Un plan d'action pour maîtriser les risques psycho-sociaux des étudiants en santé

Un plan d'action pour maîtriser les risques psycho-sociaux des étudiants en santé

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Face à des étudiants en santé à la psyché détériorée, les professionnels du système de soins ont décidé de réagir. Lors d'un webinaire, organisé ce 25 mai par la Conférence des doyens de facultés de médecine, un plan d'action a été présenté, acté et signé en présence des ministres Olivier Véran et Frédérique Vidal, par les représentants des associations d’étudiants, des conférences universitaires de santé et ses représentants des gouvernances hospitalières et hospitalo-universitaires.

« Sceller un accord entre les parties prenantes sur un sujet majeur : celui de la bienveillance dans les formations universitaires »,tel est l'objectif de ce plan d'action explique Pascal Maurel, directeur de l'Université du Change Management en Médecine. La maîtrise des risques psycho-sociaux est donc clé, puisqu'il s'agit des risques engendrés par les conditions de travail et les facteurs organisationnels et relationnels.

Ce plan a été développé en conséquence avec la mobilisation de plus de 140 acteurs du secteur de la santé : syndicats étudiants, conférences des doyens des formations médicales et conférence des présidents d’université, directeurs généraux de centres hospitaliers (CH), hospitalo-universitaires (CHU)...ainsi qu'en présence d'Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, et Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation qui ont exprimé le soutien du gouvernement. « La santé mentale est une priorité du ministère, confirmée par la création d'une délégation ministérielle à la santé mentale et la psychiatrie et par l'élaboration d'une feuille de route ambitieuse », a réaffirmé Olivier Véran.

Renforcer le système des signalements

Avec ce plan d'action, le ministre de la Santé veut opérer un changement dans la gestion des stages et de l'internat. Pour cause, « le ministère observe des pratiques de harcèlement, de discrimination ou de violences, parfois exercées par des encadrants ce qui est proprement inacceptable ».

L'un des axes de propositions, développé dans ce plan, est donc de « réorienter le cadre juridique de traitement des signalements ». Le consortium de professionnels souhaite qu'un signalement donne systématiquement lieu à une enquête administrative, ce qui n'est pas le cas dans certains établissements. Cette enquête devant être effectuée conjointement par l'établissement dans lequel évolue l'étudiant, le directeur de la structure ainsi que la faculté.

Pour Frédérique Vidal, « la priorité est de repenser les dispositifs de signalements à l'aune du parcours de l'étudiant en souffrance, de la même façon que notre système de santé envisage désormais le patient dans un parcours de soin ». Le plan d'action propose la création d'un statut juridique destiné à l'élu étudiant, capable de recevoir et de faire remonter les signalements de ces jeunes pairs. Il est aussi prévu que ce représentant soit protégé avec un statut similaire à celui des lanceurs d'alertes.

Qualité de vie et respect du temps de travail légal

Afin de connaître les autres risques psycho-sociaux, l'un des axes de propositions prévoit la création d'une conférence de concertation annuelle. À ce colloque s'ajouterai des groupes de travail thématiques : sur le traitement réglementaire des signalements ; l'amélioration du fonctionnement des stages ; l'éthique et la formation.

l’Observatoire de la qualité de vie au travail (OQVT) doit également être mobilisé afin de fournir des indicateurs fiables pouvant suivre l'évolution des risques psycho-sociaux chez les étudiants. « Des travaux d’évaluation de la souffrance au travail des étudiants doivent être mis en place, au niveau local, directement par les établissements hospitaliers et les universités », indique le plan d'action.

Le ministre de la santé annonce également le lancement, cet été, « d'une enquête relative au temps de travail des internes, pour définir ensemble ce que doit être le quotidien d'un étudiant en santé, dans une juste distribution du temps entre vie personnelle et professionnelle ». Il précise que des sanctions financières atteindront les établissements de santé qui ne respecteraient pas le temps de travail légal.

Pour Patrice Diot, président de la Conférence des doyens en médecine, « ce plan a pour vocation d'être étendu aux formations paramédicales, désormais universitarisées, et pourquoi pas aux autres composantes de l'université ». Il parle même d'un élargissement au niveau européen, puisque ce mal-être aurait été constaté dans toute l'Europe. Cette difficile condition estudiantine sera d'ailleurs l'objet d'un débat, le 30 septembre, à la Sorbonne.

Les signataires du plan d'action 
L'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), l'Intersyndicale nationale des internes (Isni), l'Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD), la Fédération nationale des syndicats d'internes en pharmacie et biologie médicale (FNSIP-BM), l'Intersyndicale nationale représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG), l'Association nationale des étudiants sages-femmes (Anesf), les conférences des doyens de médecine, de pharmacie et d’odontologie, la conférence de maïeutique, les conférences des présidents d'université, de CME de CHU et de CME de CH, les conférences des directeurs généraux de CHU et de CH.

Pour en savoir plus : Le plan d'action

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