Atlas 2018 de la démographie médicale

La France compte en moyenne 270 médecins pour 100 000 habitants.

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a publié le 4 décembre l’Atlas 2018 de la démographie médicale qui confirme un creusement des inégalités territoriales.

L'Atlas 2018 publié par le Conseil national de l'Ordre des médecins met en lumière le nombre toujours insuffisant de jeunes médecins sur le territoire, ainsi qu'un nouvel accroissement des inégalités entre les départements les mieux lotis et ceux qui le sont moins. Ce qui démontre pour l'Ordre "l’absence d’effets des mesures incitatives mises en œuvre jusqu’ici, et confirme l’urgence d’une réforme portant un véritable changement de paradigme".

L'étude révèle par ailleurs un cumul de facteurs de fragilité territoriale dans les zones déjà considérées comme les plus en difficulté. Un lien très significatif et inversement proportionnel a ainsi été établi entre les densités médicales des départements et la proportion des plus de 60 ans qui y vivent. "Les populations les plus en demande de soins sont le plus souvent éloignées de l’accès aux soins. De plus, ces territoires sont souvent les territoires ne bénéficiant que partiellement d’une couverture internet mobile, ou encore ceux dont les habitants souffrent d’un accès difficile aux équipements de la gamme intermédiaire (collèges, supermarchés, stations-services…).Alors que l’actualité est dominée par un mouvement – les gilets jaunes – qui trouve son origine dans de nombreuses fractures sociales et territoriales, l’Ordre des médecins réaffirme que la santé est au cœur du pacte Républicain, et que les médecins sont des acteurs centraux de ce pacte", commente l'Ordre.

Légère augmentation du nombre de médecins inscrits

Le nombre de médecins inscrits au tableau de l’Ordre a augmenté de 2% en 2018 (296 755 au 1er janvier 2018), tandis que celui de médecins en activité régulière accuse une très légère baisse de 0,1% pour s'établir à 198 081. Autre enseignement majeur : les médecins réaffirment leur appétence pour l’exercice salarié : 47% d’entre eux le choisissent aujourd’hui (83% chez les primo-inscrits), contre 42% en 2010. L’exercice mixte reste quant à lui stable, à 11%.

Réaffirmant qu’il est "impératif que la réforme à venir soit portée par une vision politique forte et assumée", le Conseil national de l’Ordre entend "pleinement jouer son rôle lors des futures échéances du comité de pilotage de la stratégie « Ma santé 2022 »". Et il encourage d'ores et déjà le gouvernement à prendre trois éléments en considération : une organisation territoriale incluant l’ensemble des acteurs du soin ; une véritable démocratie sanitaire, seule à même de faire naître une structuration territoriale au service de tous et enfin, une nécessaire réaffirmation du principe de solidarité, issu des ordonnances de 1945.

Le Conseil national annonce enfin qu'il publiera, début  2019, des propositions concrètes relatives aux dix chantiers du plan « Ma santé 2022 ».

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