer des outils indispensables à leur mobilisation".

Repérer les victimes, un acte médical

Selon les chiffres disponibles, 3 à 4 femmes sur 10 présentes dans les salles d’attente des médecins seraient victimes de violences conjugales et selon l'enquête « cadre de vie et sécurité »enquête « cadre de vie et sécurité », une victime sur cinq a consulté en premier lieu un médecin à la suite d’un incident.
"Avec l’aide d’une équipe de santé pluri professionnelle et en s’appuyant sur les acteurs du secteur social, associatif, médico-social et judiciaire, les professionnels de santé sont à même d’initier des actions concrètes adaptées aux besoins de la patiente", souligne la HAS. Et de citer plusieurs exemples comme la constitution d'un dossier médical pouvant être utile à une éventuelle procédure judiciaire secondaire ; l'initiation de mesures de protections si la situation est grave ou à risque élevé ou encore la rédaction d'un certificat médical pour faire valoir les droits de la victime. "Ils ont aussi pour rôle d’informer la victime des outils et des ressources qui peuvent l’aider ainsi que de l’orienter vers les acteurs de proximité sur lesquels elle pourra s’appuyer pour être mise en sécurité, retrouver un logement, un travail et veiller à la sécurité des enfants si elle est menacée".

Interroger la victime

La HAS recommande au médecin d’aborder systématiquement la question des violences avec chacune de ses patientes, afin de permettre à celles d’entre elles qui sont victimes de violence de parler si elles le souhaitent. « Comment vous sentez-vous à la maison ? En cas de dispute, cela se passe comment ? Avez-vous déjà été victime de violences au cours de votre vie ? » sont autant d’exemples de questions à poser lors de l’entretien médical au même titre que celles concernant les antécédents familiaux, la consommation de tabac ou d’alcool.

 

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