COVID-19 : identification d'une signature génique spécifique dans les formes graves

COVID-19 : identification d'une signature génique spécifique dans les formes graves

@pixabay

Une équipe de recherche franco-américaine est parvenue à identifier une signature génique distinguant les patients atteints de formes critiques de Covid-19, et notamment de syndrome de détresse respiratoire aigüe (SDRA). Des résultats publiés dans la revue Science Translational Medicine qui ouvrent de nouvelles pistes thérapeutiques.

Les chercheurs de l'unité U1109 de l'Inserm et de l'Université de Strasbourg ont dans un premier temps étudié les mécanismes moléculaires et génétiques directement associés au COVID-19 sur 72 patients de moins de 50 ans hospitalisés pendant la première vague de la pandémie et ne présentant aucune comorbidité majeure. Certains, souffrant de SDRA ayant été admis en réanimation et d'autres atteints d'une forme moins grave, en secteur dit "conventionnel".

Les scientifiques ont réalisé pour chaque patient une analyse «multi‑omique», c’est-à-dire de l’ensemble des données génomiques, protéomiques, transcriptomiques (investigation de la totalité des ARN messagers) et autres données virologiques, immunologiques et sérologiques.

Une analyse poussée des données via l'intelligence artificielle

Le traitement et l'interprétation du vaste volume de données générées dans le cadre de cette analyse multi-omique a exigé l'usage d'outils numériques très avancés. Pour ce faire, les chercheurs français se sont appuyés sur la collaboration de l’Institut d’intelligence artificielle de l’entreprise biotechnologique américaine Genuity Science (devenue depuis Hibercell). L’équipe a ainsi pu identifier plus précisément cinq gènes surexprimés chez ces patients.
L’un d’entre eux, le gène ADAM9, intéresse tout particulièrement les scientifiques. Sa surexpression «conduirait» (d’où sa désignation de «gène driver») certains patients vers les formes graves de Covid-19 et le SDRA.

Bloquer le gène ADAM9

Les chercheurs ont ensuite réalisé des expériences in vitro qui ont montré que le fait de bloquer le gène ADAM9 dans des lignées cellulaires est associé à une réduction des quantités de virus SARS-CoV-2 dans ces cellules, ainsi qu’à une diminution de la réplication du virus, confirmant donc son importance dans la maladie critique mais aussi son potentiel en tant que cible thérapeutique.

D’autres études devront bien entendu être menées afin de confirmer ce dernier point, mais les scientifiques estiment que ces résultats ouvrent une piste thérapeutique intéressante, d’autant que des essais cliniques en oncologie pour tester des anticorps monoclonaux qui inhibent justement ADAM9 sont en cours. Des stratégies de repositionnement thérapeutique pourraient donc être envisagées à plus long terme.

L'étude

Au total, 94 personnes, de moins de 50 ans et ne présentant aucune comorbidité majeure, ont participé à cette étude: 47 patients pris en charge en soins intensifs pour un (SDRA), 25 hospitalisés en secteur conventionnel et 22 individus "contrôles" en bonne santé.

 

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