CHAM 2021 : "One health", un seul monde, une seule santé

CHAM 2021 : "One health", un seul monde, une seule santé

La convention CHAM 2021 a réuni experts et décideurs autour du concept One Health, celui d'une santé unique et globale. A l'écran ci-dessus : Monique Eloit, directrice générale de l'Organisation mondiale de santé animale (OIE)

"One health, un seul monde, une seule santé humaine, animale, environnementale" : tel était le thème fédérateur de la convention CHAM 2021 qui s'est tenue début octobre à Paris. Experts et décideurs, médecins et vétérinaires, universitaires et industriels, politiques et institutionnels, acteurs publics et privés étaient au rendez-vous pour échanger et débattre autour des grands enjeux de santé. Extraits choisis...

Santé humaine, santé animale, santé environnementale : une nécessaire approche globale

Différents facteurs, associés aux conditions environnementales favorables à l'émergence de nouveaux agents pathogènes, expliquent la recrudescence des épizooties au niveau international: la densité animale liée à l'intégration de plus en plus poussée des systèmes d'élevage, le rapprochement de certaines espèces animales (notamment sauvages et domestiques), l'évolution de la démographie humaine mondiale, la concentration de populations et la globalisation des échanges internationaux. En outre, les facteurs d'émergence des épizooties sont également à l'origine de la multiplication, à l'échelle internationale, des zoonoses, des maladies transmissibles de l'animal à l'homme. Agir en amont, pour préserver les conditions environnementales et la santé animale apparaissent dès lors comme une nécessité si l'on veut protéger la santé humaine.

« Cette pandémie est un bon sujet de réflexion sur la façon dont on peut concevoir et améliorer l'approche globale en santé.C'est à partir d'un réservoir animal qu'elle s'est développée et cela montre l'importance de la recherche sur l'animal pour la protection de la santé humaine. Au-delà de l'intercollaboration transdisciplinaire des équipes de recherche, les soutiens politiques, financiers, institutionnels sont indispensables pour que cette approche se concrétise».
Monique Eloit, directrice générale de l'Organisation mondiale de santé animale (OIE)

« 60% des maladies infectieuses et 75% des infections émergentes sont d'origine animale. Et le lien avec la santé environnementale est essentiel.Il faut une forme d'épidémio surveillance à l'échelle planètaire».
Philippe Mauguin, Pdg de l'Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)

« Le lien entre humain et animal ne date pas d'hier mais il a évolué vers une plus grande proximité. Et il ya forcément un rapport de cause à effet entre cette proximité croissante et le développement des épizoties et des zoonoses».
Jean Scheftsik de Szolnok, responsable monde de l'unité santé animale de l'industriel vétérinaire allemand Boehringer Ingelheim

« Les grandes crises planétaires : le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, les pandémies sont étroitement liés. Le changement climatique modifie les aires de répartitions des populations animales et humaines, génère des rencontres entre des organismes qui n'ont pas co-évolué et ainsi le passage d'agents pathogènes de l'animal à l'homme. Il faut rappeler que l'activité humaine d'exploitation des sols amplifie ce phénomène, alors que la préservation de la biodiversité a un effet de dilution et le minimise».
« Etudier l'historique et l'écologie des pathogènes est essentiel pour comprendre leur évolution et développer des hypothèses».
Delphine Destoumieux-Garzón, directrice adjointe du laboratoire "Interactions Hôtes-Pathogènes-Environnements" du CNRS

Pour une Europe engagée et coordonnée dans l'innovation en santé

Alors que la France s'apprête à prendre la présidence de l’Union européenne en janvier prochain, le gouvernement entend bien capitaliser sur une logique de gestion commune de la santé, avec notamment la création de l’agence HERA qui aura pour mission de répondre dans l'urgence aux impératifs sanitaires : financement des médicaments innovants, coordination des stocks et accélération de l’autorisation de mises sur le marché de certains vaccins.

« Dire que la santé humaine, animale et environnementale ne font qu'une et que la réflexion doit toutes les prendre en compte. C'est un objectif prioritaire pour l'Union européenne dans les années à venir».
« Je vais porter, dans le cadre de la présidence européenne l’agence HERA. Elle n'existera pas à la place des agences nationales de santé, elle sera en plus. Elle jouera un rôle clé au niveau du partage de savoir-faire de compétences et de la formation au service de la recherche».
Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé

Des programmes de recherches européens, associant universités, laboratoires et entreprises privées, font désormais l’objet de financement via le projet "Horizon Europe". 95 milliards d’euros y seront alloués, jusqu’en 2027.
« C’est le plus grand plan de financement de la recherche dans le monde, ça fait du bien de temps en temps de se rappeler qu’aucun autre continent n’a consacré autant de budget à la recherche».
Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Une véritable politique environnementale pour une nutrition de qualité

« Hippocrate disait que le premier des médicaments, c'est l'alimentation. Mon ministère s'appelle "Agriculture et Alimentation". En fait il devrait s'appeler "de la nutrition permise par une alimentation de qualité, elle-même permise par une agriculture souveraine et de qualité"».
« En France, la moyenne d'un élevage porcin c'est 100-150, en Chine, vous avez des immeubles de 13 étages. Quand vous avez un virus qui rentre dans un immeuble de 13 étages c'est digne de la boîte de Petri, en terme d'incubation. Il faudrait qu'on arrive à rehausser les normes sanitaires alimentaires avec une politique unique à l'échelle internationale. C'est dans cette idée que nous avons créé un Comité scientifique lors du One Planet Summit, qui regroupe plus de 1000 chercheurs d'une dizaine de pays différents. L'enjeu est de faire prendre conscience à tous que la politique environnementale (végétale, humaine et animale) doit être véritablement ce qui dicte de l'action de santé».
Julien de Normandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

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