Au Havre, la CME soutient la motion "Faut-il laisser l'hôpital public mourir dans l'indifférence ?"

@ConfPCMECH

La Commission médicale d'établissement (CME) du Groupe Hospitalier du Havre a voté, à l’unanimité des membres présents, une motion de soutien au communiqué intitulé : « Faut-il laisser l'hôpital public mourir dans l'indifférence ? Il est urgent d'agir avant qu'il ne soit trop tard ». Elle engage les autres CME à diffuser ce texte et à le soutenir publiquement.

Le communiqué de presse de la Conférence Nationale des présidents de CME qui a reçu le vote favorable de la CME du Groupe hospitalier du Havre a été publié le 25 octobre 2018. Intitulé : « Faut-il laisser l’hôpital public mourir dans l’indifférence ? Il est urgent d’agir avant qu’il ne soit trop tard », il rappelle que si "la concertation lancée à l’occasion de « Ma Santé 2022 » a fait naitre beaucoup d’espoir auprès des hospitaliers (...), des sujets majeurs ont en revanche été éludés". Parmi ceux-ci : "La révision indispensable de certains périmètres de Groupements hospitaliers de territoire n’est pas abordée. La réorganisation impérative des organismes d’Etat est totalement absente. L’impulsion attendue pour répondre à l’urgence, tant en
termes de choc d’attractivité médicale pour les carrières hospitalières que d’investissements pour la transformation, n’a pas été donnée. Mais surtout, qu’est-il prévu à court terme en réponse au malaise hospitalier actuel ? Visiblement rien…". 

Orthodoxie budgétaire vs qualité des soins ?

La Conférence Nationale des présidents de CME présente également les résultats d'une enquête flash menée du 26 septembre au 8 octobre 2018 qui révèlent que "192 réponses de Présidents de Commission Médicale d’Etablissement (PCME) de Centre Hospitalier (CH) confirment la situation très inquiétante de leur hôpital. Parmi cet échantillon représentatif de toutes les tailles d’établissements et de l’ensemble des régions, 78,5% estiment que leur CH sera en déficit en 2018. Moins de 5% s’attendent à un résultat excédentaire. 43% annoncent un déficit supérieur à 3%. Si les résultats définitifs seront probablement minorés en fin d’année par des mesures techniques qui touchent à leur limite (reprise sur provision, dégel éventuel des dotations, …), cela traduit la désespérance régnant dans la majorité des établissements. La recherche constante de mesures d’économies devient, par leur accumulation, insoutenable. Elle est très souvent déconnectée de la réalité et des besoins de santé de territoires déjà insuffisamment couverts. Au quotidien, l’orthodoxie budgétaire supplée les enjeux de qualité des soins et de réponse aux besoins des usagers".

Un moral altéré...

Et la conférence de poursuivre : "Le moral des praticiens est profondément altéré avec une médiane de 4 sur une échelle de 1 à 10. 79,6% l’estiment ≤ à 5. Les difficultés liées à l’attractivité médicale sont sans surprise une réalité dramatique et touchent 87% des établissements. Elles sont dorénavant majorées par des problèmes de fidélisation se traduisant par une accentuation des départs dans 72,7% des établissements. Cette situation régulièrement décriée s’aggrave. Elle risque de conduire à une rupture irréversible de l’offre de soins si rien n’est fait. Les résultats de cette courte enquête ne sont toutefois pas surprenants. L’hôpital est soumis depuis de nombreuses années à des plans d’économies successifs alors qu’il est, dans le même temps, obligé d’en faire toujours plus face à des besoins de santé de moins en moins couverts. Il ne sera plus possible en 2019 de demander un plan d’économies supplémentaires à l’hôpital public. 76 % des PCME estiment qu’ils n’ont plus de marge de manoeuvre au sein de leur établissement pour retrouver l’équilibre budgétaire. La résignation des personnels se transforme progressivement en colère, tant ils sont attachés à leurs valeurs qui se trouvent bafouées par la désintégration de l’hôpital public vécue au quotidien. Un plan d’urgence de mesures transitoires pour sauver l’hôpital public doit être mis en oeuvre sans attendre. Une pause, mesure probablement déjà insuffisante, doit être impérativement opérée sur les économies demandées. L’hôpital ne peut plus répondre aux carences du système avec de moins en moins de moyens. Il faut, dès à présent, mettre fin aux fermetures de lits jusqu’à la mise en place d’une réelle alternative médico-sociale et ambulatoire notamment en terme de maintien à domicile. La lutte contre les gaspillages, économies « saines » doit débuter sans attendre. Elle doit s’appuyer sur une analyse de la pertinence des pratiques médicales et soignantes conduite par tous quel que soit son mode d’exercice. Plus largement, il convient de rappeler que l’indigence des systèmes d’informations en santé, l’accumulation des charges administratives et la multiplication d’injonctions contradictoires génèrent des coûts indirects rarement pris en compte."

Contact
GHT Estuaire de la Seine
Centre hospitalier du Havre
55 bis rue Gustave Flaubert - BP24 - 76083 Le Havre Cedex
Téléphone : 02 32 73 32 32
 

À lire aussi

L'actu du GHT