Palmarès Le Point des hôpitaux : l'analyse de Yann Bubien, directeur général du CHU de Bordeaux

Palmarès Le Point des hôpitaux : l'analyse de Yann Bubien, directeur général du CHU de Bordeaux

Yann Bubien @CHUBordeaux

Le Palmarès Le Point 2021 mettait en lice cette année 1400 hôpitaux et cliniques. Dans le secteur public, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse retrouve une première place occupée ces dernières années par le CHU de Bordeaux, aujourd’hui deuxième. Le CHU de Lille restant troisième. L’hôpital européen de Marseille et l’hôpital Édouard Herriot des Hospices civils de Lyon font leur entrée dans ce tableau d’honneur.Yann Bubien, directeur général du CHU de Bordeaux, revient sur ce classement et sur les événéments forts de l'année écoulée.

Comment expliquez-vous le succès de ce Palmarès qui fait encore référence vingt-cinq ans après son lancement ?
Ce palmarès est attendu par les lecteurs, et donc de fait par les professionnels des centres hospitaliers concernés. C’est toujours un événement car même si le classement général ne repose pas sur des données exhaustives, la déclinaison par spécialités donne une bonne image de nos services. Cette année a été particulière compte tenu de la crise sanitaire mais la méthodologie est parfaitement rodée. En 2021, j’aurais bien évidemment préféré que le CHU de Bordeaux occupe la première place mais le plus important est de figurer parmi les trois premiers. Les CHU de Bordeaux, Toulouse et Lille sont dans un mouchoir de poche.

A l’occasion de ce palmarès, « Le Point » a organisé le 29 septembre un débat sur le thème « ce que l’épidémie de Covid-19 a révélé de notre système de santé ». Quel message avez-vous souhaité porter ?
J’ai évoqué la manière dont notre CHU a fait face à la crise sanitaire. Le 24 janvier 2020, le premier patient hospitalisé en France a été accueilli à Bordeaux. La mobilisation des équipes a été immédiatement exceptionnelle. Nous entendons souvent que les établissements publics, et en particulier les CHU, sont de gros mastodontes ingouvernables. La gestion de la crise a démenti cette critique et mis en lumière une grande adaptabilité et une forte réactivité face à un virus que nous ne connaissions pas. J’ai donc tenu à mettre en valeur le travail des professionnels de santé qui ont, par exemple, mis en place très rapidement des filières Covid et non-Covid afin de continuer à accueillir tous les patients et d’éviter des pertes de chances. Ouvrir en quelques heures des centres de dépistage et des centres de vaccination était un autre challenge qui, lui aussi, a été brillamment relevé. Il faut également souligner la solidarité entre hôpitaux : nous avons accueilli de nombreux patients de la région Grand-Est transportés par avion militaire, puis par TGV médicalisé. Et cinquante soignants de notre CHU, médecins et infirmiers, se sont portés volontaires pour aller aider les équipes soignantes de Guyane, des Antilles et de la Polynésie. Mais ce constat, plutôt réconfortant, ne doit pas nous faire oublier la grande fatigue des soignants. Ils sont aujourd’hui en proie à de la lassitude, et parfois même à de la douleur, alors que s’achève cette quatrième vague.

Comment agit et réagit un directeur général de CHU face à la souffrance des personnels ?
Un directeur général de CHU doit écouter et entendre les difficultés des soignants afin d’apporter, avec le concours du président de la Commission médicale d’établissement (CME), des réponses personnalisées. Nous sommes aujourd’hui confrontés à un absentéisme accru et à des difficultés de recrutement, notamment de personnels paramédicaux. Les embauches ne compensent malheureusement pas les départs. Nous avons donc élaboré un plan d’action multifacettes : en matière de recrutement par exemple, nous travaillons avec les écoles paramédicales pour attirer les jeunes vers des professions soignantes. Nous voulons aussi fidéliser nos personnels d’où l’importance de ne pas les fatiguer davantage. Nous avons donc créé des pools de paramédicaux pour pallier les absences courtes et ne pas surcharger les personnels présents.
J’ajouterai enfin que le projet Nouveau CHU est un élément fédérateur et un atout majeur en termes de motivation. Un milliard deux cent millions d’euros vont être investis pour rénover 90 000 mètres carré et construire 90 000 autres mètres carrés. Nous disposerons ainsi d’un hôpital très moderne, adapté aux besoins des patients et des professionnels de santé.

 

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