Agnès Buzyn : "les GHT sont avant tout au service des patients"

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, détaille ses attentes, ainsi que les engagements du gouvernement, vis-à-vis des Groupements hospitaliers de territoire.

Que vont changer les Groupements hospitaliers de territoire (GHT) pour le parcours patient ?
Les Groupements Hospitaliers de territoire ont pour première conséquence de rapprocher les établissements publics de santé, et les incitent à développer des projets communs, à travailler en équipe, à coopérer au sein et au service d’un territoire. Cette organisation doit permettre de mieux prendre en compte les besoins en santé de chaque territoire, de rapprocher les équipes soignantes…et, inévitablement, conduire à de véritables améliorations dans le suivi du patient, la cohérence de son parcours et la gradation des soins.

Quel peut-être le rôle des GHT dans le champ de la prévention ?
Les projets médico-soignants partagés par les équipes hospitalières démontrent que les GHT sont déjà un acteur de la prévention ! Plus de 7 GHT sur 10 ont inscrit des actions de prévention dans leur projet. Et 8 sur 10 ont prévu des actions sur l’éducation thérapeutique du patient.

Quel sera leur apport en matière de recherche clinique et d’innovation médicale ?
L’association de chaque GHT au CHU de sa subdivision universitaire a vocation à donner une autre dimension aux activités de recherche clinique et d’innovation médicale. Il s’agit en effet de pouvoir permettre à un plus grand nombre d’équipes hospitalières de participer aux activités de recherche. De la même façon, les projets de recherche pourront aussi porter sur une plus grande variété de cas, incluant des patients.

Les GHT doivent-ils s’ouvrir au secteur privé ?
Les GHT sont avant tout au service des patients, et le parcours médical des patients a un impératif, celui de s’ancrer dans leur territoire. Cela implique une articulation simple et efficace avec les autres acteurs de l’offre de soins, que ce soit avec les cliniques et médecins libéraux, mais aussi avec les hôpitaux d’instruction des armées, les établissements médico-sociaux, les centres de santé…De nombreux accords d’association et de partenariat ont déjà vu le jour, afin de donner une juste place à ces acteurs dans la « dynamique » GHT. On peut citer le GHT Rhône Nord Beaujolais Dombes qui a déjà formalisé des conventions de partenariat avec une clinique privée et un établissement de santé privé à but non lucratif. D’autres GHT ont fait preuve d’innovation aussi dans leur gouvernance, pour créer une place adaptée à ces partenaires. Je pense au GHT des Deux Sèvres qui a créé un comité de partenaires. Il est donc d’ores et déjà possible d’associer cliniques et libéraux à la structuration des GHT, en respectant les identités et statuts de chacun. Mais je ne crois pas qu’il faille systématiser en rendant obligatoire cette intégration des offreurs privés. La souplesse laissée à ce jour est le meilleur moyen de répondre à la variété des réalités territoriales.

Comment le gouvernement va-t-il favoriser le développement des technologies numériques dans cette nouvelle organisation ?
Le ministère de la Santé conduit une politique d’accompagnement de grande envergure pour promouvoir le développement des technologies numériques. Comme le Premier Ministre l’a annoncé à l’automne dernier, 420 millions d’euros vont être consacrés à la stratégie numérique des établissements de santé.

 

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