Maladies chroniques: l'Inserm encourage la pratique de l'activité physique

L'Inserm recommande d'organiser le parcours du patient afin de favoriser l’activité physique à toutes les étapes de la pathologie. @pixabay

Actuellement, un français sur quatre souffre d’une maladie chronique, une proportion qui atteint trois sur quatre après 65 ans. Avec l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre de personnes atteintes ne cesse donc de croître. Sollicité par le ministère des Sports pour réaliser une expertise collective sur l’impact de l’activité physique et sa place dans le parcours de soin, l’Inserm conclut, dans un rapport publié le 14 férvier (1), que l’activité physique fait partie intégrante du traitement des maladies chroniques et recommande que sa prescription soit systématique et aussi précoce que possible.

Après avoir conclu aux bienfaits de l'activité physique en prévention et en traitement des maladies chroniques, le groupe d’expert de l'Inserm a établi huit recommandations de recherche et d’actions destinées aux autorités de santé :

1 - Prescrire de l’activité physique pour toutes les maladies chroniques étudiées et l’intégrer dans le parcours de soin. Le groupe d'experts va même plus loin en relevant que l’activité physique doit être prescrite avant tout traitement médicamenteux pour la dépression légère à modérée, le diabète de type 2, l’obésité et l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Des recommandations spécifiques par pathologie ont également été élaborées.

2 - Adapter la prescription d’activité physique aux caractéristiques individuelles et médicales des patients, par exemple en évaluant son niveau d’activité physique par un entretien et/ou des tests simples (ex : test de marche de 6 minutes), en réalisant un suivi de l’évolution de la condition physique et de la tolérance à l’exercice pour adapter éventuellement la prescription et en proposant des programmes personnalisés intégrant les préférences et les attentes du patient.

3. Organiser le parcours du patient afin de favoriser l’activité physique à toutes les étapes de la pathologie.

4. Associer à la prescription une démarche éducative pour favoriser l’engagement du patient dans un projet d’activité physique sur le long terme. Pour les experts de l’Inserm, « La bonne intégration de l’activité physique au projet global de soins et d’éducation thérapeutique suppose une communication régulière entre l’intervenant en activité physique adaptée et les soignants. »

5. Soutenir la motivation du patient dans la mise en œuvre de son projet, en intégrant des pratiques ludiques et motivantes et en lui faisant percevoir les bénéfices. Les experts relèvent que ces stratégies peuvent être "employées par différents interlocuteurs tout au long du parcours de santé (personnel soignant, médecin, psychologue, spécialiste de l’activité physique adaptée…) lors de séances en face-à-face, individuelles ou collectives". Il peut être par ailleurs,conseillé de recourir à un soutien technologique (accéléromètre, réseaux sociaux, sites internet, appels téléphoniques, SMS, objets connectés santé, serious games, visioconférences…).

6. Former les médecins à la prescription d’activité physique. Le groupe d’experts recommande une généralisation de modules obligatoires relatifs à la prescription de l’activité physique dans la formation des étudiants en médecine ; une formation continue des médecins avec les mêmes objectifs que ceux de la formation initiale ; la participation d’experts de l’activité physique à visée de santé mais aussi d’experts de l’activité physique adaptée dans ces modules de formation pluridisciplinaire et le développement d’échanges et de réflexions communes entre différentes professions impliquées en faveur de la pratique de l’activité physique adaptée.

7. Former des professionnels de l’activité physique à la connaissance de la pathologie et à l’intégration de l’activité physique dans l’intervention médicale.

8. Promouvoir des recherches sur les modalités d’interventions et leurs effets, sur les modalités d’intégration de l’activité physique dans le parcours de soins et ses finalités, sur la motivation et l’observance à long terme et sur les outils technologiques. L'étude relève par ailleurs que "les innovations et actions de prévention qui ne prennent pas en compte les inégalités sociales de santé contribuent souvent à les aggraver". L'Inserm recommande par conséquent la réalisation d’études pour analyser l’efficience de ces nouvelles technologies selon la culture, l’âge, le niveau socioculturel et les attentes des patients. Parmi les autres sujets de recherche que l'Inserm appelle de ses voeux figurent les effets des politiques publiques de santé en faveur de l’activité physique des personnes atteintes de maladies chroniques, les mécanismes physiologiques d’action de l’activité physique en général et par pathologie ou encore les effets synergiques de stratégies combinant alimentation et activité physique.

1 - Cette expertise s’appuie sur une analyse critique de la littérature scientifique internationale réalisée par un groupe pluridisciplinaire de treize chercheurs experts dans différents domaines relatifs aux pathologies chroniques, à la médecine du sport et à la psychosociologie. Les principales pathologies étudiées sont les pathologies cardiovasculaires, les cancers, le diabète, les pathologies respiratoires chroniques, certaines maladies mentales (dépression, schizophrénie), les troubles musculosquelettiques (TMS) et la multimorbidité.

La pratique régulière d’une activité physique prévient du cancer. Et, même en cas de survenue de la maladie, il réduit le risque de mortalité. Les Dragon pink ladies sont un groupe de femmes atteintes d'un cancer du sein ou en rémission. Le canoë est devenu leur thérapie. Vidéo réalisée en partenariat avec l'inserm et Sciencetips.

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