Joëlle Martinaux : "Nous devons accepter la mutualisation d’IDE entre public et privé sur un même territoire"

Claude Evin et Joëlle Martinaux @Rencontres Santé de Nice

Lors des Rencontres Santé de Nice 2019, sur le thème « Santé des aînés, éthique et efficience », les participants ont planché sur les visions d’avenir en termes de santé des aînés.

« Penser opérationnel, local et concret », tel est le mot d’ordre des Rencontres de Nice qui réunissent chaque année nombre de décideurs politiques, hospitaliers, institutionnels et médico-sociaux pour traiter de prospective en santé. Sur le sujet 2019 - la santé des aînés-, Claude Evin, avocat, ancien ministre de la Santé et ancien Directeur général d’ARS a rappelé l’impérieux besoin « de souplesse et de collaborations renforcées entre le sanitaire et le social mais aussi entre les institutions, le domicile et l’ambulatoire ». Il a plaidé pour « une organisation territoriale plus cohérente », intégrant le regroupement d’établissements. « Un petit établissement ne peut répondre ni en qualité ni en efficience économique aux besoins des patients. De ce point de vue, le rapport de la cour des comptes du 20 mars 2019 encourageant le maintien de petites structures interroge. Par ailleurs, si le regroupement pose la question de l’organisation interne des établissements, nous devons aussi repenser la gouvernance totale du système sanitaire, médico-social et social en sortant peut-être de la dualité conseil départemental / agence régionale de santé et en donnant aux ARS la compétence en la matière car nous ne sommes pas à la hauteur des ambitions que l’on voudrait atteindre ».

Un maître-mot : l’innovation

Joëlle Martinaux, invitée en qualité de Présidente de l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale et de maire-adjointe de Nice, s’est aussi exprimée en qualité de médecin urgentiste, plaçant au cœur des échanges un maître-mot : l’innovation. Et de citer trois exemples : « Collectivités locales et secteur privé développent des actions que la réglementation interdisait il n’y pas si longtemps, comme par exemple la permanence d’infirmières de nuit pour permettre aux personnes âgées de rester en Ehpad. Nous devons accepter la mutualisation d’IDE entre public et privé sur un même territoire pour le bien-être des patients mais aussi parce que l’évaluation économique est tout de suite au rendez-vous. Nous devons ensuite faciliter les financements croisés entre le médico-social et le sanitaire pour optimiser le parcours de soins des personnes âgées en situation de handicap lourd. Nous devons enfin appeler, en cas de passages récurrents d’une même personne âgée aux urgences, à la mise en lien avec les services sociaux afin de construire un partenariat comme l’a fait Suzanne Tartière avec le Samu de Paris ».

Associer les usagers

Membre du collège de la Haute autorité de santé (HAS), Anne-Marie Armanteras de Saxcé, a elle aussi défendu trois idées forces : « La solidarité nationale doit intervenir davantage pour compenser les inégalités en fin de vie. Il faut ensuite revaloriser les métiers liés au grand âge en termes d’images mais aussi et surtout en termes de contenu des missions. Enfin, la gouvernance territoriale et la question du pilotage par la qualité doivent être au cœur de nos réflexions ». Réaffirmant sa volonté d’associer les usagers à toute prise de décision, elle a annoncé que les travaux d’Old Up seraient repris par la HAS.

 

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