Le Comité d'éthique émet un avis « mesuré et prudent » sur la vaccination anti-covid des mineurs

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Alors que la campagne de vaccination s'accélère, afin de renforcer encore l'immunité collective, la question se pose d’ouvrir cette possibilité à la population plus jeune. L'avis du Comité consultatif national d'éthique reste cependant réservé.

«Y a-t-il une urgence absolue à commencer la vaccination dès maintenant, alors que plusieurs indicateurs sont au vert et que la rentrée scolaire de septembre pourrait signer le début de la campagne ?» , questionne le Comité consulltatif national d'éthique (CCNE) dans son avis du 9 juin. De fait, quelques pays ont démarré, ou l’envisagent, la vaccination des adolescents, de nouvelles données devraient être disponibles d’ici quelques semaines sur plusieurs millions de personnes. Le CCNE regrette à cet égard que les décisions aient été prises si rapidement. En tout état de cause, un suivi de pharmacovigilance devra être entrepris, préconise-t-il, sur le moyen et long terme chez les adolescents vaccinés. Il considère, par ailleurs, que la stratégie « Tester, tracer, isoler » soit optimisée chez les mineurs afin qu’elle soit éventuellement envisagée comme une stratégie alternative à la vaccination.

Atteindre l'immunité collective

Les formes graves de l’infection sont très rares chez les moins de 18 ans, le bénéfice individuel tiré de la vaccination s’en trouve donc limité pour la santé "physique", relève le Comité d'éthique. Et de souligner, en revanche, les conséquences « profondes et probablement durables » de la pandémie sur la santé psychologique et mentale des enfants et des adolescents, particulièrement dans les milieux défavorisés. « Leur développement et apprentissage ont subi de plein fouet les restrictions imposées à l’ensemble de la population. On peut de ce point de vue souligner qu’ils ont pleinement participé à l’effort collectif destiné à protéger leurs aînés et les plus fragiles d’entre nous ».

Peut-on atteindre l’immunité collective en vaccinant les mineurs ? Tel est en l'occurrence l'enjeu qui est posé. Il apparaît en effet que la capacité des enfants à s’infecter et à transmettre le virus existe et qu’elle augmente avec l’âge. Elle se révèle ainsi proche chez les adolescents de ce qui est observé chez les jeunes adultes. Par ailleurs, certains travaux estiment que l’immunité collective ne serait atteinte que si 85% de l’ensemble de la population était immunisée (par le vaccin ou par infection antérieure). Or, il s’avère peu probable que cet objectif puisse être atteint grâce à la seule vaccination des adultes.

Peu de données sur la sécurité des vaccins chez les plus jeunes

« Se poser la question d’élargir la vaccination aux enfants et aux adolescents incite tout d’abord à examiner ce que l’on connait de la sécurité des vaccins et de s’interroger sur la pression que la vaccination ferait peser sur les adolescents », observe le CCNE. Certes, les rares données sur la sécurité du vaccin dont on dispose, avec un recul de quelques mois, rendent envisageable la vaccination des 12-16 ans. Mais en dessous de cet âge, aucune donnée n’est actuellement disponible. Plusieurs questions éthiques sont dès lors posées : Est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de la vaccination (ou de la difficulté d’y accéder) d'une partie de la population adulte ? N’y a-t-il pas une sorte d’incitation à la vaccination pour retrouver liberté et retour à la vie normale ? Quel risque de stigmatisation pour les adolescents qui ne souhaiteraient pas y avoir recours ? Ne risque-t-on pas de briser leur confiance si le retour à la vie normale était compromis par l’arrivée de nouveaux variants ?

Informer et consentir : un sujet éthique majeur

La question d’une information adaptée (sur la balance bénéfices-risques, les incertitudes, les alternatives à la vaccination …) et du consentement doivent être au coeur de la démarche, estime le CCNE, tant pour ceux détenant l’autorité parentale que pour les adolescents. Pour rappel : le code de la santé publique insiste en effet sur l’obligation de prendre en compte également le consentement de la personne mineure.

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