Comment la crise sanitaire a renforcé les problèmes d'addiction...

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Près de la moitié des personnes suivies pour des problèmes d'alcool, de cannabis ou de médicaments ont augmenté leur consommation depuis le premier confinement. Pour le tabagisme, ce taux s'élève à 61%. C'est ce que pointe, entre autres résultats, l'enquête BVA réalisée pour l'association Addictions France*.

Confinement, isolement, interruption des suivis : les conséquences de la pandémie de COVID-19 ont renforcé les problèmes d'addictions, y compris chez les personnes déjà suivies, souligne l'enquête BVA/ Addictions France. 

La crise a eu un impact négatif sur le moral et la santé psychologique de 71% des personnes interrogées. Cette souffrance résonne avec d'autres facteurs de vulnérabilité : « difficultés financières, perte d’emploi, arrêt de l’activité professionnelle, isolement social ». Pour Addictions France, la pandémie a provoqué une perte de contrôle chez une majorité de personnes suivies pour leur addiction.

Le besoin d'un accompagnement renforcé

60% des personnes interrogées expriment le besoin d'avoir un accompagnement renforcé, depuis le début de la pandémie. En conséquence, l'association propose des consultations à distance et a mis en place des systèmes de « drive » pour délivrer du matériel de réduction des risques et des kits d'hygiène. Cet accompagnement, mis en place dans les 90 centres gérés en France par l'association, a été bénéfique : les consultations sont en augmentation par rapport aux années précédentes. Cependant, cette hausse s'est heurtée aux limites des capacités d'accueil ou de prise en charge.

39% des Français suivis pour une addiction ont dû renoncer à se faire accompagner, rapporte l'enquête. Soit parce qu’ils ont eu des difficultés à obtenir un rendez-vous, soit parce qu’ils ne savaient pas vers quelles structures se tourner, rapporte l'enquête. « C’est une perte de chance pour un grand nombre de personnes qui ont pris conscience de leurs problématiques addictives, mais qui n’ont pu se faire accompagner, ou alors avec des délais d’attente très longs», se désole le Dr Bernard Basset, président de l'association. Il alerte aussi sur les conséquences sociales de la crise sanitaire sur cette population fragilisée.

Lutter contre les inégalités

Pour Addictions France, plusieurs actions doivent être engagées, notamment en lien avec le Ségur de la Santé et la mesure 27 portant sur la lutte contre les inégalités de santé :
- Accroître les financements dédiés à la prévention et à la réduction des risques, et favoriser le repérage et l’orientation des personnes en difficulté avec des conduites addictives
- Faire connaître les centres d’addictologie afin que les personnes en difficulté sachent vers qui se tourner
- Lutter contre la désertification médicale et la difficulté à recruter des médecins addictologues en favorisant l’émergence de nouveaux métiers : infirmiers en pratique avancée (IPA), métiers de la prévention, etc. 
- Généraliser les dispositifs "d’aller-vers" pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins, en particulier en milieu rural 
- Développer les coopérations avec le secteur de la psychiatrie pour améliorer la prise en charge des patients présentant un double diagnostic (usages de substances et comorbidités psychiatriques).

Pour en savoir plus : Enquête nationale BVA/Addictions France

*Cette enquête a été menée par BVA Santé pour Addictions France auprès de 1224 personnes qu’elle accompagne. Elle fait suite à un premier sondage conduit auprès du grand public publié le 8 avril dernier.

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