Marque employeur et enjeux d'image pour les hôpitaux et Ehpad publics

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Alors que l’hôpital bénéficie d’une excellente image, la notion de « marque employeur » pourrait contribuer à dynamiser les stratégies de recrutement et de fidélisation des professionnels pour les établissements de santé et médico-sociaux publics. Un sujet majeur, abordé dans le cadre de Santexpo Live, le 10 mars, avec Julien Carette, PDG d’Havas Paris, Amélie Roux, Responsable du pôle RH à la FHF et Loïc Delastre, DRH du CHU de Rouen.

La marque employeur désigne la réputation d’une entreprise sur le terrain de l’emploi : comment elle traite ses salariés ? Avec quelle progression de carrière ? etc. "A l’hôpital, l’utilité sociale, qui est une aspiration majeure des jeunes, est évidente, a souligné Julien Carette, PDG d’Havas Paris. Il présente aussi d’autres avantages comme la diversité de métiers ou la dimension managériale. A côté des éléments stars – comme le chirurgien, personnage central de nombreuses fictions -, des métiers de front office – infirmiers, aides-soignants… - ont montré pendant la crise à quels points ils étaient décisifs ». Mais il existe toutefois selon lui une distorsion entre « la grande compassion envers les personnels et la culture managériale ».

« La marque employeur n’implique pas seulement la fonction RH mais l’ensemble des professionnels de l’établissement. Elle met en valeur ce que l’établissement promet en termes d’actions », a complété Loïc Delastre, DRH du CHU de Rouen. Tandis qu’Amélie Roux, Responsable du pôle RH de la FHF a insisté sur l’importance d’aborder l’ensemble du parcours professionnel avec les futures recrues.

Le tableau du recrutement

En matière de recrutement, la Responsable du pôle RH a rappelé que les difficultés préexistaient à la crise. « Les métiers les plus en tension restent ceux d’infirmières et d’aides-soignants. Particulièrement dans la filière grand âge. La gériatrie souffre d’une image négative face par exemple à un service des urgences qui capitalise toujours sur son image de grande technicité et "d’adrénaline" ». D’où l’importance, rappelée par Loïc Delastre, de faire connaître les métiers tout en travaillant sur les conditions d’amélioration de leur exercice. « Par ailleurs, des professionnels restent trop peu nombreux ou trop mal répartis, les masseurs kinésithérapeutes par exemple privilégient souvent l’exercice libéral pour des raisons financières », a t-il complété.

La communication

En termes de communication, Julien Carette a utilement rappelé qu’au-delà de l’utilité sociale des carrières soignantes, les professionnels comparent des éléments rationnels comme le salaire, l’offre de formations et la progression de carrière. « Les employeurs doivent faire découvrir l’envers du décor, la réalité des carrières, les relations interpersonnelles entre agents ou avec les patients. Il faut raconter la richesse des métiers ». S’agissant des Ehpad, l’agence Havas a par exemple privilégié des vidéos au format long afin de donner à voir la qualité de la relation nouée avec les résidents.
Le recours aux réseaux sociaux a également été promu, ne serait-ce que parce que les professionnels ont une grande confiance dans l’expression de leurs pairs. « Rien n’est plus puissant que 10 000 personnes qui parlent positivement de leur employeur. Nos agents sont nos ambassadeurs. Nous travaillons actuellement sur des vidéos qui permettent à des professionnels d’exprimer la réalité de leur quotidien », a conclu le DRH du CHU de Rouen.

Le message d’Amélie de Montchalin
Evoquant l’attractivité des métiers à l’hôpital public et dans les Ehpad, Amélie de Montchalin, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, a lié ressources humaines et innovation. « Une fonction publique attractive est une fonction publique moderne qui dispose de moyens », a-t-elle rappelé. L’adaptabilité pendant la crise sanitaire est aussi selon elle de nature à valoriser les secteurs sanitaire et médico-social. Amélie de Montchalin a également rappelé les efforts menés dans le cadre des Prépas Talents, un dispositif qui vise à permettre à chaque jeune d'avoir toutes ses chances d'intégrer la fonction publique en luttant contre l'autocensure face aux concours et en diversifiant la haute fonction publique. La Ministre a également présenté la neutralité et la laïcité comme des enjeux majeurs pour l’hôpital, alors même que les référents laïcité ne sont pas nommés dans l’ensemble des établissements et que la fonction reste méconnue de nombre agents.

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