Ségur de la Santé : des points de satisfaction mais encore des attentes du monde hospitalier

Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF (crédit : FHF)

Lors du Séminaire national des hospitaliers 2020, qui s’est déroulé en visioconférence les 18 et 19 novembre, Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF) et le Pr François-René Pruvot, président de la Conférence des présidents de CME de CHU ont exprimé leurs satisfactions et leurs attentes suite au Ségur de la Santé.

Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France, a tenu à rappeler les enseignements de l’épidémie. Et en premier lieu le fait que la santé n'est «pas  un bien marchand. Il faut en tirer les conséquences, remettre l’hôpital à sa juste place et le reconnaître comme un service public essentiel sur l’ensemble du territoire. C’est la demande des hospitaliers mais c’est aussi celle nos concitoyens.» Après avoir évoqué le rôle «irremplaçable» des Ehpad en matière d’hébergement et d’accompagnement des personnes les plus fragilisées, elle a salué les avancées du Ségur de la Santé mais aussi les questions qui restent à traiter avec, parmi celles-ci la croissance incontrôlée des urgences, les inégalités de rémunération des personnels médicaux selon qu’ils exercent dans les secteurs public ou privé ou encore les inéquités auxquelles sont confrontés les personnels des SSIAD ou qui exercent dans le champ du handicap «et qui ne bénéficient pas des avancées du Ségur».

Trois axes majeurs pour la FHF

Pour accélérer la transformation de notre système de santé, la déléguée générale de la Fédération hospitalière de France a détaillé trois axes. Le premier est l’effectivité de la territorialisation en santé afin de mettre fin aux inégalités d’accès en santé sur le territoire. «La crise sanitaire a aussi mis en lumière les failles de la prévention et les ruptures des parcours de soins. S’agissant des parcours de patients atteints de maladies psychiatriques, nous devons associer aux soignants les acteurs du logement, de l’insertion professionnelle ou encore de la ville », a t-elle précisé avant de développer les atouts de l’approche populationnelle développée par la FHF. « Nous devons partager le diagnostic de l’état de santé sur le territoire et des filières de soins pour optimiser les parcours de santé sur la base de programmes cliniques. Les Agences régionale de santé (ARS) ont pris l’habitude de réunir tous les acteurs et de partager l’organisation de la montée en charge des patients Covid et non-Covid. Diagnotic partagé et coordination ont révélé tous leurs atouts», a-t-elle souligné.

Le deuxième pilier concerne la mise en œuvre des réformes de financement adapté au parcours de soins et aux évolutions des prises en charge. «Nous devons relancer l’investissement public. L’urgence est aussi de mettre en œuvre les réformes travaillées ces deux dernières années dans les champs de la psychiatrie et des soins de suite et de réadaptation. Par ailleurs, l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie doit évoluer et passer d’une régulation annuelle à un pilotage pluriannuel et à une construction plus médicalisée».

Le troisième pilier impose, selon Zaynab Riet, de penser les ressources humaines dans une vision stratégique d’avenir et dans un cadre rénové. «La rémunération dans sa dimension indiciaire apparaît comme un levier incontournable. Nous devons redonner du sens et rendre plus cohérentes les grilles indiciaires. Et réduire le nombre de primes - plus de 100 aujourd’hui - à une prime prime d’engagement, qui reconnaisse les fonctions d’expertise, lorsque des paramédicaux se forment en soins palliatifs par exemple et à une prime pour les fonctions d’encadrement. Il est enfin essentiel de questionner le pilotage du système de santé, d'y introduire une plus grande souplesse pour s’organiser et innover», a-t-elle conclu.

L'intérim médical

Le Pr François-René Pruvot, Président de la Conférence des Présidents de CME de CHU a pour sa part appelé à la maitrise de l’intérim médical. « Nous avons besoin d’un cadre de justification précis et d’un dispositif de solidarité dans les GHT. Nous devons également convenir d’une rémunération qui soit la même partout pour éviter le phénomène de dumping ». Il s’est également réjoui du nouveau statut unique de praticien hospitalier «qui va simplifier leur engagement dans l’hôpital public. S’agissant des hospitalo-universitaires, il faudra également veiller à ce que leur trajectoire de carrière équilibre les missions de soins, d’enseignement de recherche et même de management. La profession médicale intermédiaire est également intéressante en ce qu’elle va permettre d’identifier des métiers d’auxiliaires médicaux, dans la robotique par exemple

fhp

Le Pr François-René Pruvot a également fait part d’un besoin d’informations sur le sujet des investissements massifs. «Ils ne doivent pas être une prime à la mauvaise gestion. Nous aimerions avoir un droit de regard sur cette politique.Dans le même ordre d’idées, les régions ne peuvent pas retrouver de l’autonomie à n’importe quelles conditions. Nous attendons également une clarification des organisations et des décisions dans l’hôpital. Avec en point emblématique, le renouveau de la place du service comme entité discutant avec l’institution, voire avec l’ARS. Sachant que dans les établissements les plus importants, les pôles présentent un véritable intérêt. Nous militons pour une gouvernance médicalisée. Les médecins souhaitent par exemple cosigner les décisions concernant les personnels médicaux. Enfin, la pertinence des soins doit intervenir dans le calcul des modes de financement », a-t-il conclu.

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