Addictions : le CESE appelle à diversifier les politiques publiques

"L’abus d’alcool est responsable de 49 000 décès par an", rappelle le Cese. @pixabay

L'avis relatif aux addictions au tabac et à l’alcool présenté lors de l’assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental le 9 janvier 2019 (1) appelle à diversifier les politiques publiques et à donner toute sa place à la réduction des risques.

"Le tabagisme et la consommation nocive d’alcool représentent respectivement les première et deuxième cause de mortalité évitable en France. Au-delà de la santé, leurs conséquences sont également sociales et économiques", rappelle en préambule le Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Pour réduire les consommations à risque d’alcool dont les résultats "sont très en deçà cède ceux obtenus pour le tabac", l'avis rapporté par Etienne Caniard et co-rapporté par Marie-Josée Augé-Caumon, mentionne qu'il est "indispensable d'en modifier les représentations sociales et de promouvoir des politiques de réduction des risques afin de sortir du diptyque caricatural laxisme/prohibition".

Préconisations 

Parmi les préconisations, le Cese estime indispensable de :
- Proposer une prise en charge adaptée à la variété des besoins et des parcours de vie en diversifiant les solutions proposées aux patients, notamment en donnant toute sa place au baclofène dans la lutte contre l’addiction à l’alcool ou en positionnant la cigarette électronique parmi les autres dispositifs de sevrage tabagique.
- Cibler les publics les plus vulnérables, en soutenant la création de consultations d’addictologie pour femmes dans les Centres de soin, d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa), en multipliant les consultations jeunes consommateurs « hors les murs » ou encore en créant davantage de structures résidentielles dédiées à l’accompagnement des femmes.
- Renforcer la prévention en créant un périmètre sans publicité pour les boissons alcoolisées, notamment près des lieux d’éducation et de
formation, ou en instaurant un prix minimum des boissons alcoolisées vendues dans les lieux de fête.
- Sensibiliser les professionnels de santé à la diversité et à la complémentarité des solutions relevant de la réduction des risques grâce à la formation et à "une stratégie nationale de diffusion du RPIB (repérage précoce et à l'intervention brève)".

Rôle des agences régionales de santé

Le CESE estime par ailleurs que les agences régionales de santé (ARS) devraient être davantage impliquées dans l’organisation des
interactions avec les structures hospitalières et médico-sociales et l’organisation du maillage territorial des dispositifs de soin et d’accompagnement en addictologie. "La lutte contre les addictions au tabac et à l’alcool doit compter parmi les priorités des Schémas régionaux d’organisation sanitaire (SROS) mais aussi des différentes formes de coopérations entre acteurs et actrices de la santé (...). La lutte contre les addictions doit davantage faire l’objet de conventions de réseaux associant les hôpitaux, la médecine de ville et les acteurs et les actrices médico-sociaux en addictologie. Sur toutes ces dimensions, les ARS sont au premier plan. Il leur appartient également d’encourager, via leur soutien financier, une meilleure information des professionnels et professionnelles sur les structures spécialisées, l’inscription de la coordination avec les acteurs et actrices de la lutte contre les addictions dans les cahiers des charges des structures d’exercice regroupé de premier recours : maisons et pôles de santé pluriprofesionnelles (MSP), communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), équipes de soins primaires (ESP)", indique l'avis.


1 - Avis rapporté par Etienne Caniard (Groupe de la Mutualité), et co-rapporté par Marie-Josée Augé-Caumon (Personnalité associée), pour la Section des Affaires sociales et de la santé, présidée par Aminata Koné (Groupe UNAF). L’avis a été adopté en plénière avec 133 voix pour, 6 abstentions et 33 voix contre.

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