Hépatite C : le dépistage universel jugé non pertinent par la HAS

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La Haute autorité de santé (HAS) a mené fin novembre une évaluation médico-économique pour déterminer l’intérêt d’un dépistage de l’hépatite C élargi à la population générale. Elle conclut qu’un dépistage universel ne serait pas efficient en France et qu’il faudrait plutôt renforcer le dépistage dans les populations les plus à risque de contamination et de transmission.

En France, la Haute autorité de santé cite le chiffre de 133 000 personnes atteintes d’hépatite C chronique, dont 19% seraient porteurs sans le savoir. Et selon la Fondation pour la recherche médicale (FRM), cette maladie serait responsable de 2700 décès chaque année.
La stratégie de dépistage actuelle cible des populations à risque : les usagers de drogues intraveineuses, les partenaires sexuels des personnes atteintes d’hépatite C chronique, la population carcérale et les patients séropositifs pour le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou porteurs du virus de l’hépatite B.

Cibler les populations à risque de contamination

Pour la Haute autorité de santé, d’après les données épidémiologiques récentes, la proportion de personnes touchées par l’hépatite C chronique en France est en baisse : de 0,42% de la population française en 2011 à 0,30% en 2016, contre 1% en moyenne à l’international en 2014. La HAS rappelle également que l’expérience de la lutte contre le VIH montre les limites du dépistage en population générale : « Un temps recommandé en France, le dépistage universel n’a pas eu les effets escomptés en raison des difficultés importantes de mise en œuvre. En particulier, les personnes les plus à risque de contamination sont de manière générale éloignées du système de soin, donc peu susceptibles de participer au dépistage, même s’il est étendu à l’ensemble de la population. Cela a conduit la HAS à préconiser en 2017 un dépistage ciblant prioritairement les populations les plus exposées au VIH[1]. »
Considérant ces éléments, la HAS conclut que l’élargissement du dépistage du VHC à la population générale n’est pas la solution appropriée pour éliminer le virus en France.

Un second volet pour définir les modalités du dépistage ciblé

Si le dépistage universel ne représente aujourd’hui pas la bonne piste dans la lutte contre le virus de l’hépatite C, celle du dépistage ciblé est à privilégier. La HAS recommande d’intensifier ce dernier avec une vigilance particulière sur le risque de réinfection dans les populations au risque élevé d’exposition au VHC.

[1] Réévaluation de la stratégie de dépistage de l’infection à VIH en France, 2017.

 

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