La douleur en psychiatrie, ouverture d'une consultation ciblée au GHU Paris

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La douleur chronique et les troubles psychiques étant avant tout des expériences subjectives, elles peuvent occasionner un retard d’entrée dans le soin. Un travail collaboratif entre les médecins de l’unité douleur du GHU Paris Neurosciences et Psychiatrie, basée à neuro Sainte-Anne, la direction des soins et le pôle psychiatrique d’Avron a abouti à la création d’un nouveau dispositif de soins adapté aux nouvelles compétences des infirmiers en pratique avancée (IPA). 

Mathieu Eschbach, infirmier en pratique avancée (IPA), missionné sur cette consultation en collaboration avec les psychiatres du pôle et le médecin de l’unité douleur, établit la coordination et l’articulation entre les manifestations induites par les douleurs chroniques - et aigues pour les patients déjà connus -et celle en lien avec les troubles psychiques. L’évolution de l’une ou l’autre pathologie influençant la seconde, cette consultation permettra d’analyser conjointement ces deux maladies chroniques et de proposer une réponse adaptée tenant compte de cette interaction.

Mathieu Eschbach a identifié, dans le cadre de son mémoire de master, deux types de démonstration de la douleur chez un patient ayant un trouble psychique : les patients qui ne semblent pas la ressentir (cette hypoalgésie n’étant qu’apparente : les patients ressentent bien la douleur, mais ils l’expriment différemment, ou moins), et ceux, qui au contraire, expriment des plaintes multiples et polymorphes sans lien manifeste avec une atteinte somatique. Dans son mémoire, Mathieu Eschbach décrit plusieurs situations dans lesquelles le patient souffre soit d’une fracture, soit d’une occlusion intestinale, ou encore d’une embolie pulmonaire sans toutefois que l’intéressé ne se plaigne d’une quelconque douleur. Cette absence d’expression de la douleur représente pourtant un signal d’alarme important et potentiellement très grave, avec pour conséquence un retard diagnostic et thérapeutique susceptible de mettre en jeu le pronostic fonctionnel ou même vital du patient.

« Evaluer la douleur en psychiatrie implique une approche multi factorielle. Il est très important de pouvoir faire confiance à l’expertise clinique des soignants mais aussi d’adapter l’évaluation au contexte psychiatrique du patient. C’est-à-dire faire confiance au patient dans sa plainte et essayer de comprendre et parfois de décoder ce qu’il exprime en lien avec son état psychiatrique », explique Mathieu Eschbach

Dolopsy : une consultation douleur en psychiatrie et santé mentale au sein du GHU Paris

La consultation Dolopsy sera opérationnelle au premier trimestre 2021. Elle sera proposée, dans un premier temps aux patients du pôle 75G29 dans le 20ème arrondissement.
Ce qui rend cette consultation unique c’est l’alliance des deux prises en charge. Il s’agit d’un complément au suivi médical, qui, grâce aux statut de l’IPA (précisé en décret et permettant la prescription d’examens, l’adaptation de certains traitements…) améliorera, facilitera le suivi des patients et la coordination de leur parcours de soins.

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