Revue de presse Mars 2018 : priorité à la prévention, le cap des 6 000 greffes dépassé et l'essentiel de l'actualité santé

Revue de Presse Mars 2018

26 mars - Lancement du plan «Priorité prévention» 

"Une vraie politique de prévention permettrait de préserver près de 100 000 vies par an", a estimé le Premier ministre, Edouard Philippe, qui a présenté le 26 mars 2018, avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le plan "Priorité prévention". Du remboursement des traitements antitabac à la prise en charge à 100% du dépistage du cancer du col de l’utérus, en passant par la vaccination antigrippe en pharmacie, celui-ci se décline en 25 principales mesures pour un budget de 400 millions d'euros pour cinq ans.

À la mammographie pour le cancer du sein et le test immunologique rapide de dépistage du cancer colorectal, deux examens pris en charge par la Sécurité sociale, le gouvernement va désormais ajouter le dépistage du cancer du col de l’utérus. Alors que jusqu’à présent cet examen n’était remboursé qu’à hauteur de 70%, relève Le Figaro. En termes de mesures antitabac, le remboursement des traitements remplacera le forfait de 150 euros par an qui couvre actuellement les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, inhaleurs) prescrits sur ordonnances. Car "si le tabac est un vrai ennemi lié à 73 000 morts par an, la BPCO (insuffisance respiratoire) est responsable de 18 000 décès par an et plus de 120 000 malades qui vivent avec une oxygénothérapie", a souligné le chef du gouvernement. Dans le domaine de l'enfance, "les actions se concentrent sur les 1 000 premiers jours de vie, période essentielle pour notre bon développement", explique Agnès Buzyn.

Sciences et Avenir insiste de son côté sur les mesures relatives à la maternité et à la santé infantile telles par exemple la recommandation de la prise systématique de vitamine B9 (acide folique) aux femmes enceintes pour éviter les anomalies de fermeture du tube neural, l’une des malformations les plus fréquentes (1naissance pour 1000). Le magazine scientifique salue de plus l’annonce de  l’augmentation significative de la taille du pictogramme "interdit aux femmes enceintes" sur les bouteilles d'alcool (vin compris) et d’un site internet d'information publique sur les produits chimiques contenus dans les produits de consommation courante. Il pointe aussi l’intérêt de la réorganisation des consultations proposées pendant l’enfance. "Les 20 examens actuellement prévus de 0 à 6 ans seront redéployés de 0 à 18 ans pour une meilleure prise en charge afin de suivre l'enfant jusqu'à sa majorité. Ces 20 examens seront pris en charge à 100% par l'assurance maladie", a effectivement précisé la ministre de la Santé, ajoutant que l’examen de 15-16 ans permettra en outre de "sensibiliser aux risques auditifs liés aux bruits excessifs et de dépister des troubles de l'audition, handicapant pour le développement et les apprentissages".

Une autre mesure a du reste relevé l’intérêt des médias : la généralisation dès 2019 de la vaccination contre la grippe en pharmacie. Pour le reste, "le grand oublié de ce premier plan est la lutte contre la consommation d'alcool", estime Le Figaro.

22 mars - Le cap des 6000 greffes d’organes dépassé

«En 2017, en France, ce sont plus de 6100 greffes d’organes qui ont été réalisées. Cette progression a été possible grâce à la générosité des donneurs, à la mobilisation quotidienne des professionnels de santé impliqués dans la chaine du don à la greffe et au soutien des associations», s'est félicitée l’Agence de la biomédecine, ce 22 mars. «C’est un encouragement pour tous les patients en attente d’une greffe et nous invite à poursuivre la mobilisation de tous». 2017 marque la première année du plan greffe 3 qui court jusqu’à 2021 L’objectif fixé au terme des 5 ans, est d’atteindre 7800 greffes d’organes dont 1000 à partir d’un donneur vivant.

29 mars - Le nouveau président des doyens mise sur le "CHU de demain"

Le Pr Jean Sibilia, doyen de la faculté de Strasbourg, élu à la tête des doyens de médecine le 30 janvier, est entré sans attendre en action et trouve écho dans les médias santé. «Le patron des doyens de facs de médecine veut tout réformer», titre Le Quotidien du Médecin rapportant comment, de la PACES au numerus clausus en passant par les conditions de travail et le sexisme, le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine «veut changer le visage des études médicales». A savoir qu’il réclame notamment la suppression du «couperet» des épreuves classantes nationales (ECN) et un meilleur suivi des étudiants tout au long de leur formation.

Parallèlement, le Pr Sibilia parle de «saut quantique»  quand il présente sa vision du "CHU de demain" dans son interview pour Réseau CHU. Décidé à «agir» plutôt qu’à «réagir», le successeur du Pr Jean-Luc Dubois Randé, entend continuer d’en affirmer la force politique et a établi sa feuille de route  à travers «Douze nouveaux travaux majeurs». Parmi ses priorités: redonner du sens à la mission de soin, «re-universitariser la recherche au CHU» et dans la mouvance «One Health» s’inscrire dans une dimension globale de la santé qui prend en compte le mode et la qualité de vie des individus. «Notre responsabilité sociétale est de servir cette «approche centrée sur le patient», a-t-il souligné. Le président des doyens a aussi marqué l’importance de préparer les futurs médecins à appréhender la manière dont les médias et plus particulièrement les médias sociaux se saisissent de l’information médicale. «Le jeune médecin doit être prêt, en quittant la faculté, à communiquer de façon experte avec le patient comme avec le citoyen», a-t-il insisté.

15 et 16 mars - L’excellence hospitalière en question aux journées de l’ADH

«Nous avons un système de santé remarquable! Il n’y a pas de modèle de financement parfait». Ainsi  Frédéric Boiron, président de l’Association des directeurs d’hôpital (ADH), a-t-il introduit les XXVIèmes Journées de l’association qui se sont déroulées les 15 et 16 mars à Paris. Un message volontairement positif dans un contexte de «manager bashing». Et c’est une vision à la fois optimiste et offensive qu’ont souhaité ensuite promouvoir les différents intervenants lors des sessions qui avaient pour thèmes l’importation, l’exportation et le déploiement de l’excellence hospitalière.  L’innovation a donc constitué le fil rouge des deux journées. Et malgré quelques craintes sur son financement, ou le décalage justement souligné par Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France, entre «notre ambition pour la recherche et les moyens qui y sont consacrés», de nombreuses actions originales ont été mises en avant.  

La manifestation a de fait été bien relayée dans la presse médicale et spécialisée notamment via Réseau CHU, l’Agence de presse médicale (APM) et Gestion Hospitalière.

8 mars - Les nouvelles compétences des infirmiers font débat

«Prévu dans la loi de santé de Marisol Touraine (2016), attendu depuis plusieurs mois par les infirmiers comme par les médecins, le projet de décret sur l'infirmier en pratique avancée (IPA) chamboule totalement les règles du jeu dans la prise en charge du patient et dans le parcours de soins», prévenait dès le 7 mars Le Quotidien du Médecin. Ce projet, qui a été présenté le 8 mars aux syndicats avant d’être publié, fait pour le moins débat.

«Les médecins s'inquiètent d'une future concurrence des infirmières», annonce le 12 mars, Le Figaro. Et de fait, s'ils assurent ne pas être opposés sur le fond à la délégation de tâches et aux pratiques avancées, les syndicats de médecins libéraux défendent avec force leurs prérogatives. 

"Il faut que les médecins se détendent...", titre en l’occurrence Infirmiers.com, qui évoque notamment le passage de Patrick Chamboredon, président de l'Ordre National des Infirmiers, le 21 mars dans la matinale de RMC. Ce dernier y a défendu l'importance de la complémentarité entre les professionnels de santé qui doivent davantage collaborer, sans querelle de clocher...

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