Infirmière de pratique avancée à l’ESP de Ville-Evrard

@Jorge Fidel Alvarez

Une infirmière de pratique avancée (IPA) développe son expertise dans différents champs : la consultation, la recherche, l’éducation, la clinique et le conseil. Joëlle Penvern a été la première infirmière formée à Ville-Evrard, suivie un an plus tard par Aurélie Florentin.

C’est en 2015 que la direction des soins de l’EPS de Ville-Evrard a sollicité des infirmières volontaires pour suivre une formation experte – le terme de « pratique avancée » n’existait pas encore - dans le cadre d’un projet expérimental porté par l’Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France. Joëlle Penvern a ainsi suivi le premier Master, précurseur du Diplôme d’Etat, mis en place par l’hôpital Sainte-Anne et l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Infirmière de secteur psychiatrique, elle est plus particulièrement intéressée par le développement de la filière Licence-Master-Doctorat pour les infirmiers. « Et d’un point de vue personnel, je souhaitais participer au développement de carrière des infirmiers. Jusqu’à une période récente, la seule possibilité d’évolution concernait le management après une formation de cadre mais rien n’existait du côté de la clinique. Grâce à la pratique avancée, d’autres perspectives s’ouvrent à nous ». Aurélie Florentin suit la même formation que sa collègue un an plus tard, en 2016, avec, elle aussi, la « volonté de développer la clinique et de gagner en autonomie et en reconnaissance ».

Au quotidien

Aujourd’hui, 20% du temps de travail de Joëlle Penvern et d’Aurélie Florentin sont consacrés à l’activité de pratique avancée. L’un des projets développé dans ce cadre concerne la prise en charge de patients dits complexes et la prévention des rechutes. Joëlle Penvern anime également en transversal un groupe d’analyse des pratiques pour les tuteurs infirmiers de l’hôpital. Elle a également présenté un poster au Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF), rédigé un article sur l’analyse des pratiques qui sera prochainement publié dans la Revue soins psychiatriques et présenté son mémoire dans le cadre d’un Diplôme universitaire (DU) de pratiques avancées. « Ces activités rejoignent les axes de recherche et de formation des pairs », témoigne-t-elle.
Aurélie Florentin a quant à elle plus particulièrement développé la psycho-éducation auprès des proches de patients présentant des symptômes de troubles psychotiques, comme la schizophrénie. « Un programme éducatif a été élaboré pour faire de la prévention, de la formation et de l’orientation. Dans le cadre de l’hospitalisation à domicile, nous voyons les patients chez eux. Nous rencontrons donc souvent les parents. Cette proximité nous permet de percevoir leur souffrance. Nous proposons aux familles plusieurs actions pour répondre à leurs besoins en matière de prévention et de formation. »

L’aide aux familles

Joëlle Penvern et Aurélie Florentin ont aussi toutes deux élaboré une brochure pour les patients et les familles sur la prévention des rechutes d’épisodes psychotiques qui aborde la sémiologie mais aussi des aspects très pratiques : « Comment reconnaître les signes ? A qui s’adresser… »
Le soutien aux aidants figurant dans le décret du 18 juillet 2018 relatif à l'exercice infirmier en pratique avancée, des consultations de soutien des familles ont également été mises en place au CMP de Pantin sur indication médicale. « Je reçois les familles avec pour mission l’écoute, le conseil, l’information, et l’orientation, explique Joëlle Penvern J’utilise une échelle comme support à l’entretien afin d’évaluer les difficultés et les besoins de chaque famille. La notion de travail en équipe étant fondamentale, je suis constamment en lien avec les différents professionnels du CMP. »

Demain

Contactées par des collègues intéressées par la formation et la fonction d’infirmière de pratique avancée, les deux infirmières encouragent les vocations. « Cette formation, et aussi le soutien de la Direction des soins nous ont permis de mettre en place des actions très concrètes. » Et toutes deux suivent actuellement un complément de formation à l’université Paris Diderot pour ajouter à leurs missions la fonction de prescription. « Le décret n’étant pas encore paru lors de notre formation, le master ne nous a pas préparé aux prescriptions. Notre poste est évolutif et devrait donc encore se développer. Nous avons différents projets d’éducation thérapeutique pour les patients et les familles. Nous souhaitons aussi développer la veille documentaire. Il y a tant de choses à faire ! », concluent, enthousiastes, les deux IPA.

 

 

 

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