Spécial Recherche : " Lutter contre les inégalités d'accès à la recherche clinique dues à la concentration des moyens dans les CHU"

La commission de la Recherche Clinique du centre hospitalier d'Avignon

Impliqué dans plus d’une centaine d’études cliniques, le CHG Henri Duffaut d’Avignon coordonne la recherche au sein du GHT du Vaucluse dont il est l’établissement support. Une activité actuellement en progression de 30% par an. Le Dr Slama Borhane, chef de service Oncologie Médicale-Hématologie Clinique, président de la commission de la recherche clinique, en analyse les enjeux…

Pourquoi jugez-vous important de développer la recherche médicale au sein de votre établissement?

Le CHG Henri Duffaut d’Avignon joue un rôle de coordonnateur de la recherche clinique au sein du GHT du Vaucluse dont il est l’établissement support. Le développement de cette activité est en premier lieu un moyen de proposer à notre bassin de population un accès à l'innovation thérapeutique et à la recherche clinique multidisciplinaire de qualité au sein du service public. Et, de ce fait, de lutter contre les inégalités d'accès à cette recherche qui jusqu’à présent voit concentrer ses moyens dans les CHU. C’est aussi un facteur important d’attractivité et de valorisation de l'établissement et des équipes médicales et soignantes.

Comment s’organise votre activité de recherche?

Elle a véritablement pris forme avec la mise en place de la commission de la recherche clinique et de l'innovation au sein de la commission médicale d’établissement (CME). La commission de la recherche clinique est ainsi composée aujourd’hui de médecins, pharmaciens, biologistes, soignants, administratifs, cadres de sante et médecins du GHT ainsi que d’un référent CNIL et d’un documentaliste.
Cette commission se réunit une fois par trimestre et vote et valide un plan d’action tous les deux ans. Nous avons signé dans ce contexte une convention "Recherche clinique" entre les 2 CHG de support des GHT84 et GHT83 avec création d'une DRCI commune. Nous sommes également membre du GIRCI (groupement interrégional pour la recherche clinique et l’innovation) et nous avons créé un « club investigateur CHG » au sein du réseau OncoPACA.

A quels types de projets participez-vous? Dans quels domaines?

Nous participons actuellement à plus d’une centaine d’essais cliniques à titre d’investigateur couvrant pratiquement l’ensemble de nos spécialités : cancérologie, hématologie, cardiologie, réanimation, endocrinologie, pédiatrie, médecine interne, gastrologie, dermatologie, gynécologie, dim, néphrologie, HIV, pneumologie, soins palliatifs, soins infectieux, ORL, chirurgie thoracique…
Nous avons également un essai en cours en tant que promoteur, en onco-anapathologie.

Cette activité est-elle en progression?

Effectivement, entre 2015 et 2018, nous avons enregistré une augmentation du nombre d’essais en cours de 145% et une augmentation de 180% du nombre de patients inclus dans ces essais. Nous notons actuellement une progression de 30% par an de notre participation à des études cliniques et nous comptons à ce jour 180 publications scientifiques impliquant le CH d’Avignon.

progression rc ch avignon

Comment expliquez-vous cette évolution?

Cette progression tient beaucoup au renforcement de notre équipe dédiée à la recherche clinique et à son dynamisme et à la politique de promotion menée autour de cette activité au sein du CHG et GHT. Dans cette dynamique, nous avons mis en place une journée annuelle "Recherche clinique" au sein du CH et ouvert au GHT. Nous avons également établi une convention "Recherche clinique" avec la Faculté d'Avignon et nous projetons prochainement de le faire avec les CPTS et le CHS.

De quels moyens humains et financiers disposez-vous pour mener à bien vos projets?

Notre équipe comporte: 2 ingénieurs de recherche clinique (une cheffe Promotion et une cheffe Investigation), 2 ARC (attachés de recherche clinique), un TEC (technicien d’études cliniques), une statisticienne 0,5 ETP (équivalent temps plein), une IDE Recherche clinique 1,5 ETP.
En termes de financement, nous bénéficions de la dotation MERRI à hauteur de 789 000 euros. Le reste provient des essais Industriels, du GIRCI via l'équipe mobile de recherche clinique et des contrats uniques.

Favorisez-vous les formations des équipes médicales et soignantes dans ce domaine?

Oui absolument. Notamment avec la mise en place d'une formation sur les Bonnes pratiques cliniques (BPC) au sein du CHG à destination des soignants. Nous veillons aussi à la formation de nos équipes ARC/TEC et nous avons dans cette idée mis en place une formation "Statistiques-DATA" pour étendre le champ de leurs compétences.

Quels freins subsistent encore selon vous au bon développement de la recherche en CH?

Les moyens financiers sont encore insuffisamment repartis pour les CHG et le budget "Recherche Clinique" y est encore trop souvent utilisé pour l’équilibre budgétaire.

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