La concurrence dans le milieu hospitalier n'améliore pas la qualité de soins

La concurrence dans le milieu hospitalier n'améliore pas la qualité de soins

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L'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) publie une étude sur l'impact de la concurrence sur la qualité des soins hospitaliers. Bien que favorisant l'innovation dans les grosses structures, elle se révèle inefficace pour les hôpitaux à volume d'activité très faible.

« Les conséquences de la concurrence entre les hôpitaux sur la qualité des soins font débat. D’une part, la théorie économique suggère que lorsque les prix sont réglementés, la qualité des soins augmente dans les marchés compétitifs. À l’inverse, les économies d’échelle et l’existence d’une relation positive entre le volume d’activité et la qualité des soins plaident en faveur de la concentration de l’offre de soins hospitaliers », indique l'IRDES dans l'introduction de son rapport.

La chirurgie du cancer du sein

L'institut s'est donc concentré sur la concurrence entre les hôpitaux pratiquant la chirurgie du cancer du sein. Un service spécifique pour lequel les structures peuvent être en rivalité. Ne rentrant pas dans les situations d'urgence, ce type de chirurgie permet aux patients de choisir à l'avance l'établissement, en fonction de leur réputation ou des mesures de qualité.

Pour établir ce rapport, l'IRDES a utilisé deux techniques chirurgicales comme mesure de qualité de soins : la reconstruction mammaire immédiate (RMI) après une mastectomie, et la technique du ganglion sentinelle (GS), considérée comme moins invasive que le curage traditionnel pour établir un diagnostic et définir le stade de la maladie. L'institut s'est concentré sur la période de 2005 à 2012, durant laquelle est apparu une réglementation sur le volume minimum d'activité et de la tarification à cette activité. Cette analyse s'est appuyée sur les données de séjours issues de la base de données hospitalières nationale (PMSI).

Qualité et volume d'activité

D'après l'IRDES, il est difficile de trouver «un juste équilibre entre le niveau de la concurrence ou la concentration du marché hospitalier». Cette concurrence peut induire un investissement, des structures, dans de nouvelles techniques afin d'améliorer la qualité des soins. Cet impact est toutefois variable selon les mesures de qualité considérées par les établissements ou les patients. Dans le cas de la RMI, par exemple, cette qualité est plus discernable par la patiente que par l'équipe soignante.

Par ailleurs, qu'importe le niveau de concurrence, les facteurs socio-économiques déterminent les soins reçus. L'institut reprend l'exemple du RMI, puisque les patientes habitant dans des zones à faibles revenus, ont moins de chances de bénéficier de techniques innovantes. «Le volume d'activité et le type d'hôpital sont de puissants déterminants de la qualité des soins», indique le rapport. Les structures opérant plus fréquemment ce type de patientes seront donc plus susceptibles de bénéficier des innovations adaptées. L'étude indique aussi que les Centres de lutte contre le cancer (CLCC) et les CHU bénéficient plus souvent de ce type d'outils.

Une alternative à la centralisation

Les auteurs de l'enquête observent en conclusion que l'instauration de seuils minimaux d'activité semble «constituer un excellent levier pour améliorer la qualité des soins dans de nombreux domaines». Toutefois, les distances d'accès aux soins ont augmenté et les marchés monopolistiques ont été créés. L'IRDES suggère donc de privilégier une autre politique à la centralisation, notamment par la création de réseaux hospitaliers. Les structures à faible volume pourraient ainsi bénéficier des connaissances des centres avec une plus large activité.

Pour en savoir plus : Impact de la concurrence sur la qualité des soins hospitaliers : l’exemple de la chirurgie du cancer du sein en France

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