25% des cas graves de Covid-19 liés à des anomalies génétiques et immunologiques

25% des cas graves de Covid-19 liés à des anomalies génétiques et immunologiques

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Un an et demi après l'arrivée de la pandémie de Covid-19, l'hypothèse d'une prédisposition aux formes graves se confirme. C'est en tout cas ce qui ressort de deux nouvelles études, parues le 19 août, dans la revue Science Immunology. Elles indiquent qu'un quart des formes sévères relève de la génétique et de l'immunologie.

« Ces anomalies entravent l'immunité contrôlée par l'interféron de type 1 (IFN 1), première barrière immunologique contre les infections virales », indique l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) le 19 août. Cette protéine, habituellement produite de manière rapide par le système immunitaire, a pour effet de bloquer la multiplication du virus dans les cellules infectées or certains variants de la Covid-19 agissent sur cet interféron.

Prédisposition génétique

« Ces variants génétiques, dits perte de fonction du gène TLR7, conduisent au développement de formes critiques, en particulier chez les patients jeunes », explique l'AP-HP. Or, ce gène joue un rôle majeur dans la production d'IFN 1. Le déficit de cette protéine empêche donc les cellules de lutter contre l'infection. « 1,3% des formes graves s'expliquent par des anomalies génétiques du gène TLR7 chez les hommes », détaille le CHU. Un taux qui grimpe jusqu'à 1,8% chez les patients âgés de 60 ans.

Par ailleurs, « 15 à 20% des formes sévères sont causées par la présence — dans le sang des patients — d'auto-anticorps qui visent spécifiquement les IFN 1 ». La Covid-19 pénètre donc dans les cellules, sans rencontrer de résistance et se réplique de façon incontrôlée, ce qui peut conduire à des pneumopathies sévères.

Ces études révèlent aussi pourquoi les formes graves touchent principalement les plus de 65 ans. La présence des auto-anticorps, dirigés contre les IFN 1, se révèlent très rares avant cet âge (entre 0,2 et 0,5%) et « augmente exponentiellement en vieillissant » : 4% de 70 à 79 ans, 7% de 80 à 85 ans... Les chercheurs précisent aussi que « les causes et les mécanismes de cette augmentation dans la population générale restent à élucider ».

Une collaboration internationale

Ces études sont le fruit d'une collaboration entre les chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), des médecins de l'AP-HP, des enseignants-chercheurs de l'université de Paris et de l'université Rockefeller de New-York.

Pour en savoir plus : Études publiées dans la revue Science Immunology

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