Revenus, pouvoir d'achat, conditions de travail : l'impact de la Covid-19 chez les médecins

Près de 18% des médecins hospitaliers envisageraient de quitter l’hôpital @pixabay

Baisse de revenu et du pouvoir d’achat, les médecins français subissent eux aussi de plein fouet les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. Face à des conditions de travail difficiles et des horaires à rallonges, les contreparties financières et la reconnaissance se révèlent insuffisantes selon une enquête exclusive réalisée par Medscape : si pour 7 médecins sur 10, la vocation reste inchangée, cette situation pousserait un tiers des médecins à choisir une autre profession.

En 2020, année marquée par la pandémie, 35% des médecins français interrogés, soit plus d’un tiers, ont constaté une diminution de leur rémunération et 19% d’entre eux estiment avoir connu, en moyenne, 2,3 mois sans aucune rémunération, selon une enquête exclusive réalisée par Medscape (1), premier site d’information pour les médecins et les professionnels de santé dans le monde.
Cette baisse de rémunération est attribuée, par la grande majorité des médecins (87%), à la Covid-19. Les médecins ont en effet dû revoir les plages horaires consacrées aux consultations, notamment en raison du temps à dédier à la désinfection des locaux, ayant pour conséquence une baisse de la patientèle. Ainsi, 3 médecins sur 5 ont noté une réduction moyenne de 5 patients par semaine.

Pouvoir d’achat : les médecins libéraux payent la note

En 2020, le pouvoir d’achat a diminué pour près de la moitié des médecins. Les praticiens les plus impactés ont été ceux exerçant en libéral (60% versus 41% des hospitaliers) et les généralistes (57% versus 45% des autres spécialités). Cette baisse est également plus marquée chez les générations les plus âgées (57% des 55-73 ans contre 27% des moins de 40 ans).
Malgré les primes et la promesse des 6 milliards d’euros investis dans le Ségur de la santé, 75% des médecins français considèrent ne pas être suffisamment rémunérés.

Des conditions de travail difficiles, pouvant remettre en cause une vocation

La pandémie n’a pas amélioré les conditions de travail déjà très difficiles des médecins français. Au total, une moyenne de 53 heures par semaine est relevée en cette période de crise sanitaire, un nombre d’heure qui s’étend à 55 heures pour les praticiens hospitaliers. A ces dépassements d’horaires de travail, contribuant à la survenue de burnout chez les soignants, viennent s’ajouter une moyenne de plus de 12 heures de travail hebdomadaire non attribuables aux consultations (tâches administratives, recherche, enseignement...)
Au quotidien, les lourdeurs administratives et réglementaires sont pour près de la moitié des médecins sondés un poids supplémentaire dans leur exercice.
Face à toutes ces difficultés, si c’était à refaire, 3 médecins sur 10 déclarent qu’ils ne choisiraient pas le métier de médecin.
Dégradation des conditions de travail, burnout, revenus insuffisants, crise sanitaire sans précédent : malgré tout, la vocation n’est pas remise en question pour 71% des médecins sondés.

Mais chez les hospitaliers, ce sont près de 18% d’entre eux qui envisagent clairement de quitter l’hôpital pour travailler en cabinet ou dans un autre secteur privé.

A quand un retour à la normale ? 

Près de 2 médecins sur 5 estiment que dans un an leur rémunération sera de nouveau équivalente à celle de 2019. La même proportion de répondants envisage plutôt un délai de 2 à 3 ans. Mais pour 1 médecin sur 6, la pandémie aura un impact définitif sur le pouvoir d’achat des soignants : ils prédisent ne jamais pouvoir retourner financièrement au niveau de 2019.

Téléconsultation et plateformes de rendez-vous

Un tiers des médecins ont utilisé des plateformes de rendez-vous en 2020. Sans surprise, les plus enclins à faire appel à ce type de services sont les médecins libéraux (48%, vs 22% hospitaliers) et les généralistes (42%, versus 31% des spécialistes).
Dès le mois de mars 2020, un boom des téléconsultations a été observé : 47% des médecins ont déclaré avoir pratiqué la téléconsultation.

1 - 979 médecins exerçant à temps plein en France et membres des sites Medscape et Univadis ont participé à ce sondage* en ligne, entre le 11 novembre 2020 et le 15 mars 2021. La majorité étaient des hommes (68%, versus 32% de femmes). La moitié exerçait en hôpital et 57% étaient salariés. Ils étaient âgés en moyenne de 53 ans.
Dans l’échantillon, 23% des répondants étaient médecins généralistes. Les autres spécialités les plus représentées étaient la médecine d'urgence (9%), la psychiatrie (8%) et l'anesthésiologie (8%). 22% des praticiens interrogés exerçaient en Ile-de- France. 4% des répondants ont effectué leurs études de médecine dans un autre pays européen, 8% hors de l’UE.

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