Spécial Recherche : «Le CH du Mans est le 1er centre non universitaire de recherche industrielle sur le territoire», Diane Petter, directrice générale adjointe

Dr Diane Petter, directrice générale adjointe du centre hospitalier du Mans

Avec plus d’une centaine de publications scientifiques signées par ses équipes, près de 2000 patients inclus dans des études cliniques, le centre hospitalier du Mans affiche le dynamisme de ses activités de recherche. Etat des lieux avec Diane Petter, directrice générale adjointe…

Quelle importance revêt la recherche clinique au sein de votre établissement?

Voici une quinzaine d’années que la recherche clinique se développe au centre hospitalier du Mans, sachant qu’il s’agit de l’établissement support du GHT de la Sarthe et que nous avons un volume de séjours très importants (plus de 103 000 séjours en 2018) nous disposons ainsi d’un grand panel de patients. Par ailleurs, depuis 2011 nous sommes labellisés « centre de recherche clinique » et, en 2016, nous sommes devenus le 1er membre non universitaire du groupement des Hôpitaux universitaires du Grand Ouest (HUGO). Autant de facteurs qui ont boosté notre activité de recherche et nous permettent d’afficher un PHRC retenu fin 2016, un PREPS retenu en 2018 et 2 lettres d’intention validés pour un nouveau PHRC et un nouveau PREPS en 2019

Comment progresse votre activité de recherche? Dans quels domaines?

Au fil des années, compte tenu de notre activité variée et spécialisée, nous avons constitué un socle solide en investigation.
En 2017 nous sommes devenus centre promoteur d’études cliniques avec d’une part un essai portant sur la gestion de la douleur lors des sutures de plaies aux urgences et d’autre part dans le cadre de l’essai Ambroisie. Ce protocole de soins en place en réanimation visant à démontrer l’intérêt d’être à jeun ou pas au moment de l’extubation associe 21 autres CH et CHU. Ainsi, en 2018, 813 patients ont été inclus dans des projets portés par le CHM (211 inclusions réalisées au CHM et 602 dans les autres CH et CHU associés)... Toutes activités et études confondues, nous avons actuellement près de 2000 patients inclus dans des études cliniques en cours. Autre indicateur fort de notre dynamisme : 105 publications scientifiques ont été portées à ce jour par des équipes médicales du centre hospitalier du Mans.

Qu’en est-il du financement des études menées dans votre établissement et dans le cadre de quels types de partenariats?

Nous disposons, toutes aides gouvernementales confondues, d’une enveloppe MERRI de 2,3 millions d’euros par an. Ce qui nous aide à promouvoir et réaliser nos propres projets de recherche et à investir pour cela en équipement et en personnel dédiés. Mais d’autres sources de financement sont nécessaires, notamment émanant de promoteurs industriels. Le CH du Mans est ainsi depuis 3 années consécutives le premier centre hospitalier non universitaire en recherche industrielle avec le nombre le plus élevé de contrats uniques conclus.
Pour le reste, nous développons aussi autant que possible des partenariats avec les universités, notamment avec l’Université du Mans et les CHU, notamment celui d’Angers, les membres d’HUGO ou certains établissements de l’AP-HP. Pour exemple, avec l’Université du Mans, nous avons retenu une thématique prioritaire de recherche en commun dans le domaine de l’activité physique adaptée en alliant nos expertises : une filière sport/santé dynamique à l’université et le développement de parcours de soins individualisés pour les patients chroniques à l’hôpital. En outre, nous avons constitué avec le CHU d’Angers une « Maison commune de la recherche » dans le cadre d’une Délégation interdépartementale à la recherche clinique et à l’innovation, financée grâce à des crédits d’amorce de l’ARS PDL. Nous collaborons aussi activement avec les centres de cancérologie de notre région, ce qui nous permet de faire bénéficier nos patients des traitements les plus innovants dans ce domaine.

De quels moyens humains disposez-vous aujourd’hui pour mener à bien vos projets?

Nous nous trouvons dans une phase de déploiement progressif et nous ne pouvons pas multiplier les recrutements. Nous faisons appel à des emplois à temps partagés avec le CHU d’Angers pour les fonctions de data manager et dans le futur de biostatisticien et nous privilégions l’évolution interne de notre personnel. Nous avons ainsi promu un membre de notre personnel de recherche au poste de chef de projet et nous cherchons actuellement à recruter un remplaçant pour le poste qu’il a laissé vacant. Pour le reste nous encourageons vivement toutes les équipes de notre établissement à s’investir dans la recherche. Pour la deuxième année consécutive, nous avons lancé une campagne interne d’appel à projets ouvert à tous, médicaux et paramédicaux. 12 projets ont été déposés en 2018, une dizaine déjà pour 2019.

Favorisez-vous les formations des personnels dans ce domaine?

Outre les formations aux Bonnes Pratiques Cliniques proposées chaque semestre aux internes et aux praticiens du CHM, Il n’y a pas d’autress formations spécifiques obligatoires pour les médecins et les personnels paramédicaux qui se tournent vers la recherche mais nous avons le projet de proposer à nos équipes des formations en anglais, langue des publications scientifiques. Par ailleurs nous commençons à mettre en place un système d’appui par des personnes ressources expérimentées en recherche clinique auprès d’autres plus novices dans ce domaine. Nous profitons des formations ou ateliers dispensés aux adhérents d’HUGO et nous avons le projet de déployer en collaboration avec le CHU d’Angers des ateliers sur site sur certains sujets au plus près des utilisateurs.

Quels sont encore selon vous les principaux freins de la recherche en CH?

C’est le temps consacré et la valorisation de ce temps qui s’avère le plus difficile en CH. Alors que dans un CHU, la recherche clinique fait partie intégrante de la mission d’un praticien, avec un budget alloué, leLe CH doit quant à lui faire le choix de consacrer une partie de ses ressources liées à l’activité de soins à la recherche. L’enjeu est donc d’emblée de faire reconnaitre son activité de recherche pour trouver des sources de financement, alors que la recherche clinique demande du temps pour s’installer. Cet investissement reste prioritaire car nous restons convaincus que la recherche clinique est un levier puissant pour la qualité de soins et l’attractivité de notre établissement.

Pour en savoir plus :

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