"Nous demandons à avoir des compétences en santé." Renaud Muselier, Président de la Région Sud

Les priorités santé de la Région Sud : "la lutte contre les déserts médicaux avec le développement des maisons régionales de santé, et l’installation de médecins en milieu rural, un plan cancer régional 2018-2023" Renaud Muselier, Président de la Région Sud anciennement "Provence-Alpes-Côte d'Azur" ©www.renaudmuselier.fr

Les régions se saisissent de nouvelles compétences en matière de santé et s'affirment en tant que parties prenantes de premier plan. Ainsi, en juin dernier, lors de la crise des urgences, la Région Sud a mis sur la table 6 millions d'euros pour financer les maisons médicales de garde, la formation d'infirmières de pratiques avancées et la modernisation des salles d'attente. Son président Renaud Muselier a annoncé aujourd’hui une nouvelle dotation de 6 millions pour la reconstruction du SAMU-SMUR régional. Pourquoi un tel engagement de la part d'une collectivité territoriale dont les prérogatives en matière de santé apparaissaient jusqu'alors limitées ? Son président, Renaud Muselier répond aux questions de RESEAU HOPITAL & GHT

- Pourquoi avez-vous décidé d'intervenir sur le dossier brûlant des urgences ?

Renaud Muselier : Je suis dévasté parce que j’ai été un ancien urgentiste, deux ans. C’est ici qu’on voit, pour moi la puissance des équipes médicales et d’un pays. Le traitement des urgences est le miroir de notre système de santé. Je ne comprends pas que le gouvernement n’apporte pas de réponse à cette grève qui dure depuis un an. C’est très inquiétant au niveau de l’hôpital public. La santé ne relève pas de mon domaine de compétence mais la formation, l’aménagement du territoire, l’économie, oui. Notre région est puissante économiquement, et elle doit l’être aussi sur le plan médical. Dans notre région, j’ai été alerté par toute sorte de difficultés. Je me suis dit : quel est l’endroit où je peux être le plus efficace tout de suite, en partenariat avec les autorités sanitaires locales, et les professionnels de la santé. Il nous a sauté aux yeux qu’il fallait mettre en place le Samu, le moderniser, fixer un calendrier et pouvoir nous projeter pour les 30 prochaines années. C’est pour cela que nous allons mettre 6 millions d’euros sur un total de 9,5 M pour cette structure compétente pour gérer tout type de catastrophe ou de désastre majeur sur un grand quart sud est (Occitanie, Corse et Provence-Alpes Côte d’Azur).

- Sur quelles autres priorités de santé allez-vous mobiliser la Région Sud et pourquoi?

R. M. : J’ai voulu porter une politique de santé ambitieuse qui s’articule sur trois priorités : la lutte contre les déserts médicaux avec le développement des maisons régionales de santé, et l’installation de médecins en milieu rural, un plan cancer régional 2018-2023 sur plusieurs volets : prévention, formation, accompagnements des patients et leurs familles, cancers pédiatriques, et un plan pour soutenir les urgences, avec l’apport de financements pour la rénovation des salles d’attente des établissements, la formation des infirmières de pratiques avancées et le développement des maisons de garde en plein essor. On a aussi fait des propositions pour les jeunes (pass santé jeunes) et les personnes âgées. Ces priorités se déclinent en 10 dispositifs.

- Votre intervention signe-t-elle l'échec des autres instances régionales en charge de l'organisation des soins ?

R. M. : Je ne pense pas, au contraire. Tous, comme l’ARS, ont leurs contraintes dans un pays centralisé. Ils attendent pour toutes sortes de raison, des moyens financiers, des autorisations administratives, ils n’osent pas bouger. Moi je me situe à un échelon en dessous et je pense qu’il ne faut pas attendre la décision d’en haut. En avançant, je débloque les choses, j’entraîne un mouvement, et les professionnels avec moi. C’est une des raisons pour laquelle nous souhaitons, aux régions de France, une décentralisation. Je suis pour la décentralisation.

- Le périmètre régional semble être une bonne échelle pour planifier la santé. Comment voyez-vous le nouveau rôle des régions dans ce domaine ?

R. M. Il faut que nous ayons dans les régions, une capacité de décision, là où nous avons une capacité d’action. Nous demandons à avoir des demandes de compétences dans la santé. J’aimerais  qu’il y ait une décentralisation réaccélérée du gouvernement français sur le domaine de la santé et l’emploi. »

De notre correspondante à Marseille, Hélène Foxonet

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