Les acteurs de santé prêts à travailler ensemble

Les trois fédérations hospitalières – la fédération hospitalière de France (FHF), la fédération de l’hospitalisation privée (FHP) et la fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) – ont réagi plutôt favorablement au Plan « Ma santé 2022 », qui va engendrer,  comme le souligne l’universitaire Sandra Bertezène, « de véritables défis organisationnels ».

« C’est un discours complet et volontariste qui appelle à la responsabilité l’ensemble des acteurs de santé pour coopérer en proximité à tous les échelons des prises en charge » a réagi Frédéric Valletoux, Président de la Fédération hospitalière de France (FHF), à l’issue du discours d’Emmanuel Macron. Si les annonces du Président de la République consacrent plusieurs propositions de la FHF : réforme globale du système de santé, pertinence et qualité des actes, pertinence des soins, plan numérique… , la fédération regrette toutefois que la réforme ait laissé de côté au moins deux enjeux majeurs : « le financement de l’hôpital, notamment en matière de tarifs et d’investissement et le choc de simplification pour l’hôpital, les structures médico-sociales et leurs personnels. »

Le privé satisfait !

« Voilà une réforme à la hauteur des enjeux et qui témoigne d’un engagement fort » a pour sa part réagi Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). « Nous partageons pleinement l’objectif d’assurer à toutes et à tous un égal accès à des soins de qualité. Le Président de la République a appelé à la responsabilité et à l’engagement de tous les professionnels de santé quel que soit leur statut. Nous sommes prêts à relever ensemble ce défi au service des patients ! ». Y compris en coopérant avec les groupements hospitaliers de territoire (GHT) « C’est la reconnaissance du rôle des hôpitaux et cliniques privés dans les territoires et auprès des patients. Le Président de la République et la ministre ont évacué la tentation du « tout GHT ». C’est une évolution positive qui mérite toutefois une attention toute particulière lors de sa mise en oeuvre », a ajouté le président de la FHP.

Le privé non lucratif vigilant

La fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) a également salué l’annonce de la stratégie "Ma Santé 2022" « qui apporte une réponse structurelle aux problématiques de la santé en France et son caractère très opérationnel. » La Fédération indique toutefois qu’elle restera « vigilante à ce que le premier recours des patients ne soit pas uniquement centré sur la médecine libérale de ville et à ce que le second recours ne passe pas systématiquement par l’hôpital public, garantissant ainsi un maillage territorial réellement complet ». Elle propose en outre de transformer les groupements hospitaliers de territoire en groupements hospitaliers publics «pour lever toute ambigüité » et d’améliorer la coordination des acteurs « au sein d’une communauté de santé de proximité ».

Pour Sandra Bertezène (1), « de véritables défis organisationnels »
« Différents points de la réforme sont de véritables défis organisationnels. Les cloisonnements entre secteurs altèrent qualité des soins et performance des organisations en obligeant les personnes à se déplacer de silo en silo, auprès d’équipes plus familières de la pluridisciplinarité que de l’interdisciplinarité vers laquelle il faudrait pourtant davantage se tourner. Plus largement, les coûts liés aux sous productivités, à la régulation des défauts de qualité, de l’absentéisme, des accidents du travail et du turnover ont des conséquences sur la qualité de vie au travail comme sur les soins. Ces gaspillages sont des gisements de potentiel à faire émerger par des actions d’amélioration, d’innovation, de changement : une priorité pour à la fois maîtriser les dépenses et tenter de conserver un système aussi solidaire que le nôtre. »
1 - Professeur titulaire de la Chaire de Gestion des Services de Santé, Directrice de l’Equipe pédagogique nationale Santé & Solidarité, au Conservatoire National des Arts et Métiers.

 

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