UNICEF appelle à renforcer d'urgence les dons de vaccins anti-covid aux pays les plus démunis

UNICEF appelle à renforcer d'urgence les dons de vaccins anti-covid aux pays les plus démunis

(©UNICEF/UN0421526/COVAX/Nana Kofi Acquah)

Alors que les dirigeants du G7 se préparent pour le sommet de juin, la directrice générale d'UNICEF  alerte sur la nécessité de faire don des doses excédentaires de vaccins aux pays pauvres et dans une situation sanitaire grave face au COVID.

« Le dispositif COVAX, le système mondial d'équité en matière de vaccins, va livrer sa 65 millionième dose dans les prochains jours. Elle aurait dû être au moins sa 170 millionième, s'est impatientée Henrietta Fore, la directrice générale d’UNICEF, lors de sa déclaration le 17 mai. Nous avons lancé des avertissements répétés sur les risques de baisser la garde et de laisser les pays à revenu faible ou intermédiaire sans accès équitable aux vaccins, aux diagnostics et aux traitements. Nous craignons que le pic mortel en Inde ne soit un précurseur de ce qui se passera si ces avertissements ne sont pas pris en compte ».
Si la situation en Inde est jugée «tragique», elle n'est pas unique. Les cas explosent et les systèmes de santé sont en difficulté dans des pays proches, comme le Népal, le Sri Lanka et les Maldives. Mais aussi dans d'autres régions du monde comme l'Argentine, le Brésil...

Le dispositif COVAX sous-approvisionné

Or, plus le virus continue de se propager sans être contrôlé, plus le risque d'apparition de variants plus mortels ou plus contagieux est élevé. Et dans ce contexte, « la voie la plus évidente pour sortir de cette pandémie est une distribution mondiale et équitable de vaccins, de tests de dépistage et de matériel médical », rappelle Henrietta Fore. Le dispositif COVAX, mené par l'OMS, Gavi et CEPI, en partenariat avec UNICEF, a cette vocation. Mais le système est sous-approvisionné.

Du fait de l'explosion de la demande intérieure des pays européens, 140 millions de doses destinées à être distribuées aux pays à revenu faible et intermédiaire jusqu'à la fin du mois de mai ne sont pas accessibles à COVAX. Et 50 millions de doses supplémentaires risquent de manquer en juin. « Ceci, ajouté au nationalisme des vaccins, à la capacité de production limitée et au manque de financement, explique pourquoi le déploiement des doses a pris tant de retard », observe la directrice générale d'UNICEF.

Le souhait de partager 20% des stocks européens

Les dirigeants du G7 se réuniront le mois prochain avec une mesure palliative d'urgence à portée de main. Une nouvelle analyse de données fournie par Airfinity, le centre de recherche en sciences de la vie, et commandée par le Comité national britannique pour UNICEF, indique que les nations du G7 et le groupe «Team Europe» des États membres de l'Union européenne pourraient faire don d'environ 153 millions de doses de vaccin s'ils partageaient seulement 20% de leurs stocks disponibles en juin, juillet et août. Et surtout, ils pourraient le faire tout en respectant leurs
engagements de vacciner leurs propres populations.

Le partage des dose excédentaires : « une mesure palliative minimale »

Bien que certains membres du G7 disposent d'un stock plus important que d'autres, et que certains soient plus avancés dans les déploiements nationaux, un engagement collectif immédiat à mettre en commun le stock excédentaire et à partager la charge de la responsabilité pourrait aider les pays vulnérables à ne pas devenir "le prochain point critique mondial", estime UNICEF.

« La course à la vaccination mondiale sera gagnée lorsque les États membres établiront des plans durables pour financer et fournir intégralement la garantie de marché pour COVAX, tout en soutenant l'expansion de la capacité de fabrication de vaccins, notamment par le biais de licences de propriété intellectuelle et de transferts technologiques proactifs », souligne Henrietta Fore. En attendant, la directrice générale d'UNICEF s'alarme : «Le partage des doses excédentaires immédiatement disponibles est une mesure palliative minimale, essentielle et d'urgence, et elle est nécessaire dès maintenant».

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