COVID-19 ou si un virus était l'accélérateur insoupçonné de la télémédecine ?

François Chambeyron, (@UGAP)

Alors que la crise sanitaire liée à la COVID-19 a propulsé son déploiement et son usage, la télémédecine s'affiche comme un outil incontournable de l'hôpital de demain. L'analyse de François Chambeyron, directeur Santé de l’UGAP...

Si les médias grand public s’empressent de nous parler du télétravail et de son explosion au sein des entreprises durant le 1er semestre 2020, période de crise sanitaire et du confinement, la télémédecine et les consultations à distance ont, elles aussi, vu leur nombre exploser. Du jamais vu en France. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: au plan national, les téléconsultations sont passées de 30 000 en février 2020 à plus de 925 000 sur la seule première semaine d’avril 2020 et toutes les régions étaient concernées. La période de déconfinement et un retour à une situation plus apaisée ne démentent pas cet essor.

La télémédecine peut-elle être la solution pour l’hôpital de demain, pour le désengorgement des urgences et le suivi des patients souffrant de maladies chroniques? Il semble que la période que nous venons de vivre nous en a démontré la faisabilité et les résultats. N’est-ce pas également l’occasion de réorienter l’hôpital vers son cœur de métier et favoriser davantage le développement de l’ambulatoire?

Vers l'ancrage de la télémedecine dans notre système de santé

De nombreuses questions auxquelles l’UGAP et les membres de sa direction santé tentent de répondre - avec les titulaires de ses marchés publics - en proposant des solutions aux établissements de santé mais aussi aux collectivités. Il est à noter la forte demande en 2020 des communes et départements qui ont acquis des cabines de télémédecine, véritables plateformes de coordination et d'expertise pour recueillir les demandes des professionnels de proximité et diffuser les réponses, grâce aux spécialistes.

Cette santé, le plan Ma santé 2022, et le Ségur de la santé ne pourront se faire et prouver toute leur efficacité qu’avec une coordination entre professionnels de santé et politiques des collectivités territoriales pour le développement et l’ancrage de la télémédecine dans notre système de santé. La prise en charge à distance permettant, nous le souhaitons tous, de désengorger les services d’urgence et simplifier les consultations préopératoires mais également assurer le suivi à distance de patients dont les déplacements en consultation présentielles pourraient s’avérer douloureux.

La télésanté au-delà de la crise

Bien évidemment, nous ne souhaitons pas connaitre une nouvelle période de confinement et une situation de crise sans précédent pour les hôpitaux et leur personnel, mais il faut admettre que cette pandémie aura au moins eu le mérite de changer le paradigme en rendant la téléconsultation, comme le télétravail, dignes de confiance.

Nombreux sont les établissements hospitaliers qui, pour maintenir la continuité des soins des patients à domicile, ont décidé de faire de la télémédecine un des axes stratégiques de développement de l’e-santé.

La télésanté n’a pas été l’apanage des patients atteints ou suspectés de Covid-19. Les patients souffrant de pathologies chroniques en ont également bénéficié. En effet, notre pays ne partait pas d’une feuille blanche. Le programme Ma santé 2022 et les remboursements par l’assurance maladie de la téléconsultation depuis 2018 puis de la télé-expertise en 2019 ont, bien avant le confinement, favorisé leur expansion rapide. La crise sanitaire a amplifié leur usage et a sans doute permis de gagner quelques années sur le déploiement de telles solutions.

L’avenir nous dira si 2020 aura révolutionné la télésanté.

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