COVID-19 : levée de boucliers des industriels contre la levée des brevets !

(@pixabay)

Suite à la décision des États-Unis de soutenir la proposition de renoncer aux droits de propriété industrielle sur les vaccins COVID-19 et la position favorable exprimée par Emmanuel Macron, le Leem, organisation professionnelle des entreprises du médicament, marque sa forte désaprobation.

 « La levée des brevets ne règlerait pas le défi de la production de masse de vaccins et menacerait l’innovation », s'élève l'organisation, dans un communiqué publié le 6 mai. Elle y argue que les capacités de production sont déjà pleinement mobilisées et que les laboratoires ont multiplié les accords inédits de fabrication et les partenariats entre concurrents pour assurer un accès maximal aux vaccins à travers le monde. 

« Malgré l’exploit exceptionnel qui a été réalisé de mettre au point des vaccins en moins d’un an, fabriquer aussi rapidement des milliards de doses -sans jamais compromettre la qualité ou l’efficacité des produits délivrés- reste un défi de taille, face auquel nous avons mobilisé toutes nos ressources. Face à ce défi, la levée des brevets serait se tromper de levier d’action », insiste Frédéric Collet, président du Leem.

Des verrous technologiques et logistiques

« Les véritables verrous ne sont ni économiques, ni juridiques, mais technologiques et logistiques », soulignent les entreprises du médicament, pointant notamment les difficultés du tranfert de techonologies, les normes réglementaires élevées de sécurité et de performance et les tensions sur les matières premières.

« La levée des brevets mettrait vraisemblablement en péril non seulement la disponibilité mais également la sécurité des vaccins administrés aux populations », s'alarme le Leem qui y voit le risque de favoriser  l'entrée de vaccins contrefaits dans la chaîne d'approvisionnement mondiale. « Le développement de ces vaccins, si rapidement, aurait été impossible sans un cadre juridique et réglementaire qui protège la propriété intellectuelle et stimule l’innovation. Si elle venait à être approuvée par l’OMC, cette mesure rendrait donc en réalité encore plus difficile la lutte contre le coronavirus et ferait peser une grave menace sur la recherche sur les nouveaux variants et les pandémies futures ».

« Quel message une telle décision adresserait-elle à un secteur qui s’est mobilisé de façon exemplaire dans cette crise sans précédent ? » s’interroge pour finir Frédéric Collet.

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