Violences hospitalières : 70% des auteurs sont des patients

Violences hospitalières : 70% des auteurs sont des patients

@OVNS

L'Observatoire national des violences en milieu de santé a récemment publié son rapport 2020. Chaque année, les établissements inscrits sur la plate-forme de l'ONVS transmettent les signalements pour incivilités, violences et actes de malveillance de l'année passée. Ce dernier rapport établit une augmentation des signalements pour l'année 2019.

7,8% des structures inscrites ont déclaré des signalements, les établissements publics de santé (EPS) en tête. Un tiers des EPS (35,7%) ont déclaré 21 267 signalements pour l'année 2019, sur les 23 780 reçus par l'ONVS. L'extrême majorité (81%) étant des atteintes aux personnes :

  • 49% de violences physiques et menaces avec arme
  • 31% d'insultes et injures
  • 18% de menaces d'atteinte à l'intégrité physique
  • 2% de violences avec armes

Les victimes

Dans ce rapport, l'observatoire recense 34 922 victimes d'atteintes aux personnes :

  • 82 % sont des professionnels de santé : soit 2 240 médecins, 12 638 infirmiers et 12 196 assistants de soins et autres soignants
  • 5,5 % sont du personnel administratif
  • Les patients représentent 11% de victimes, les agents de sécurité 4%, autres 2%, les visiteurs 1% 

Les auteurs

L'observatoire recense 23 390 auteurs de violences aux personnes : 70% d'entre eux sont des patients, 18 % d'accompagnateurs,  autres 8 % . Le personnel de santé représente 3% des auteurs. L'ONVS répertorie ces actes en quatre catégories. Ce qui permet de cerner les causes et motifs de violences afin d'adapter la prévention et la lutte :

  • La violence de personnes aux comportements délinquants, personnes marginales ou dans un état second (sous emprise manifeste d’alcool ou de stupéfiants), qui agissent le plus souvent dans ce rapport de violence et de force très marqué.
  • La violence de « M. et Mme Tout-Le-Monde » est celle « qui semble le plus marquer les esprits en raison du contexte sociétal très individualisé et dont pâtissent tous les secteurs d'activité de la société », précise le rapport.
  • La violence commise par des personnes souffrant de trouble psychique ou neuropsychique qui modifie le discernement.
  • La violence interprofessionnelle : « essentiellement des violences verbales mais aussi psychologiques et plus rarement physiques ».

La majorité de ces violences découlent d'un reproche relatif à la prise en charge du patient (45,3%). Suivent ensuite les refus de soins à hauteur de 20% et le temps d'attente, pour 11%.

Un impact notable sur le système de soins et le moral des soignants

Malgré une augmentation des signalements, 77% des cas de violences ne donnent pas suite à une démarche judiciaire. La prévention et la lutte de ces actes sont devenues des enjeux capitaux pour les établissements de santé. L'ONVS considère que « les directeurs d'établissements doivent acquérir une nouvelle compétence de '' sécurité '', qui ne faisait pas partie de leur cœur de métier ». L'absence de prévention ou de lutte induit des impacts négatifs humains et financiers, précise l'observatoire. Ce qui met en danger l'accès aux soins et sa continuité et contribue à dégrader l'image et la réputation de l'établissement.

L'observatoire a également recueilli des témoignages de soignants qui évoquent « une angoisse de faire les soins , une frustration et une sensation de mal faire les soins ainsi qu'un stress participant à l'épuisement des professionnels et la démoralisation du personnel ». Le personnel évoque aussi, après un acte de malveillance, une désorganisation dans la prise en charge du patient impliqué et des autres patients. Ainsi qu'une perte de temps et un sentiment d'insécurité, partagé par les patients et témoins des faits qui éprouvent « un stress pour eux et pour tous les autres patients ».

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